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Dans le cadre de son ambitieuse initiative Mission Sudarshan Chakra visant à établir un bouclier de défense aérienne multi-couches intégrant l’intelligence artificielle d’ici 2035, l’Inde accélère le développement et le déploiement de radars à très longue portée (Over-the-Horizon, OTH) capables de détecter les menaces bien au-delà de la ligne de vue conventionnelle. Selon des sources spécialisées, Israel Aerospace Industries (IAI) a officiellement proposé son système radar OTH-B ELM-2040 pour renforcer cet effort. Cette offre s’inscrit dans la feuille de route en deux phases du projet, qui prévoit l’intégration de 6 000 à 7 000 radars conjugués à la surveillance satellitaire et à des armes à énergie dirigée pour assurer une suprématie aérienne complète.

Lancée en août 2025 par le Premier ministre Narendra Modi, Sudarshan Chakra constitue la réponse française aux menaces émergentes que représentent notamment les missiles hypersoniques, les avions furtifs et les essaims de drones, s’apparentant à une version nationale, à plus grande échelle, du système israélien Iron Dome. L’intégration des capacités OTH comble des lacunes critiques dans l’alerte avancée, permettant des réactions préventives sur un territoire étendu. Alors que des prototypes nationaux sont déjà en cours de développement, des collaborations internationales telles que celle avec IAI pourraient accélérer les délais, avec un objectif de plus de 50 unités OTH opérationnelles d’ici 2030.

La mission Sudarshan Chakra est organisée en deux phases : la première axe ses efforts sur une interception multi-couches à base de systèmes missiles et réseaux radar, tandis que la seconde prévoit d’intégrer des actifs offensifs en quasi-espace pour neutraliser les menaces en phase de propulsion. Les radars Over-the-Horizon constituent l’élément central, offrant une surveillance constante au-dessus de l’Himalaya, de l’océan Indien et au-delà. Comme l’a confirmé le maréchal de l’air AP Singh lors de récents briefings, le projet a démarré avec des travaux de recherche et développement nationaux dans les laboratoires du DRDO, mais encourage les partenariats stratégiques pour surmonter les défis technologiques.

Le radar ELM-2040 OTH-B, développé par la division ELTA Systems d’IAI, correspond parfaitement à ces critères en tant que solution éprouvée et prête à l’exportation. Fonctionnant dans la bande des hautes fréquences (3-30 MHz), il combine la technologie numérique AESA (Active Electronically Scanned Array) avec des techniques de rétro-diffusion ionosphérique. Cette approche permet de détecter et de suivre une large gamme de menaces — missiles balistiques, planeurs hypersoniques, missiles de croisière, avions de chasse, et même navires de surface — à des distances s’étendant sur plusieurs milliers de kilomètres. En utilisant la réflexion des signaux sur l’ionosphère, le système contourne la courbure terrestre et détecte bien avant la ligne d’horizon les intrusions à basse altitude cachées par le relief.

La technologie de rétro-diffusion de l’ELM-2040 est une avancée majeure face aux défis que présente la surveillance sur deux fronts pour l’Inde. Le radar balaye de manière autonome un secteur d’azimut de 180°, assurant simultanément le suivi de dizaines de cibles, tandis que des algorithmes avancés de traitement numérique du signal (DSP) éliminent les parasites, brouillages et interférences dues aux trajets multiples, garantissant ainsi une classification précise et en temps réel permettant de distinguer leurres et menaces réelles.

Ce système se distingue par sa polyvalence : il excelle dans la surveillance étendue des domaines aérien et maritime, idéal pour suivre les mouvements de la marine chinoise dans le détroit de Malacca ou les incursions pakistanaises le long de la Ligne de Contrôle (LoC). Les missiles de croisière volant à basse altitude, très présents dans les arsenaux régionaux, ne peuvent échapper à sa détection grâce à la capacité de “voir au-delà de l’horizon” offerte par la réflexion ionosphérique, ce qui augmente considérablement les temps d’alerte, passant de quelques minutes à plusieurs heures.

Les radars traditionnels sont limités à des portées de 400 à 500 km en raison de la courbure terrestre et des interférences, mais les systèmes OTH comme l’ELM-2040 bousculent ces conventions. Dans les simulations réalisées pour Sudarshan Chakra, ils pourraient guider des intercepteurs Akash-NG ou des batteries S-400 plusieurs heures à l’avance, réduisant ainsi drastiquement les délais de réponse. Pour les flancs maritimes, une intégration avec les patrouilles P-8I fournirait une image commune fusionnée, renforçant la dissuasion contre les sous-marins de la marine chinoise (PLAN) dans l’océan Indien.

Les sources indiquent que la proposition d’IAI comprend des clauses de transfert de technologie, en accord avec l’objectif de la phase I visant 60 % d’indigénisation. Cela pourrait aboutir à des variantes développées par le DRDO, associant la technologie de l’ELM-2040 aux antennes Rohini produites localement. Avec un budget alloué de 50 000 crores INR, une évaluation rapide est attendue d’ici le premier trimestre 2026.

Caractéristique Description Avantage stratégique pour l’Inde
Bande de fréquence Hautes fréquences (3-30 MHz) avec AESA Permet la propagation ionosphérique pour une détection ultra-longue portée (plus de 1 000 km).
Capacités de détection Missiles balistiques/hypersoniques, missiles de croisière, avions, cibles maritimes Fait face à une diversité de menaces comme les porteurs DF-21D ou les variantes Babur.
Couverture 180° d’azimut, suivi multi-cibles Assure une surveillance hémisphérique pour la grille réseau de Sudarshan Chakra.
Traitement du signal DSP avancé pour suppression du bruit et classification Améliore la précision en environnements avec guerre électronique active dans la région sud-asiatique.
Modes opérationnels Recherche autonome, détection basse altitude Surmonte le masquage topographique dans l’Himalaya ou le désert du Thar.
Intégration Compatible avec les réseaux C4ISR Connexion fluide avec le système IACCS et les satellites GSAT.