Selon des sources proches du dossier, l’Inde pourrait finaliser un engagement pour le Rafale F4 dans le cadre du programme de chasse multi-rôle (MRFA) d’ici la fin 2025. Le Conseil d’acquisition de la Défense (DAC), présidé par le ministre Rajnath Singh, devrait donner son feu vert en octobre, ouvrant la voie à la signature du contrat par le ministère de la Défense en 2026. Cette procédure accélérée, sous forme d’accord gouvernement à gouvernement (G2G), permettrait à l’Armée de l’air indienne (IAF) d’intégrer jusqu’à 90 Rafale F4, répondant ainsi aux besoins de reconstitution de ses escadrons dans un contexte de tensions frontalières croissantes.
Relancé en 2019 après l’achat urgent de 36 Rafale en 2016, le programme MRFA vise l’acquisition de 114 chasseurs bimoteurs pour renforcer la flotte actuelle, qui compte 31 escadrons contre 42 prévus. Initialement ouvert à la concurrence internationale incluant les F-21 de Lockheed Martin, F/A-18 Super Hornet de Boeing, Gripen de Saab et Rafale de Dassault, le processus avait été ralenti par des désaccords sur les coûts et les exigences de production locale. Un recentrage vers la France se confirme désormais, l’IAF recommandant un accord G2G pour 90 Rafale F4 afin d’éviter les complications administratives et d’accélérer les livraisons dès 2028-2030. Cette orientation s’inscrit dans la continuité du contrat signé en avril 2025 portant sur 26 Rafale-M navals, intégrant plus de 50 % de contenu local et des transferts technologiques.
Le Rafale F4 se distingue par ses améliorations majeures, notamment la suite électronique de guerre SPECTRA améliorée, le radar à antenne active RBE2-AA AESA et la capacité à intégrer le missile Meteor à longue portée. Il constitue une solution intermédiaire en attendant le développement des plateformes indigènes telles que le Tejas Mk2 et l’AMCA. “L’urgence est liée à la perte progressive de supériorité combattante de l’IAF ; le Rafale, éprouvé lors d’exercices comme Tarang Shakti 2024, apparaît comme le choix pragmatique face à des évaluations prolongées,” a confié une source, soulignant que les propositions russes avec le Su-57E, bien que stratégiquement intéressantes, ont peu de chances de modifier la donne.
Ce choix rappelle la saga Rafale de 2016, où la disponibilité immédiate du modèle face à ses concurrents a permis des livraisons dès 2022, avec un taux de disponibilité opérationnelle atteignant 95 %. Toutefois, le coût suscite des débats : à 120-140 millions de dollars l’unité, une commande de 90 appareils représenterait un investissement supérieur à 12 milliards de dollars, mettant sous tension le budget d’équipement prévu pour 2026, déjà sollicité pour l’achat de systèmes S-400 et de sous-marins. Les défenseurs du projet avancent que la négociation G2G, fondée sur des accords antérieurs, pourrait réduire le prix de 15 à 20 %, avec un retour d’environ 30 % sous forme de compensation industrielle, notamment via des partenariats avec Reliance Aerospace et Hindustan Aeronautics Limited (HAL).