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Lors de l’Exposition des Hélicoptères de Chine 2025 à Tianjin, l’industrie de défense chinoise a officiellement présenté le Z-20J, une version navalisée de son hélicoptère de transport moyen Z-20, conçu et développé localement.

Destiné aux opérations embarquées sur navires d’assaut amphibie et plateformes de débarquement, le Z-20J est équipé de rotors pliables et d’une poutre de queue articulée pour un stockage compact sur les ponts des porte-avions. Les analystes militaires soulignent que cet appareil constitue l’équivalent chinois du MH-60S Seahawk de l’US Navy, illustrant l’ambition de Pékin de déployer un hélicoptère naval multi-missions capable de soutenir les opérations de guerre anti-sous-marine, de recherche et sauvetage, ainsi que le transport amphibie dans la Marine de l’Armée Populaire de Libération (APL).

Le Z-20J est dérivé de l’hélicoptère utilitaire terrestre Z-20, mis en service dans les forces terrestres de l’APL à la fin des années 2010 et largement considéré comme la réponse chinoise au UH-60 Black Hawk américain. Développé par le Harbin Aircraft Industry Group (HAIG), le Z-20 standard est un hélicoptère de 10 tonnes doté d’un rotor à cinq pales, de commandes de vol électriques avancées et d’une avionique totalement digitale.

Cette version navalisée constitue une évolution majeure de la plateforme, adaptée aux environnements marins corrosifs et aux contraintes spatiales à bord des navires. Parmi ses modifications visibles figurent un système de rotor pliable et une poutre de queue articulée, reprenant des caractéristiques proches de celles du MH-60 Seahawk, permettant un arrimage efficace sur les espaces restreints des bâtiments de guerre chinois.

Comme son homologue américain, le Z-20J est conçu pour des opérations embarquées sur navires de projection amphibie. Cependant, Pékin n’a pas encore précisé si l’appareil pourra être doté de kits multi-missions ou intégrer des systèmes d’armement spécifiques.

Les photos présentées à l’exposition et les documents promotionnels chinois montrent le Z-20J peint en gris naval à faible visibilité, arborant des marquages de série de l’APL et les pales de rotor pliées. Les médias d’État soulignent une protection renforcée contre la corrosion, un ensemble avionique embarqué moderne et des systèmes de flottaison d’urgence, bien que les données officielles sur ses performances et sa capacité de charge restent confidentielles.

Au-delà d’un simple progrès technique, le lancement du Z-20J illustre la volonté de la Chine de réduire l’écart dans les capacités aéronavales à voilure tournante de sa marine.

Pendant des années, la Marine chinoise a principalement reposé sur des hélicoptères plus anciens et volumineux comme les Z-8 et Z-9, souvent inadaptés aux opérations amphibies rapides. L’arrivée du Z-20J offre désormais une plateforme moderne, modulaire et déployable sur une gamme étendue de bâtiments, y compris des navires plus petits qui jusque-là ne disposaient pas d’une capacité de transport aérien organique.

Les experts suggèrent que sa mission sera comparable à celle de la famille H-60 de l’US Navy, notamment en tant qu’outil clé pour le déplacement de troupes, le ravitaillement en mer, la surveillance maritime, voire le soutien aux opérations spéciales.

Cependant, plusieurs questions majeures demeurent : la présence ou non d’armements tels que mitrailleuses, lance-roquettes ou munitions antichars n’a pas été confirmée, pas plus que l’équipement en capteurs pour la reconnaissance ou la lutte anti-sous-marine. La présentation antérieure du Z-20F, une variante dédiée à la guerre anti-sous-marine, suggère toutefois que le Z-20 pourrait servir de base à une famille d’hélicoptères navals spécialisés, chacun adapté à des missions distinctes.

Déployé en nombre suffisant, ce nouvel appareil améliorerait considérablement la flexibilité et la réactivité des forces chinoises dans des zones stratégiques telles que la mer de Chine méridionale, le détroit de Taïwan et l’océan Indien.

Le lancement du Z-20J à Tianjin confirme une tendance plus large : la Chine ne se contente pas d’accroître le nombre de ses aéronefs navals, elle améliore également leur qualité, leur polyvalence et leur pertinence tactique. À mesure que l’APL évolue vers une force capable d’opérations en haute mer, le Z-20J devrait devenir un élément central de ses ambitions amphibies et expéditionnaires. Pour la communauté de défense américaine et ses alliés, cette plateforme mérite une attention particulière, non seulement pour ses performances techniques, mais aussi pour ce qu’elle révèle des intentions stratégiques de Pékin en matière de domination maritime par la mobilité aérienne flexible.

Alain Servaes