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L’US Air Force modernise le parcours de formation de ses unités d’élite avec l’introduction d’un nouveau cursus tactique de terrain. Cette réforme vise à renforcer les compétences fondamentales des futurs opérateurs des forces spéciales dès le début de leur entraînement.

À partir de novembre, un cours tactique de terrain de 16 semaines, appelé « Zulu Course », sera intégré au pipeline de formation des aviateurs aspirant à rejoindre les spécialités pararescue, combat control, Tactical Air Control Party (TACP) ou reconnaissance spéciale. Ce nouveau programme enseigne les bases du tir, de la mobilité et de la communication en équipe, explique le colonel Rodger Jennrich, commandant adjoint de la Special Warfare Training Wing au sein de l’Air Education and Training Command, responsable de la formation initiale des carrières de guerre spéciale.

Actuellement, les stagiaires des forces spéciales de l’Air Force reçoivent une formation tactique de base uniquement à la fin de leur cursus, lors des écoles de qualification finales. « Dans ces domaines opérationnels, environ 100 tâches étaient similaires, » précise le colonel Jennrich. « Nous avons regroupé ces tâches en amont pour qu’elles soient enseignées ensemble à un seul endroit, en équipe. Le cursus s’appuie sur trois modules qui renforcent les compétences de base : tir, déplacement, communication, soins aux blessés, maniement des armes, techniques avancées d’insertion et d’extraction, compétences individuelles et opérations en petite équipe. »

Le « Zulu Course » deviendra donc la deuxième étape pour tous les candidats des forces spéciales, après l’intense stage d’évaluation et de sélection de quatre semaines, connu pour son exigence physique constante, incluant parcours d’obstacles et entraînements aquatiques. Cette phase reste la première étape et demeure également basée à la base aérienne de Lackland, au Texas, où se déroulera aussi le nouveau cursus.

Après le « Zulu Course », les stagiaires poursuivront leur formation spécifique dans leurs filières respectives, comprenant parachutisme, plongée, survie, et les écoles finales qui transmettent les compétences propres à chaque métier. Les diplômés de ces écoles portent ensuite le béret distinctif correspondant à leur spécialité tout au long de leur carrière.

La durée totale du parcours de formation, variable selon le métier, restera inchangée, assure le colonel Jennrich. « Nous ne modifions aucun standard, aucune exigence. Nous n’ajoutons ni ne supprimons aucune formation, simplement nous réorganisons le contenu existant. » Avec 37 ans d’expérience dans les tactiques spéciales, dont 14 comme contrôleur de combat, il souligne que cette réorganisation vise avant tout à optimiser l’efficacité de la formation.

Les emplois dans les forces spéciales de l’Air Force comprennent quatre filières pour les militaires du rang et trois pour les officiers. Une récente directive du quartier général de l’US Air Force exige que les recrues signent désormais un contrat pour une spécialité précise dès le recrutement, alors qu’auparavant, elles entamaient la formation sans choix définitif.

L’initiative baptisée Pipeline Optimization vise également à réduire les goulots d’étranglement dans la formation et à ajuster le nombre de stagiaires par spécialité à la capacité des écoles finales, explique le colonel Jennrich. Le temps d’attente moyen non productif des candidats atteint actuellement près de deux mois durant leur cursus.

« Dès la sortie de l’école militaire de base, à condition de ne subir aucun retard, chaque aviateur connaîtra à l’avance toutes les dates de début des différentes écoles, » indique-t-il. « Le planning complet est désormais établi. Auparavant, il fallait attendre les disponibilités des écoles ». Cette nouvelle organisation permet ainsi de mieux synchroniser la progression des candidats.

La réorganisation offre aussi aux stagiaires plus de temps pour se concentrer sur leurs compétences métier pendant les formations spécialisées. « Les TACPs vont pouvoir approfondir le soutien-feu, les combat controllers se concentreront sur la gestion des terrains et zones d’assaut, et les pararescuemen travailleront leurs techniques de sauvetage, » détaille le colonel Jennrich. « Nous avons simplement regroupé en amont les compétences communes à tous. Les spécialisations restent pleinement intégrées. »

Déplacer la formation tactique au début du cursus permet aux stagiaires « de se faire une idée concrète dès le départ, sans attendre la toute fin pour découvrir ces réalités, » ajoute-t-il. « Ils pourront ainsi renforcer ces acquis tout au long du parcours, ce qui facilite la compréhension des écoles suivantes. »

Le responsable souligne que les exigences resteront élevées, voire plus strictes : « La formation restera aussi difficile, si ce n’est plus, que le parcours actuel. Il s’agit d’une formation plus intelligente, pas plus simple. »