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Le constructeur indien Larsen & Toubro (L&T) a révélé que le char léger Zorawar, développé en collaboration avec l’Organisation de recherche et de développement pour la défense (DRDO), bénéficie d’une architecture modulaire évolutive, capable de supporter des versions pesant jusqu’à 30-35 tonnes. Ce développement stratégique renforce la polyvalence de ce blindé, initialement pensé pour les opérations en haute altitude, et ouvre la voie à des variantes adaptées aux besoins futurs de l’armée indienne, notamment pour les combats en zone désertique ou les missions nécessitant une protection renforcée.

Présenté officiellement en juillet 2024, le char léger Zorawar répond à l’exigence de l’armée indienne d’un véhicule blindé léger et maniable, performant dans les environnements hypoxiques des régions montagneuses comme le Ladakh et l’Arunachal Pradesh. Pesant 25 tonnes, il surpasse en mobilité des chars de combat principaux plus lourds tels que le T-72 ou le T-90, souvent limités dans les reliefs accidentés et à haute altitude. Motorisé dans un premier temps par un moteur Cummins de 760 chevaux — avec des versions indigènes de 800 à 1 000 chevaux en développement — il affiche un rapport puissance/poids supérieur à 30 ch/tonne, lui permettant d’atteindre des vitesses de 70 km/h, de franchir des obstacles aquatiques d’1,2 mètre et d’escalader des pentes à 30 degrés.

La véritable innovation du Zorawar réside dans sa conception modulaire, fruit du partenariat entre DRDO et L&T. « Si l’armée souhaite une version allégée de 30 à 35 tonnes, adaptée aux opérations désertiques ou autres besoins, nous sommes en mesure de la fournir », ont indiqué des responsables de L&T, soulignant la capacité intrinsèque de montée en gamme du plateau technique. Cette modularité favorise l’intégration aisée de composants améliorés sans nécessité de refondre la structure principale, garantissant ainsi une évolution économique et adaptée face aux menaces émergentes.

Les essais récents ont confirmé cette souplesse. En septembre 2024, le prototype initial a brillamment réussi ses manœuvres dans le désert au champ de tir de Mahajan, dans le Rajasthan, démontrant sa précision de tir et sa mobilité sur terrain sablonneux, prélude aux essais utilisateur démarrés en septembre 2025. En octobre 2025, un second prototype a été présenté, doté d’améliorations telles qu’une imagerie thermique optimisée et un système de protection active (APS), attestant la robustesse du design en milieux divers, du froid himalayen aux dunes arides.

La montée en puissance du Zorawar repose sur des améliorations ciblées. Le modèle de base, de 25 tonnes, est équipé d’une tourelle avec canon rayé de 105 mm fournie par John Cockerill (Belgique), de lanceurs doubles de missiles anti-char guidés (ATGM) et d’un blindage composite modulaire conforme à la norme NATO STANAG 4569 Niveau 4. Pour les variantes plus lourdes de 30 à 35 tonnes, L&T projette de renforcer la puissance de feu avec une tourelle lisse ou rayée de 120 mm, capable de tirer des ATGM avancés, des munitions qui patrouillent et même des frappes intégrées par drones.

Le remplacement du moteur est également simplifié. Un moteur indigène de 800 chevaux, développé par l’Engine Research and Development Establishment du DRDO, permettra de conserver l’agilité du char en dépit du poids accru, élevant le rapport puissance/poids à 35-40 ch/tonne. Cette performance est essentielle pour les opérations dans le désert, où la masse supplémentaire répond aux menaces telles que le char léger chinois Type 15 de 37 tonnes, déployé le long de la Ligne de contrôle réelle (LAC) depuis la crise de 2020. Les couches de protection, dont le blindage réactif explosif (ERA) et les détecteurs laser d’alerte, pourront être montées modulairement, renforçant la survivabilité sans compromettre la capacité de transport aérien via des appareils comme le C-17 Globemaster III.

Fort de son rôle de partenaire principal de production sous la catégorie Make-I, L&T se prépare à une première commande de 59 unités, avec 295 autres envisagées par appels d’offres compétitifs. « Le design est modulaire et la montée en charge est réalisable », ont confirmé les représentants, témoignant de leur disponibilité à adapter le projet en fonction des retours de l’armée issus des essais en cours.