Boeing intensifie ses efforts pour promouvoir le T-7A Red Hawk comme une solution urgente destinée à équiper la Royal Air Force (RAF) britannique en nouveaux avions d’entraînement avancé à réaction (AJT) et en appareil pour son équipe de démonstration acrobatique.
Le remplacement des 28 Hawk T2 de BAE Systems ainsi que des derniers Hawk T1 dédiés à l’équipe des Red Arrows représente sans doute l’une des acquisitions majeures prévues au Royaume-Uni dans les prochaines années. Bien que ce besoin soit pressant, la question des avions d’entraînement avancé n’a été abordée que de manière succincte dans la récente Revue stratégique de défense publiée par le ministère britannique de la Défense début juin. Le rapport recommande que « les Hawk T1 et T2 soient remplacés par un avion d’entraînement rapide et économique ».
Aucun appel d’offres formel n’a encore été lancé, celui-ci étant attendu pour début 2026, mais un groupe de projet a déjà été constitué au sein du ministère pour préparer cette acquisition. Le vieillissement des Hawk utilisés par les Red Arrows, datant des années 1970 et programmés pour être retirés d’ici 2030, ainsi que des problèmes de fiabilité des moteurs Rolls-Royce-Safran Adour affectant la disponibilité des T2 plus récents, renforcent l’urgence du renouvellement.
Le T-7A de Boeing est en phase avancée de développement et de tests avant son entrée en service avec l’US Air Force (USAF), utilisateur initial. L’USAF prévoit de déployer 351 exemplaires de ce nouvel avion pour remplacer ses anciens Northrop T-38C. À ce jour, cinq prototypes d’ingénierie et développement (EMD) ont été livrés pour soutenir les opérations d’essais et d’évaluation.
« Nous venons de lancer la production du premier avion destiné à l’USAF, et un autre exemplaire EMD sera livré en décembre à San Antonio, au Texas », explique Dominic Lyons, responsable du développement commercial et de la stratégie aérienne chez Boeing UK.
Bien que Boeing ait remporté en 2018 le programme TX de l’USAF, la décision finale concernant la production de masse (étape Milestone C) est désormais attendue en 2026, ce qui ouvrira la voie à une production plus importante. Parallèlement, Boeing a récemment démontré la capacité du T-7A à participer, en vol, à une mission d’entraînement en réseau avec un simulateur terrestre, couvrant une portée de 130 miles (209 km), dépassant les exigences demandées par l’USAF.
Concernant le marché britannique, Dominic Lyons déclare que Boeing est « en attente de connaître les exigences précises de la RAF, puis nous évaluerons si le T-7 correspond à ces besoins ». Il précise également : « Nous espérons obtenir plus de clarté à la publication du Plan industriel de défense, pour mieux comprendre les calendriers. »
Cette feuille de route du ministère de la Défense, attendue d’ici novembre, devrait préciser la taille de la flotte requise, estimée pour l’instant à environ 40 à 50 appareils. Le contenu industriel britannique sera évidemment un facteur clé. Boeing affirme en effet intégrer déjà des composants britanniques dans le T-7 et discute avec ses fournisseurs locaux.
L’assemblage final au Royaume-Uni est envisagé comme une solution possible pour renforcer cette participation, ce qui serait, selon Lyons, « une démarche logique ». Des informations non confirmées datant de mi-2025 suggèrent que BAE Systems aurait engagé des discussions avec Boeing et son partenaire industriel Saab, en charge du T-7A, pour cette éventuelle production locale, la plateforme de Warton, dans le Lancashire, étant pressentie comme site potentiel.
Dominic Lyons rappelle également l’approche de Boeing lors de précédents contrats britanniques, notamment pour l’avion de patrouille maritime P-8A basé sur le 737, la plateforme d’alerte avancée et de contrôle aérien E-7A Wedgetail, ainsi que les hélicoptères d’attaque AH-64 Apache. Dans ces programmes, les entreprises du Royaume-Uni ont joué un rôle dans les modifications locales, la fourniture de soutien à long terme et une integration poussée dans la chaîne d’approvisionnement globale des fabricants.
À noter que le Red Hawk est un monoplace propulsé par un turbofan GE Aerospace F404, et que son système d’éjection utilise des sièges ACES 5 fournis par Collins Aerospace.
« Conçu pour opérer dans des environnements de 5e et 6e génération avec une grande flexibilité pour l’avenir, nous estimons que le T-7 est parfaitement adapté aux besoins de la RAF et d’autres clients », conclut Lyons. Boeing envisage un marché mondial potentiel de plus de 1 300 Red Hawks.
Le T-7A devrait toutefois faire face à une concurrence féroce pour répondre au besoin britannique, notamment des avions Leonardo M-346, Lockheed Martin/Korea Aerospace Industries T-50, et Turkish Aerospace Hurjet. La jeune entreprise britannique Aeralis propose également une solution modulaire d’entraînement développée de zéro.
Enfin, au-delà de l’entraînement de base, une future flotte britannique pourrait également servir dans des missions d’entraînement contre adversaires (red teaming) ou comme plateforme de soutien à l’entraînement pour des opérations conjointes avec le Tempest de sixième génération, développé dans le cadre du Programme Aérien de Combat Global associant le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon.