L’armée américaine développe un système numérique innovant utilisant un code QR pour simplifier les formalités lors du changement de poste des soldats. Ce projet vise à remplacer progressivement la lourde paperasse traditionnelle par une solution digitale plus fluide et efficace.
Lors de la conférence annuelle de l’Association de l’armée américaine (AUSA) à Washington D.C., les responsables du Commandement des ressources humaines de l’armée (HRC) ont présenté de nouveaux outils numériques destinés à accélérer les procédures d’arrivée dans une nouvelle unité. L’objectif est d’éliminer les démarches administratives fastidieuses que chaque soldat doit accomplir à chaque transfert.
« Nous cherchons à maximiser ce que nous appelons l’autonomie des soldats », a expliqué le colonel Matthew Paul, chef de projet pour le Système intégré de gestion du personnel et de la paie (IPPS-A). Grâce à une application mobile, les soldats pourront réaliser eux-mêmes la plupart des formalités liées à leur intégration dans une nouvelle base.
Le principe est simple : en scannant un code QR sur place, le soldat accèdera à un guide d’activités numérique détaillant toutes les étapes à suivre pour finaliser son intégration administrative. Au lieu de se déplacer dans plusieurs bureaux pour obtenir des signatures, toutes les interactions se feront en ligne, a précisé la colonel Rebekah Lust, directrice de la division de gestion fonctionnelle du HRC.
« Avant, les soldats devaient interrompre leur emploi du temps chargé, se rendre dans plusieurs administrations, faire la queue et patienter pour accomplir des tâches spécifiques. Désormais, tout cela s’effectue en libre-service via l’application IPPS-A », a souligné le colonel Paul. « Ils peuvent suivre en temps réel l’avancement de chaque étape, consulter leurs données et même les modifier eux-mêmes. C’est une innovation sans précédent. »
Le déploiement pilote de ce système par code QR est prévu dans les six à huit prochains mois, afin de recueillir les premiers retours utilisateurs et corriger d’éventuels dysfonctionnements. Le HRC adopte une méthode agile, en développant et en renouvelant les fonctionnalités par cycles de 90 jours, avec des mises à jour toutes les deux semaines. Cela permet d’ajouter progressivement des capacités sans bouleverser l’ensemble du système d’un coup.
Gestion des talents
Le HRC exploite également l’intelligence artificielle (IA) pour analyser le profil de compétences des soldats. Ce document synthétique de deux pages, disponible dans IPPS-A, récapitule la carrière militaire ainsi que les aptitudes et centres d’intérêt sélectionnés par chaque militaire. La général de division Hope Rampy, commandante du HRC, a donné l’exemple d’un officier d’infanterie parlant espagnol et passionné de peinture.
« Nous explorons diverses capacités d’IA pour extraire ces données et répondre à des besoins précis : par exemple, identifier un militaire parlant russe, possédant une expérience particulière et aimant la randonnée », a expliqué la général Rampy.
Cette technologie pourrait accélérer considérablement les processus d’affectation, aujourd’hui longs et pouvant durer jusqu’à deux semaines. Le but est d’utiliser l’intelligence artificielle pour exploiter automatiquement les informations déjà disponibles dans IPPS-A et ainsi affecter rapidement les soldats aux missions ou postes correspondant le mieux à leurs compétences.
DD214 numérique
L’armée prévoit aussi de fournir aux soldats une version mobile de leur formulaire DD214, document officiel attestant de leur parcours militaire et nécessaire pour accéder aux droits des anciens combattants.
Auparavant, les soldats devaient se déplacer en personne au service de transition pour recevoir une version provisoire de ce document. Désormais, une fois la retraite ou la séparation approuvée et validée par le service du personnel militaire, ils pourront consulter le brouillon directement sur leur application, assurant ainsi plus de transparence et de visibilité, a indiqué la colonel Lust.
Enfin, l’utilisation de l’IA pourrait à terme permettre de finaliser toutes les démarches liées aux ressources humaines via des échanges automatisés. « Un soldat pourrait simplement répondre à une invitation oralisée ou textuelle, fournir les informations demandées, et obtenir en retour un document approuvé, comme un formulaire d’état-major, sans aucune intervention humaine », envisage le colonel Paul.