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L’Armée de l’Air a récemment mené une expérimentation majeure visant à intégrer l’intelligence artificielle (IA) dans la gestion des combats. Ce test, appelé DASH 2, démontre le potentiel de la collaboration entre l’humain et la machine pour accélérer et fiabiliser les prises de décision dans des environnements de combat complexes.

Une expérimentation en conditions réelles à Las Vegas

La deuxième édition du « Decision Advantage Sprint for Human-Machine Teaming » (DASH 2) s’est déroulée au centre des opérations Shadow Operations Center-Nellis, implanté à Las Vegas. Pilotée par la Cross-Functional Team du système avancé de gestion de bataille (Advanced Battle Management System – ABMS), cette expérimentation a bénéficié de la collaboration du laboratoire de recherche de l’Armée de l’Air (AFRL), du 711e Human Performance Wing, du Commandement des capacités intégrées et du 805e Combat Training Squadron (ShOC-N).

« DASH 2 prouve que le travail en équipe entre humains et machines n’est plus théorique », déclare le colonel Jonathan Zall, chef de l’intégration des capacités ABMS. « En fusionnant le jugement des opérateurs avec la rapidité de l’IA, l’Armée de l’Air façonne l’avenir de l’avantage décisionnel dans les opérations conjointes et en coalition ».

L’IA accélère l’avantage décisionnel

Les premiers résultats montrent que les machines sont capables de fournir des recommandations en moins de dix secondes, produisant jusqu’à 30 fois plus d’options qu’une équipe constituée d’opérateurs humains seuls. Deux prestataires ont généré plus de 6 000 solutions à une vingtaine de scénarios en seulement une heure. Malgré un développement de seulement deux semaines, la précision des algorithmes s’est révélée équivalente à celle des opérateurs humains. Une simple modification algorithmique aurait même permis d’améliorer la validité des recommandations de 70 % à plus de 90 %.

« Ce niveau de performance offre aux commandants la possibilité d’exécuter plusieurs chaînes de frappe simultanément. Nous sommes impatients de poursuivre nos expérimentations pour générer avec les machines des différentes options d’action, permettant d’éclairer les risques, les opportunités ou les gains et pertes matériels », explique le colonel John Ohlund, directeur de l’ABMS CFT.

Les coulisses de DASH 2

La série DASH s’inscrit dans la campagne de modernisation de la chaîne de commandement et de contrôle (C2) de l’Armée de l’Air, destinée à acquérir un avantage décisionnel à travers l’association entre humains et machines. Chaque sprint affûte une fonction précise de décision et oriente le développement futur du C2 pour le Département de l’Armée de l’Air. Cette initiative s’aligne également avec le programme du Pentagone appelé Combined Joint All-Domain Command and Control.

« Le travail collaboratif entre humains et machines est essentiel pour accélérer la rapidité et la qualité des décisions dans la force conjointe. DASH 2 nous fournit les éléments nécessaires pour concrétiser cela », souligne le colonel Zall.

Une mise en pratique concrète

Sept équipes ont participé à DASH 2, dont six issues de l’industrie et une équipe d’innovation du ShOC-N. Leur objectif était de concevoir des microservices dotés d’intelligence artificielle capables d’assister les opérateurs dans la fonction dite de « mise en correspondance des effecteurs », c’est-à-dire déterminer le système d’armes le plus adapté pour détruire une cible identifiée.

Les développeurs ont observé les équipes de gestion de bataille opérant sans assistance machine avant de concevoir et tester de manière itérative des outils visant à augmenter la prise de décision humaine. Les démonstrations finales ont comparé la performance des équipes humaines seules aux performances humaines assistées par machine, en évaluant vitesse, quantité et qualité des choix.

« Participer à DASH 2 nous a montré comment l’association homme-machine peut améliorer la performance sans altérer le jugement de l’opérateur », explique le capitaine Steven Mohan III, chef des standards et évaluations du 726e Air Control Squadron.

Une collaboration fructueuse entre l’industrie et l’Armée de l’Air

L’évaluation a porté sur la capacité des outils à aider les opérateurs à prendre des décisions plus efficaces, et non simplement sur le traitement accru des données.

DASH 2 a aussi confirmé la pertinence du co-développement associant développeurs industriels et militaires. Les entreprises ont conservé leurs droits de propriété intellectuelle tandis que l’Armée de l’Air a acquis une meilleure compréhension des exigences fonctionnelles et d’intégration nécessaires pour les futurs systèmes de commandement et contrôle.

« Au ShOC-N, notre mission est de fournir de nouvelles capacités aux opérateurs et de les tester dans des conditions proches du combat réel », précise le lieutenant-colonel Shawn Finney, commandant du 805e CTS et du ShOC-N. « DASH 2 a démontré comment notre laboratoire de combat permet des tests rigoureux tout en respectant la fidélité opérationnelle, comblant ainsi l’écart entre le concept et la capacité ».

Premiers enseignements et retours d’expérience

Le 711e Human Performance Wing a recueilli des données sur les performances des opérateurs, leur charge de travail et la dynamique de collaboration homme-machine. Les résultats confirment que l’IA permet d’accélérer la prise de décision tout en maintenant l’humain au cœur du processus.

« La collaboration avec l’AFRL, le bureau du programme ABMS et l’industrie nous a permis d’expérimenter rapidement, de raffin er les exigences et d’accélérer le chemin de l’idée jusqu’à la mise en service », témoigne le colonel Ohlund.

Préparer l’avenir du commandement et contrôle

La série DASH constitue une étape clé dans la modernisation du C2 de l’Armée de l’Air. En combinant le jugement humain avec la rapidité de l’intelligence artificielle, la force aérienne prépare ses opérateurs à prendre des décisions plus rapides et mieux informées dans des environnements futurs de plus en plus contestés.

« DASH 2 prouve que le travail en équipe entre humains et machines n’est plus une théorie », conclut le colonel Zall. « En associant le jugement de l’opérateur à la rapidité de l’IA, l’Armée de l’Air façonne l’avantage décisionnel de demain dans les opérations conjointes et en coalition ».

Par Deb Henley, Service de communication du 505e Command and Control Wing