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La Russie poursuit ses bombardements sur le réseau énergétique ukrainien, entraînant des coupures de courant dans plusieurs régions suite aux attaques nocturnes. Actuellement, seuls 19 % des stocks russes de chars de combat restent disponibles, incluant des véhicules en mauvais état, tandis que 16 % des véhicules blindés et 18 % des lance-roquettes multiples sont encore en service.

Les attaques russes ciblent les infrastructures énergétiques ukrainiennes, privant ce matin plusieurs régions d’électricité, avec la région de Tchernihiv parmi les plus touchées. En revanche, la région de Poltava a retrouvé son alimentation électrique.

Selon des données OSINT basées sur des images satellites, la Russie ne dispose plus que de 19 % de ses chars de combat, 16 % de ses véhicules blindés, 18 % de ses systèmes de lance-roquettes multiples et 39 % de ses systèmes d’artillerie en dépôt. Ces chiffres incluent les véhicules en état correct ou en mauvais état, mais excluent ceux considérés en état irrécupérable. Il est à noter que l’armée russe stocke traditionnellement ses blindés à l’extérieur, exposés aux intempéries, ce qui accélère leur dégradation.

Une large part des véhicules restants est constituée de modèles anciens tels que les T-54/55, T-62 et T-64. Les chars T-90 sont quasiment épuisés, tandis que les T-80B/BV ne subsistent qu’en très petit nombre. Les T-54/55 et T-62, blindés à l’acier soudé, sans protection composite moderne, sont vulnérables aux armes antichars contemporaines, y compris les canons automatiques de 40 mm des véhicules de combat CV90 ou les missiles antichars portables suédois. Sur un champ de bataille moderne, ces véhicules sont davantage comparables à des véhicules de soutien d’infanterie qu’à des chars de combat principaux.

Il est également probable qu’une partie des véhicules restants soient cannibalisés pour pièces, ce qui n’est pas toujours décelable sur les images satellites.

Parallèlement, la Russie forme et équipe de nouvelles unités avec des chars T-72, T-90, des véhicules blindés BTR-82A et autres matériels disponibles, déployant ces forces principalement contre les pays membres de l’OTAN telles que l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Des preuves photographiques et vidéographiques, ainsi que des analyses confidentielles, confirment cette réorientation, avec notamment l’envoi récent d’artillerie lourde neuve vers ces fronts plutôt que vers l’Ukraine.

La Fédération de Russie puise désormais au plus profond de ses stocks pour envoyer des blindés vers l’Ukraine, dont beaucoup sont destinés à être détruits sur le champ de bataille. Elle fait aussi face à une pénurie de personnels qualifiés pour la conduite de ces véhicules et probablement à un manque de munitions sur le terrain, alors que ses nouvelles unités bénéficient d’un meilleur approvisionnement.

Un aspect à souligner est la rareté des tirs de tourelle isolée par la Russie en Ukraine. Cela s’explique notamment car les T-55 et T-62 envoyés ne sont pas équipés pour projeter leur tourelle avec la technique dite du « coup de tourelle », et que ces véhicules sont souvent utilisés comme cibles mobiles ou transports pour l’infanterie russe, possiblement sans munitions embarquées.

Il ne faut cependant jamais sous-estimer son adversaire. Ce que l’on observe aujourd’hui en Ukraine ne préfigure pas nécessairement le visage du futur conflit que la Russie pourrait déclencher contre la Finlande et les pays baltes, potentielle diversion pour immobiliser des forces norvégiennes, suédoises, finlandaises, britanniques et néerlandaises dans le Nord de l’Europe. Un principe classique en stratégie veut que l’on se prépare toujours à la guerre précédente, alors que l’assaillant choisit temps, lieu, équipements et modalités d’attaque. Le défenseur, lui, n’a pas ce luxe.

Il faut donc s’attendre à des offensives mécanisées russes lourdes, menées par des unités bien entraînées, appuyées par des centaines de drones FPV et des milliers de tirs de missiles Shahed sur l’infrastructure des pays de l’OTAN, et non à des vagues massives de soldats peu formés.

Ce bilan fait l’objet d’une mise à jour régulière. Les enjeux liés au conflit en Ukraine, à la défense et à la sécurité régionale sont analysés ici. Razom do peremohi ! Smert voroham !