Le ministre belge de la Défense, Theo Francken, considère sans équivoque le F-35 de Lockheed Martin comme un avion de combat « du plus haut niveau » et même « le meilleur ». Mieux encore, il estime que, puisque treize pays européens ont choisi cet appareil pour moderniser leur aviation de combat, il s’agit également d’un chasseur-bombardier « européen ».
Confondant « interopérabilité » et « intégration », le ministre belge est allé plus loin en affirmant que le F-35 est « l’avion européen du futur, bien plus que les autres, tels que le Rafale, l’Eurofighter ou le Gripen ». Il a insisté : « Le Rafale ne se vend que dans un seul pays. En Europe, treize pays participent au programme. [Le F-35] est donc bien plus européen que les autres ».
Pourtant, le ministre semble ignorer quelques éléments : le Rafale a déjà trouvé des acheteurs en Grèce (24 appareils), en Croatie (12 unités) et même en Serbie, qui ne fait pas partie de l’Union européenne. La semaine dernière, Dassault Aviation a annoncé la livraison du 300e Rafale tout en rappelant que « la France et huit pays clients à l’exportation ont commandé 533 Rafale ».
Cependant, Francken a également déclaré : « Nous sommes à 100 % dans le système F-35, ce qui signifie qu’au niveau de l’OTAN, nous sommes un partenaire très fiable, et cela nous offrira une grande interopérabilité avec les autres forces aériennes ».
Ces déclarations ont été faites juste après la réception par l’armée de l’air belge de ses quatre premiers F-35A, issus des 34 appareils commandés en 2018 pour remplacer les F-16 MLU, à la base aérienne de Florennes. « Le 13 octobre 2025 est une date qui entrera dans l’histoire de la Défense », a affirmé le ministère belge de la Défense.
« L’arrivée du F-35 marque notre entrée dans une nouvelle ère : celle d’une défense connectée, agile et résolument tournée vers l’avenir », a souligné le général Frederik Vansina, chef de la Défense belge (CHOD).
Selon le plan établi, les quatre F-35A devaient atterrir à Florennes après un vol transatlantique de type « Ferry Flight » depuis Fort Worth, Texas, où Lockheed Martin assemble l’appareil. Après environ huit heures de vol, les avions ont fait escale aux Açores. Cependant, seul trois d’entre eux ont pu redécoller et poursuivre vers la Belgique, le quatrième ayant été immobilisé.
Le ministère belge de la Défense a indiqué dans la presse que ce F-35A, immatriculé FL011, a été retenu à la base aérienne de Lajes en raison d’une « incertitude technique sur ses capacités de vol ». Cette panne l’a empêché d’effectuer la dernière étape de sa livraison. En revanche, les trois autres avions ont poursuivi leur route vers Florennes.
Le lieutenant-colonel Tanguy « Cortex » Fivé, commandant de la 1re Escadrille et responsable de la mission Ferry Flight des quatre F-35A, a expliqué que le pilote avait détecté un problème : « Il a été décidé de ne pas faire voler cet appareil car certains systèmes ne fonctionnaient pas », a-t-il déclaré. Privilégiant la certitude plutôt que le risque, la décision d’immobiliser l’avion a été prise.
« Je peux vous assurer qu’après une trentaine à quarantaine de vols sur F-35, ce n’est que la seconde fois que je dois rester au sol à cause d’un problème technique. Malheureusement, c’est le sort qui s’est abattu sur nous cette fois », a-t-il ajouté.
Les avions ayant atterri à Florennes ne sont pas les premiers du lot commandé par la Belgique. En effet, huit F-35 arborant des marquages de la Force Aérienne Belge sont stationnés depuis décembre 2024 à la base aérienne Luke, en Arizona. Cette base est un centre d’entraînement pour les pilotes et le personnel de maintenance des clients internationaux du F-35. Les pilotes belges y réalisent leur formation initiale avant leur transfert en Europe.
À ce jour, en comptant les appareils livrés sur le territoire national, la Belgique a réceptionné 11 des 34 F-35A prévus. En juillet 2025, le gouvernement belge a annoncé son intention d’acquérir 11 appareils supplémentaires, portant ainsi le total à 45.
La base aérienne de Florennes, ancienne base du Programme TLP (Tactical Leadership Programme) de l’OTAN, accueillera le premier escadron opérationnel, suivi ultérieurement par la base de Kleine-Brogel.