Alors que l’Armée de l’air indienne (IAF) poursuit ses ambitieux objectifs en matière d’effectifs et de modernisation, l’attention se porte davantage sur les avions de chasse légers et moyens capables de dominer des théâtres étendus tels que l’océan Indien et les frontières himalayennes. Dans le cadre du concours Multi-Role Fighter Aircraft (MRFA) et du renforcement de la production indigène, le rayon d’action en mission de combat, c’est-à-dire la distance qu’un avion peut parcourir pour engager, combattre puis revenir à sa base sans ravitaillement, devient un critère décisif. Une récente analyse comparative met en lumière la compétitivité de la famille HAL Tejas, avec la version Mk2 dépassant ses rivaux mondiaux comme le Saab Gripen E et le Chengdu JF-17, tandis que la Mk1A se mesure avantageusement à des plateformes établies telles que le F-16. Cette donnée n’est pas qu’un simple chiffre : elle illustre une vision stratégique d’autonomie aérienne indienne, où agilité et endurance s’allient pour contrer des menaces de haute intensité.
Le rayon d’action en combat reflète la capacité d’un chasseur à réaliser une mission « hi-lo-hi » (décollage à haute altitude, descente pour l’engagement, puis remontée) sans ravitaillement. Il intègre la consommation de carburant, la charge utile et la traînée, fournissant ainsi une mesure réaliste du temps disponible en zone critique, que ce soit sur la ligne de contrôle effectif (LAC) avec la Chine ou lors des patrouilles en mer d’Arabie. Pour l’Inde, dont les frontières sont vastes et les ambitions stratégiques orientées vers la projection maritime, un rayon robuste se traduit par une réduction des besoins en ravitailleurs, des temps de réaction accélérés et une capacité accrue à pénétrer en profondeur un espace aérien contesté.
La gamme Tejas se distingue en combinant l’efficacité aérodynamique de son aile delta avec les moteurs General Electric F404/F414. Selon les projections de l’Aeronautical Development Agency (ADA) et les essais récents, ces appareils assurent des performances équilibrées tout en évitant la lourdeur logistique propre aux jets plus lourds. Mais comment se positionnent-ils face aux concurrents internationaux qui briguent des contrats auprès de l’IAF ou face aux rivaux régionaux ?
Un comparatif radial clair
En un coup d’œil, le rayon de 647 milles nautiques (NM) du Tejas Mk2 dépasse celui du Gripen E, estimé à 593 NM, plaçant ainsi ce chasseur moyen indien comme un acteur majeur en termes d’endurance. Les versions plus légères, comme le Mk1A (389 NM), devancent quant à elles le JF-17 (377 NM) et le F-16 (289 NM), tandis que le FA-50 affiche un rayon plus modeste de 233 NM, illustrant les compromis entre coût et capacité.
Le Tejas en compétition : une supériorité sur le terrain national
Prévu pour son premier vol fin 2025, le Tejas Mk2 n’est pas seulement plus endurant : son rayon de 647 NM permet des opérations d’interdiction maritime prolongées, surpassant le 593 NM du Gripen E lors des patrouilles de l’IAF autour des îles Andaman. Les améliorations telles que les réservoirs conformes et le moteur F414 renforcent cette capacité sans entraîner une augmentation significative des coûts, un avantage dans le cadre des offres MRFA face à Saab ou Lockheed.
De son côté, le Mk1A, avec 389 NM, devance légèrement le JF-17 pakistanais, souvent comparé dans la région. Son radar AESA Uttam intégré lui confère une supériorité opérationnelle face aux J-10 chinois ou aux F-16 pakistanais, dont le rayon diminue fortement sous fortes charges.
Le Gripen C, avec ses 431 NM, reste une référence pour les chasseurs légers hérités, mais sa version E est encore distancée par le Tejas Mk2, attestant de la maturité du design indien. Le FA-50, avec ses 233 NM, se destine plutôt à un rôle d’entraînement et peine à soutenir des opérations prolongées, comme en témoignent ses usages aux Philippines ou en Pologne.
| Avion | Catégorie | Rayon d’action (NM) | Avantage clé pour l’IAF |
|---|---|---|---|
| Tejas Mk2 | Moyen | 647 | Pénétration profonde, intégration indigène |
| Gripen E | Moyen | 593 | Guerre centrée sur le réseau, mais coût d’importation |
| Gripen C | Léger | 431 | Rotation rapide, succès à l’export |
| Tejas Mk1A | Léger | 389 | Coût maîtrisé, aptitudes en haute altitude |
| JF-17 | Léger | 377 | Abordable, mais questionnements sur la fiabilité |
| F-16 | Léger | 289 | Fiable, mais flotte vieillissante |
| FA-50 | Léger | 233 | Avion d’entraînement hybride, capacité de frappe limitée |
En 2025, avec 83 Tejas Mk1A déjà commandés et les prototypes du Mk2 en phase avancée, cet avantage en rayon renforce la vision de l’IAF visant 42 escadrons. Face à la supériorité numérique chinoise, la portée accrue des Tejas permet la mise en place de « commandements intégrés de théâtre » pour assurer une coordination fluide entre Armée de terre et Air Force le long de la LAC. Elle oriente également le programme MRFA vers la production locale, réduisant ainsi la dépendance aux devises étrangères.