Hindustan Aeronautics Limited (HAL) franchit une nouvelle étape vers la suprématie aérienne en renforçant son système de drones de combat, le CATS Warrior, avec une puissance de feu indigène. Présenté lors d’Aero India 2025 équipé du missile air-air à longue portée Astra Mk1, ce drone de combat évolue avec l’intégration programmée des versions plus performantes Astra MkII et MkIII.
Selon des informations exclusives, ces améliorations permettront au CATS Warrior d’effectuer des frappes radar guidées pilotées par des chasseurs et des systèmes de contrôle aérien AWACS. Cette coopération tactique offrira au drone la capacité d’engager sa cible à distance en territoire contesté, tout en minimisant les risques d’exposition face aux menaces. Après l’opération Sindoor, la Force aérienne indienne (IAF) affine ses doctrines d’emploi, et ce mariage modulaire avec les missiles Astra confère au CATS Warrior un rôle stratégique, notamment pour la surveillance des frontières et les missions d’approfondissement.
Le CATS Warrior de base, conçu comme un « wingman loyal » compact opérant aux côtés de chasseurs pilotés tels que le Tejas ou le Su-30MKI, utilise déjà le missile Astra Mk1. Pesant 154 kg, ce missile à chercheur radar actif offre une portée de 110 km et s’adapte parfaitement aux points d’emport de 170 kg sous chaque aile du drone, permettant un double armement pour des interceptions agiles. Guidé par liaison de données à partir d’aéronefs « mères » ou de plateformes AWACS, le Mk1 permet au Warrior d’évoluer en périphérie des radars ennemis et d’engager des objectifs tout en préservant son profil furtif.
Mais HAL vise plus haut. Pour une version améliorée destinée aux besoins spécifiques de l’IAF, le projet inclut l’intégration de l’Astra MkII, doté d’une portée portée à 160 km et d’un moteur à double impulsion pour une meilleure efficacité en phase de vol, ainsi que du MkIII, équipé d’un statoréacteur offrant plus de 300 km de portée et des capacités hypersoniques. Ces évolutions éliminent la nécessité de s’approcher au plus près des cibles, limitant ainsi les vulnérabilités des systèmes classiques et offrant au Warrior la possibilité de neutraliser ses adversaires dans des zones saturées de contre-mesures électroniques. Le montage externe du Mk1 sur la plateforme compacte du drone, avec une envergure de seulement 4,5 mètres et l’emploi de matériaux absorbants radar, impacte peu la furtivité. Néanmoins, HAL souligne que la compacité est une arme à double tranchant : elle restreint la charge utile tout en favorisant la survie au sein d’essaims tactiques.
Une itération plus imposante est en cours de développement, conçue comme un intercepteur pur au sein de la famille Collaborative Combat Aircraft (CCA). Cette version élargie pourra embarquer une charge plus lourde, incluant plusieurs missiles Astra MkII et MkIII, potentiellement logés dans une soute interne afin de réduire la signature radar, notamment lorsque les missiles seraient montés en externe. « Embarquer de gros missiles à l’extérieur d’un grand appareil augmente la signature radar, d’où l’idée d’intégrer au moins deux Astra MkII dans la soute interne », indiquent des sources proches du dossier, soulignant le virage furtif pris par HAL. Ce concept de soute interne s’inspire de tendances mondiales, comme le programme américain NGAD, afin que le CCA conserve son caractère quasi invisible même chargé.
Le concept d’intercepteur autonome prévoit des déploiements indépendants : un essaim de Warriors serait dirigé aux frontières aériennes indiennes, attirant ou neutralisant les chasseurs ennemis et balayant les drones hostiles. Après l’opération Sindoor, où l’IAF a détruit six appareils pakistanais avec un minimum de munitions, la doctrine a intégré de nouveaux enseignements. La portée étendue des missiles S-400 et BrahMos a prouvé l’efficacité du tir à distance, soulignant la nécessité d’UCAVs capables d’étendre les réseaux de capteurs et de tirs sans exposer les pilotes. HAL et les ingénieurs de l’IAF travaillent activement à intégrer l’intelligence artificielle et les tactiques de swarm pour faire face aux incursions des J-20 chinois ou des JF-17 pakistanais.
L’intégration des Astra dans le CATS Warrior dépasse la simple adaptation technique : elle incarne un modèle d’autonomie stratégique. Issus des laboratoires du DRDO, ces missiles s’interfacent parfaitement avec l’avionique ouverte du Warrior, facilitant le travail d’équipe entre appareils pilotés et non pilotés (Manned-Unmanned Teaming – MUM-T). Une seule plateforme Rafale pourrait ainsi coordonner une douzaine de CCA pour une défense stratifiée. Malgré les défis liés à la robustesse des liaisons de données en environnement brouillé, les essais programmés pour 2026 s’appuieront sur les essais moteurs réalisés en janvier 2025 pour finaliser la mise au point.