Dites adieu aux garnitures classiques comme le taco au bœuf, les galettes de saucisse de porc ou les rectangles de bœuf baignant dans un liquide indistinct, pour accueillir de nouvelles saveurs telles que le picadillo de bœuf à la cubaine avec légumes, le poulet bison ou encore le poulet au curry rouge avec riz.
Ces nouvelles rations individuelles (MRE) devraient être lancées dès l’année prochaine, après que les scientifiques spécialistes de l’alimentation militaire de la division Combat Feeding, basée à Natick dans le Massachusetts, ont récolté les retours des soldats sur leurs préférences gustatives.
Le Pentagone a également annoncé l’ajout accru de snacks dans les MRE, comme une nouvelle barre de récupération inspirée des « s’mores » ainsi que des bouchées lyophilisées au chocolat et beurre de cacahuète. De plus, les sachets de café, souvent décriés pour leur goût amer et leur texture désagréable, seront remplacés par des produits innovants : gommes à mâcher caféinées, gels énergétiques et même des dragées à la caféine.
« Tout nouvel élément qui peut diversifier et améliorer l’acceptabilité des repas est primordial », explique Julie Edwards, technologue senior et diététicienne au Combat Feeding Division de Natick. « Nous savons que manger un MRE n’est pas ce que chaque soldat préfère, mais notre priorité numéro un est de garantir la sécurité alimentaire, puis de rendre la dégustation agréable. »
Avant toute mise en service, les nouvelles variantes de MRE doivent subir une série de tests rigoureux de conservation. Parmi ceux-ci, un stockage de six mois à 38 °C (100 °F) et jusqu’à trois ans à 27 °C (80 °F), tout en demeurant comestibles. Elles doivent aussi respecter les normes nutritionnelles de l’armée, qui exigent que ces rations puissent constituer l’unique apport alimentaire durant une période maximale de 21 jours.
Une fois ces conditions remplies, les MRE sont soumises à des essais terrain par les troupes, accompagnés d’une collecte détaillée de retours, incluant des groupes de discussion avec des psychologues spécialisés en comportement, afin d’affiner les recettes
Selon Edwards, cette démarche complète s’étale sur environ quatre ans. « Nous demandons ces retours car ils ont un réel impact », poursuit-elle. « Les tests opérationnels sont coûteux et longs, il est donc essentiel d’investir dans les bonnes directions. »
Le Pentagone travaille déjà sur la prochaine génération de MRE prévue pour 2027, avec au moins une demande spécifique pour des plats ou encas davantage à base végétale, témoignant d’une évolution vers des options plus diversifiées et adaptées aux attentes des forces armées.