Des chasseurs de l’OTAN, notamment des Eurofighters italiens basés en Estonie et des Gripen hongrois opérant depuis la Lituanie, ont été déployés cette semaine pour surveiller des avions russes évoluant à proximité de l’espace aérien allié.
Selon le Commandement aérien de l’OTAN, « Cette semaine, des Eurofighters italiens stationnés en Estonie et les Gripen hongrois basés en Lituanie ont été engagés pour surveiller des avions russes volant près de l’espace aérien de l’OTAN. Les moyens de police aérienne de l’OTAN en Estonie, en Lettonie et en Lituanie restent vigilants afin de protéger l’intégrité de l’espace aérien allié contre toute menace potentielle. »
Ces interceptions s’inscrivent dans le cadre de la mission de police aérienne baltique, qui fonctionne de manière continue depuis 2004 pour assurer la défense de l’espace aérien des États baltes — Estonie, Lettonie et Lituanie —, qui ne disposent pas de chasseurs nationaux.
Ces opérations de décollage en urgence sont devenues routinières, mais témoignent de la fréquence importante des activités aériennes militaires russes à proximité des frontières de l’OTAN. L’Alliance identifie, suit et intercepte régulièrement des appareils russes qui ne déposent pas de plans de vol ou ne maintiennent pas de contact radio lorsqu’ils s’approchent des espaces alliés.
Opération Eastern Sentry, lancée le 12 septembre 2025, a été mise en place à la suite d’une incursion d’un drone russe sur le territoire polonais, épisode qui a conduit Varsovie à invoquer l’article 4 du traité de l’OTAN.
Cette opération regroupe des forces du Danemark, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni pour sécuriser le flanc oriental de l’Alliance. Elle établit une coordination unifiée en matière de défense aérienne et antimissile le long des frontières, remplaçant la gestion auparavant assurée de manière indépendante par chaque nation.
Eastern Sentry fait suite à des initiatives antérieures telles que Baltic Sentry, lancée en janvier 2025 pour renforcer la présence militaire de l’OTAN dans la mer Baltique. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a qualifié l’incursion de septembre comme « la menace la plus proche d’un conflit armé depuis la Seconde Guerre mondiale ».
À l’annonce de la nouvelle mission, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a déclaré : « L’imprudence de la Russie dans le ciel le long de notre flanc oriental s’accroît en fréquence. Qu’elle soit intentionnelle ou non, elle est dangereuse et inacceptable. »
Mark Rutte a précisé que les mesures de dissuasion de l’OTAN s’étendent désormais de l’Atlantique Nord à la mer Noire, intégrant les composantes aérienne, terrestre et maritime sous un commandement commun. Il a affirmé que cette opération illustre la capacité de l’Alliance à « défendre chaque centimètre du territoire allié » et sa détermination à faire face à toute nouvelle violation de l’espace aérien européen.