La Russie a achevé la construction du premier prototype modernisé de son avion d’entraînement avancé Yak-130M, marquant une étape importante dans le renouvellement de ses capacités aériennes. Ce nouveau modèle vise à diversifier la flotte russe en offrant une plateforme à la fois d’entraînement et de combat léger.
La Corporation Aéronautique Unifiée (UAC) et le groupe Rostec ont confirmé que le Yak-130M est désormais prêt pour débuter sa phase de tests au sol, soulignant l’engagement continu de Moscou dans le développement d’aéronefs d’entraînement et de combat léger de prochaine génération.
Construit à l’usine d’aviation d’Irkoutsk et développé par Yakovlev, une filiale de l’UAC, le Yak-130M est une refonte majeure du Yak-130 existant. Il offre une meilleure préparation au combat ainsi qu’une plus grande polyvalence opérationnelle, répondant à la volonté de la Russie de moderniser sa flotte aérospatiale.
Performances et évolutions techniques
Le Yak-130M intègre une avionique améliorée, des systèmes d’armes modernisés et un profil de vol optimisé. Grâce à ces améliorations, l’appareil peut servir non seulement de plateforme sophistiquée pour la formation des futurs pilotes de chasse, mais aussi d’avion multifonctions capable d’accomplir des missions de combat limitées.
Lancé dans les années 1990 et entré en service en 2010, le Yak-130 est un avion d’entraînement à réaction et de combat léger avancé. Conçu initialement en coopération avec l’italien Aermacchi (aujourd’hui Leonardo), ce partenariat fut interrompu, chaque constructeur développant par la suite ses propres variantes, le Yak-130 pour la Russie et le M-346 Master pour l’Italie.
Un porte-parole de l’UAC a déclaré : « Le Yak-130M représente la prochaine étape dans l’évolution de l’aviation russe, alliant formation avancée des pilotes et capacités opérationnelles accrues. Il témoigne de notre engagement envers l’innovation technologique et la préparation militaire. »
Le Yak-130M va maintenant subir une série de tests rigoureux au sol et en vol avant d’être produit en série. Son double rôle d’entraîneur et d’avion d’attaque légère pourrait le rendre particulièrement attractif pour les acheteurs nationaux et internationaux à la recherche de solutions économiques et polyvalentes.
Enjeux stratégiques et géopolitiques
Ce programme constitue un jalon clé dans la stratégie russe de modernisation des forces aériennes, visant à renforcer son autonomie technologique tout en développant ses débouchés à l’exportation dans un marché mondial très concurrentiel.
Jusqu’à présent, avant le conflit ukrainien, la Russie investissait principalement dans des chasseurs de première ligne, délaissant les appareils légers. Rostec affirme que le Yak-130M modernisé sera capable d’emporter des missiles air-air ainsi que des missiles air-sol, élargissant ainsi son spectre d’utilisation tactique.
L’expérience du conflit en Ukraine a mis en lumière le besoin d’aéronefs plus économiques, moins rapides et en plus grand nombre, capables de contrer efficacement la menace croissante des drones volant à basse altitude. Cette tendance explique en partie le développement du Yak-130M.
Par ailleurs, la Russie pourrait envisager d’exporter ce nouvel appareil. Notamment, les États-Unis ont eu permis l’exportation du Yak-130 vers le Vietnam malgré les restrictions imposées par la loi CAASTA, ce qui suggère un certain désintérêt pour la diffusion hors de Russie d’avions d’entraînement de ce type.
Rob Vogelaar