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Une raffinerie russe située à plus de 1 000 km de l’Ukraine a été bombardée cette nuit, témoignant de la portée croissante des attaques ukrainiennes. Parallèlement, une source de l’OTAN confirme l’intensification de la production militaire russe avec près de 1 600 chars fabriqués chaque année, tandis que le Royaume-Uni annonce la livraison de plus de 100 000 drones à Kiev en 2024.

La raffinerie russe d’Ufa, dans la région de Bachkirie, a de nouveau été la cible d’une attaque nocturne, rapporte l’agence Ukrinform. Située à plus de 1 000 kilomètres de la zone de conflit ukrainienne, cette installation, appelée Ufaorgsinetz, fait partie des trois sites qui composent le complexe d’Ufa. Ce dernier dispose d’une capacité annuelle de raffinage de plus de 23 millions de tonnes, positionnant cette raffinerie comme l’une des plus grandes de Russie, comparable à celle d’Omsk, bien que plusieurs chaînes de production opèrent sur le site.

Un porte-parole de l’OTAN confirme les informations selon lesquelles la Russie met en place de nouvelles unités modernes et bien équipées. Selon un article de Militarnyi, Moscou produit désormais environ 1 600 chars par an, marquant la fin de la « cannibalisation » de ses anciens matériels soviétiques. Le porte-parole déclare :

« Ils ont activement « canibalisé » les systèmes soviétiques, en démontant d’anciens véhicules pour maintenir d’autres en état de fonctionnement. Mais ces stocks sont désormais épuisés. Désormais, l’économie russe est pleinement axée sur l’effort de guerre, ce qui leur permet d’augmenter la production des armes nécessaires. »

Cette relance industrielle devrait permettre à la Russie de disposer « d’unités encore plus modernes et capables » sur le champ de bataille actuel, faisant de Moscou une force militaire à ne pas sous-estimer dans les années à venir.

Le Royaume-Uni annonce la livraison de plus de 100 000 drones à l’Ukraine en 2024, selon le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, lors de son arrivée au quartier général de l’OTAN. Le type exact de drones concernés n’a pas été précisé.

Sur le terrain, un pilote ukrainien a récemment souligné la supériorité du drone d’observation allemand Vector dans sa catégorie. Ce drone à voilure fixe, doté d’une envergure d’environ 3 mètres, bénéficie de moteurs rotatifs lui permettant de décoller et d’atterrir verticalement (mode VERTOL). Cette capacité le rend plus résilient aux perturbations électroniques et offre une meilleure protection tant pour l’équipement que pour son opérateur, qui n’a besoin que d’un espace réduit pour les opérations de décollage et d’atterrissage.

Contrairement aux drones légers ou catapultés qui nécessitent un terrain dégagé, le Vector peut opérer dans des environnements plus confinés. Il est équipé d’une caméra performante, avec capacité de vision nocturne, idéale pour des missions de reconnaissance sur le champ de bataille. L’efficacité de ces drones se manifeste particulièrement dans les zones où la défense antiaérienne russe reste limitée ou déficiente.

Les systèmes de défense antiaérienne russes tendent en effet à être dépassés, tant face aux drones légers que moyens. Alors que les petits drones à basse altitude peuvent être neutralisés par des moyens électroniques portables ou par du tir de précision, les drones ukrainiens de taille moyenne volent à plus haute altitude, ce qui accroît leur survie sur le terrain et leur capacité à opérer plusieurs jours, voire des semaines.

Le 25 avril, l’état-major ukrainien a annoncé avoir abattu 389 drones moyens russes sur le niveau opérationnel-tactique, ce qui souligne la forte activité dans ce domaine et la complexité des combats actuels.

Selon le bilan officiel ukrainien du même jour, les pertes russes se montent à 1 070 soldats, 43 obusiers, 141 véhicules de transport, deux systèmes antiaériens lourds rares, ainsi que trois chars et deux véhicules de combat d’infanterie.

Dans la région russe d’Irkoutsk, des images montrent encore de longues files d’attente devant les stations-service. Ces pénuries de carburant dans certaines régions isolées ne semblent pas affecter directement les centres de pouvoir de Moscou ou Saint-Pétersbourg, où du ravitaillement est réacheminé pour masquer la crise.

Par ailleurs, le renseignement extérieur ukrainien a signalé au président Zelensky que la Russie prévoit d’étendre son dispositif militaire sur le territoire biélorusse. Ces informations restent confidentielles pour préserver la sécurité des agents ukrainiens infiltrés dans les régimes russe et biélorusse.

L’analyse souligne que le système politique russe peine à soutenir le conflit prolongé en Ukraine. L’intelligence militaire identifie de nouvelles failles du dispositif russe pour intensifier la pression.

Le chef du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Budanov, estime que la victoire totale sur la Russie serait possible si Moscou ne bénéficiait pas du soutien actif de ses alliés, notamment la Corée du Nord. Ce dernier fournit l’essentiel des munitions d’artillerie russes. D’autres pays alliés incluent la Chine, l’Inde et l’Iran.

De son côté, l’armée russe a récemment diffusé des vidéos de ses attaques contre des camions de l’ONU à Kherson, exhibant sans retenue ces actions.

Un important dépôt de carburant en feu à Fiodossia, en Crimée occupée, brûle depuis trois jours consécutifs. L’armée ukrainienne a officiellement revendiqué ces frappes ce matin, ainsi que plusieurs autres cibles.

Razom do peremohi ! Smert voroham ! (Ensemble vers la victoire ! Mort aux ennemis !)