L’OTAN a lancé le 13 octobre 2025 son exercice nucléaire annuel, Steadfast Noon, organisé dans l’espace aérien de la mer du Nord et sur plusieurs bases militaires en Europe. Cet entraînement, qui se déroulera jusqu’au 24 octobre, vise à tester et affiner les procédures garantissant la crédibilité, la sécurité et l’efficacité de la dissuasion nucléaire de l’Alliance, dans un contexte de tensions sécuritaires accrues autour des sites militaires européens.
Steadfast Noon est une opération planifiée de longue date, visant à renforcer les capacités des forces alliées en matière de déploiement d’armes nucléaires tactiques. Ce programme intervient alors que plusieurs incidents mystérieux impliquant des drones, attribués en partie à la Russie, ont récemment soulevé des inquiétudes sur la protection des infrastructures militaires.
« Nous devons mener cet exercice afin de garantir que notre dissuasion nucléaire reste la plus crédible, sûre et efficace possible », a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. « Cela envoie aussi un message clair à tout adversaire potentiel : nous protégerons tous nos alliés contre toute menace. »
Dans le cadre de Steadfast Noon, les forces alliées simulent le déploiement d’aéronefs à double capacité nucléaire, ainsi que l’intégration de moyens de soutien conventionnels lors d’une mission nucléaire.
« Nous nous concentrons sur les activités air-air, la planification des attaques, la préparation des missions, la synchronisation des communications, ainsi que sur le commandement et le contrôle, autant d’éléments indispensables pour optimiser la réussite de la mission », explique le colonel Daniel Bunch, chef des opérations nucléaires du SHAPE (Quartier général allié pour la transformation).
Le colonel Bunch ajoute : « Une large part de cet exercice est également dédiée à la sécurisation au sol de ces armes, face aux menaces que nous évaluons en permanence, car il s’agit d’actifs hautement protégés nécessitant des mesures de sécurité maximales. » L’exercice, conduit par les Pays-Bas, mobilisera quelque 70 avions issus de 14 nations alliées, ainsi qu’environ 2 000 militaires.
Les principales bases utilisées sont la base aérienne de Volkel (Pays-Bas), Lakenheath (Royaume-Uni), Kleine-Brogel (Belgique) et Skrydstrup (Danemark). Finlande, Allemagne, Pologne et États-Unis participent également à cet entraînement majeur.
Parmi les appareils engagés figurent des bombardiers et chasseurs capables de transporter des ogives nucléaires. Toutefois, aucune arme nucléaire ni munition réelle ne sera employée. La majorité des vols s’effectuent en mer du Nord, à distance des zones de conflit que sont la Russie et l’Ukraine.
Treize types d’avions sont impliqués, dont les F-35 multirôles à double capacité nucléaire, ainsi que des avions de soutien comme l’E-3A Sentry et le ravitailleur KC-135 Stratotanker.
« Ce sont des avions conventionnels ou à capacités multiples pouvant être mobilisés dans une mission nucléaire », précise Jim Stokes, directeur de la Direction politique nucléaire de l’OTAN.
Il souligne aussi : « Cela illustre la contribution globale des Alliés et la manière dont la charge nucléaire est partagée, démontrant l’unité de l’Alliance dans ce domaine stratégique. » L’OTAN considère en effet les armes nucléaires comme un pilier central de sa défense collective.
« Tant que les armes nucléaires existeront, l’OTAN restera une alliance nucléaire », rappelle enfin le colonel Martin L. O’Donnell, porte-parole du SHAPE. « C’est pourquoi nous réalisons des exercices comme Steadfast Noon. »