La Défense indienne s’apprête à franchir une étape majeure avec le Dhvani, un planeur hypersonique capable d’atteindre Mach 21, soit plus de 25 000 km/h, et disposant d’un rayon d’action supérieur à 5 500 km. Prévu pour son premier vol d’essai d’ici la fin de l’année, ce prodige technologique combine haute vitesse, maniabilité exceptionnelle et précision chirurgicale pour transporter des charges nucléaires ou conventionnelles.
Dans un contexte régional marqué par les hypothétiques menaces des planeurs hypersoniques chinois DF-17 et les ambitions émergentes du Pakistan, le Dhvani réécrit les codes stratégiques. Il réduit drastiquement les fenêtres de réaction à quelques minutes et rend obsolètes les systèmes classiques de défense aérienne. En intégrant des moteurs-fusées dérivés des Agni et s’appuyant sur les acquis du programme HSTDV (Hypersonic Technology Demonstrator Vehicle), ce système positionne l’Inde comme quatrième puissance hypersonique mondiale, aux côtés des États-Unis, de la Russie et de la Chine, renforçant ainsi sa doctrine de non-emploi préventif des armes nucléaires grâce à une capacité de frappe à distance inégalée.
Une transformation stratégique majeure
Les prototypes destinés à entrer en service d’ici 2028 promettent un bouleversement profond des postures stratégiques indiennes. Le Dhvani permet désormais de passer d’une posture défensive à une capacité de déni proactive, transformant notamment les cols himalayens et les points stratégiques de la mer d’Arabie en zones inaccessibles aux forces adverses.
Le planeur, dont le nom code signifie « glissement silencieux », exploite plus d’une décennie de recherche en technologies hypersoniques par la DRDO (Defence Research and Development Organisation). Lancé par une fusée à propergol solide (probablement dérivée des Agni-VI), il se sépare à une altitude comprise entre 40 et 50 km avant de planer en « waverider » à travers la mésosphère. Sa vitesse de Mach 21 est portée par la portance aérodynamique et son enveloppe enveloppée de plasma. Contrairement aux trajectoires balistiques classiques, ses manœuvres en vol – rendues possibles par des gouvernes vectorielles et une correction guidée par intelligence artificielle – le rendent pratiquement impossible à intercepter. Ses plongées terminales atteignent des angles verticaux de 60 à 90°, défiant les systèmes comme le HQ-19 chinois ou le HQ-9 pakistanais.
Portée et capacités exceptionnelles
Avec plus de 5 500 km de portée, Dhvani couvre une zone allant du plateau tibétain à la mer de Chine méridionale. Il peut embarquer des MIRV (têtes multiples guidées indépendamment) capables de transporter plus de 10 ogives. Les charges utiles varient de pénétrateurs conventionnels d’une tonne à des armes nucléaires de 500 kg, avec une précision sub-10 m CEP (erreur circulaire probable) garantie par une combinaison de systèmes INS et GNSS résistants aux brouillages électroniques. Les essais au sol, menés sur l’île Abdul Kalam, ont démontré la capacité du statoréacteur à atteindre Mach 6+, mais la version complète du planeur promet une vitesse de pointe deux fois supérieure aux standards actuels. Produit à un coût inférieur à 500 crore INR l’unité, avec une production de masse envisagée via BrahMos Aerospace, l’Inde pourrait disposer de plus de 200 exemplaires d’ici 2035, alliant rentabilité et précision stratégique.
Face aux menaces chinoises et pakistanaises
Le programme chinois DF-17 (Mach 10, portée 2 500 km) a longtemps constitué une menace pour les frontières nord-indiennes, autorisant des frappes surprise sur Delhi ou les barrages du Brahmapoutre depuis la région du Xinjiang. Dhvani inverse la dynamique : sa portée supérieure lui permet de menacer les groupes aéronavals chinois stationnés à Hainan ou les centres névralgiques cyber à Shanghai, en moins de 15 minutes de vol. En haute altitude, notamment au Ladakh, où les forces chinoises sont numériquement supérieures, sa trajectoire basse, proche du relief à 30 km d’altitude, le rend insensible aux systèmes S-400 et autres équivalents, ciblant en toute impunité les batteries mobiles HQ-9 ou les bases de dispersion des avions furtifs J-20.
Sur le plan stratégique, cette capacité instaure une forme de vulnérabilité mutuelle. La doctrine d’« active defense » prônée par Pékin expose désormais à une escalade rapide potentielle, alors que les HGV indiens peuvent saturer les zones de déni d’accès (A2/AD) autour des alliés chinois dans le détroit de Taïwan. Depuis l’incident de Galwan et les plus de vingt incursions récurrentes mensuelles, Dhvani s’intègre au sein de la proposition de Force Intégrée de Fusées, associant des missiles balistiques à courte portée Pralay pour une dissuasion à plusieurs niveaux. Selon les analystes de l’Institute for Defence Studies and Analyses (IDSA), la présence de silo Dhvani dans l’Arunachal Pradesh pourrait réduire de 40 % les actions provocatrices de l’APL, confirmées par la surveillance satellitaire et calquant la couverture actuelle des missiles Agni au Rajasthan. Pour l’Inde, il ne s’agit pas d’agression, mais d’un équilibre stratégique où la parité hypersonique freine l’escalade sans franchir les seuils nucléaires.
Du côté pakistanais, les tentatives d’acquisition d’armes hypersoniques via des copies chinoises Babur-3 et des drones TIHA turcs paraissent largement insuffisantes face à l’avancée indienne. La rapidité Mach 21 du Dhvani lui permet d’atteindre Islamabad en moins de trois minutes, dépassant les temps de réaction des F-16 pakistanais et exploitant les failles mises en lumière lors de l’attaque de Balakot en 2019. Des frappes profondes sur des points sensibles comme les ports de Gwadar ou les installations d’enrichissement de Kahuta deviennent envisageables, la maniabilité du planeur neutralisant les parapluies de défense HQ-16 et imposant un redéploiement des forces vers l’est.
Son rayon d’action couvre également les axes stratégiques du Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC) dans le Xinjiang, dissuadant les menaces hybrides telles que les incursions de 2025 dans la vallée de Swat où quatorze positions indiennes avaient été prises par des drones ennemis. En mode conventionnel, Dhvani peut larguer des munitions à sous-munitions sur des camps terroristes, facilitant une hypothétique « Opération Sindoor 2.0 » sans incursions aériennes, limitant les risques d’escalade tout en préservant l’effet de déni. Pour Rawalpindi, très dépendant de la technologie chinoise (à hauteur de 60 %), cela représente un facteur de paralysie stratégique : chaque patrouille JF-17 risque une interception par HGV, démystifiant la prétendue équivalence militaire 1:1. Comme l’indique un rapport du Carnegie Endowment, la réponse pakistanaise improvisée via les missiles CM-400AKG accusait un retard d’environ cinq ans, poussant Islamabad vers des accords de désescalade comme le gel des eaux de l’Indus en 2022.
Des retombées industrielles et géopolitiques étendues
Les retombées du programme Dhvani dépassent les enjeux bilatéraux. Des versions exportables pourraient équiper les forces australiennes dans la lutte contre les porte-avions chinois du PLAN, tandis que des transferts technologiques avec la France renforceraient les capacités HGV des Rafale. Sur le plan national, le projet représente un moteur économique, avec un investissement estimé à 10 000 crore INR dans les matériaux composites et les moteurs scramjets, générant près de 5 000 emplois via les coentreprises Adani-DRDO.