Dans une avancée stratégique majeure pour la supériorité aérienne de l’Inde, l’Organisation de Recherche et Développement pour la Défense (DRDO) a confirmé l’amélioration du missile air-air au-delà de la portée visuelle Astra Mark-II, augmentant son enveloppe d’engagement de 160 kilomètres à plus de 200 kilomètres. Cette évolution, centrée sur l’optimisation du moteur-fusée à double impulsion et le façonnage avancé de la trajectoire, vise à délivrer une poussée supérieure et des temps de combustion prolongés, permettant à l’Armée de l’Air indienne (IAF) de neutraliser des cibles de haute valeur à distance sécurisée.
Au cœur de cette extension de portée, une modification ciblée du moteur-fusée à double impulsion est en cours, visant à générer une poussée accrue tout en allongeant la durée de combustion. Les ingénieurs de la DRDO explorent des formulations améliorées de propergol et des géométries de tuyère optimisées pour atteindre une performance énergétique efficace, comblant ainsi un écart de 40 kilomètres sans revoir entièrement la structure compacte (3,8 mètres de long, 178 mm de diamètre) du missile. Cela garantit une intégration fluide avec des plateformes agiles telles que le Tejas Mk1A, évitant les problèmes de compatibilité rencontrés sur des programmes antérieurs.
Ces améliorations propulsives sont complétées par un façonnage sophistiqué de la trajectoire qui permet au missile de croiser selon un arc balistique économisant le carburant durant la phase de vol intermédiaire, avant d’enclencher une réaccélération terminale. Ce profil de « lofting » étend la portée effective à 200-250 kilomètres tout en réduisant l’exposition du pilote aux défenses aériennes ennemies, une leçon tirée de systèmes mondiaux tels que l’AMRAAM AIM-120D américain.
Les essais en cours au Polygone d’Essais Intégré de Chandipur, dans l’État d’Odisha, valident ces modifications. En cas de succès, la production à grande échelle du Mk-II amélioré devrait débuter d’ici mi-2026, accélérant ainsi sa mise en service opérationnelle avant la cible 2027. Une source militaire souligne : « L’architecture du double-pulse est mature, mais ces ajustements feront la différence, offrant aux pilotes de l’IAF un avantage décisif dans les combats au-delà de la portée visuelle. »
Une commande initiale d’environ 700 missiles Astra Mk-II est à l’étude, destinée aux chasseurs multirôles Su-30MKI et aux avions légers de combat Tejas Mk1A. Les livraisons sont prévues d’ici 2030, renforçant les stocks au niveau escadron et permettant des configurations mixtes avec des systèmes hérités tels que le R-77.
Cette acquisition, évaluée à plusieurs milliers de crores, sera réalisée via la Bharat Dynamics Limited (BDL) en tant qu’intégrateur principal, soutenant une chaîne d’approvisionnement domestique robuste impliquant plus de 50 partenaires publics et privés. Elle fait suite à la récente approbation pour 83 jets Tejas Mk1A et aux modernisations en cours de 84 Su-30MKI, garantissant la compatibilité des missiles avec différents profils de lancement.
Alors que l’attention immédiate reste focalisée sur les améliorations du moteur double impulsion, la DRDO développe parallèlement un concept de moteur à triple impulsion pour des variantes air-air de nouvelle génération. Ce système de propulsion ambitieux introduirait une troisième phase d’allumage pour des temps d’alerte ultra-étendus, visant des portées proches ou supérieures à 300 kilomètres, idéales pour les interceptions en haute altitude dans des espaces aériens contestés. Néanmoins, comme l’indique la DRDO, ce triple impulsion est destiné à une nouvelle variante distincte, probablement le très attendu Astra Mk-III, afin de ne pas retarder le calendrier du Mk-II. Cette évolution complexe entraîne des défis supplémentaires tels que l’augmentation de la masse et la gestion thermique, nécessitant des essais au sol et en vol rigoureux.
Les experts avertissent que bien que réalisable, l’intégration du triple impulsion pourrait allonger les délais de développement au-delà de 2027, rappelant les difficultés rencontrées par des programmes à postcombustion comme le démonstrateur SFDR (Solid Fuel Ducted Ramjet). Pour l’heure, la priorité est la consolidation des améliorations du Mk-II afin de contrer rapidement les menaces posées par les arsenaux BVR longue portée adverses.