La mission Sudarshan Chakra de l’Inde vise à créer un bouclier aérien national en intégrant des milliers de radars, des satellites de surveillance et des armes à énergie dirigée de pointe dans un réseau unique, assisté par intelligence artificielle. Cette vaste initiative, dévoilée par le Premier ministre Narendra Modi lors de la fête de l’Indépendance, consiste à connecter entre 6 000 et 7 000 radars à horizon lointain, une constellation de satellites en orbite et des systèmes laser capables de neutraliser les menaces aériennes, pour protéger villes, infrastructures et bases militaires contre toute intrusion hostile.
Inspirée par le Sudarshan Chakra mythique, le disque divin maniant par le dieu Krishna, qui frappe avec précision avant de revenir à son porteur, cette mission incarne une logique de « bouclier et épée », selon les mots du chef d’état-major des armées, le général Anil Chauhan.
« Ce système protégera les sites stratégiques et civils tout en nous permettant de détecter, identifier et neutraliser les menaces aériennes ennemies », a souligné le général Chauhan, présentant Sudarshan Chakra comme la réponse indienne au système israélien Iron Dome, mais à l’échelle continentale. Il offrira une protection multi-couches contre les missiles balistiques, missiles de croisière, drones, armes hypersoniques et avions de combat, allant de l’interception tactique à la riposte stratégique.
Au cœur de ce dispositif se trouve un réseau étendu de radars : 6 000 à 7 000 unités, incluant des radars à horizon lointain (OTH), capables de détecter des cibles hostiles à des distances extrêmes, parfois plusieurs milliers de kilomètres, bien avant qu’elles n’entrent dans l’espace aérien indien.
Ces radars seront synchronisés avec des réseaux terrestres comme l’Akashteer ou le système intégré de commandement et de contrôle aérien (IACCS), alimentant en temps réel un centre de traitement central grâce à l’intelligence artificielle, l’analyse de mégadonnées, les modèles linguistiques avancés et l’informatique quantique pour une évaluation instantanée des menaces.
Ce maillage terrestre sera renforcé par des sentinelles orbitales : dans le cadre de la phase 3 du programme de surveillance spatiale (Space-Based Surveillance, SBS), l’Inde prévoit de lancer 52 nouveaux satellites d’ici 2030, assurant une veille spatiale continue sur les mouvements adverses, de la frontière occidentale avec le Pakistan jusqu’aux zones orientales frontalières de la Chine.
Ces satellites, associés à des capacités anti-satellites telles que le PDV Mk-II, perturberont la reconnaissance ennemie tout en transmettant des données aux stations terrestres pour des modélisations prédictives, des leçons tirées des affrontements de mai 2025 lors de l’opération Sindoor, où les renseignements satellitaires ont été déterminants.
L’offensive se trouve renforcée par les armes à énergie dirigée (DEW) : des lasers à haute puissance, récemment testés par le DRDO dans le cadre du système intégré de défense aérienne (IADWS) au large de l’Odisha en août, offriront des frappes « douces » en aveuglant les capteurs, ou « dures » en détruisant les ogives en vol.
Ces systèmes, couplés aux missiles sol-air à réaction rapide (QRSAM), aux systèmes de défense aérienne à très courte portée (VSHORADS) et aux munitions de précision comme le RudraM-II, promettent des engagements économiques et sans munitions contre les essaims de drones ou les véhicules hypersoniques.
Cette symphonie technologique — radars, satellites, DEW, canons anti-drones et intercepteurs longue portée sous le projet Kusha — sera coordonnée au sein d’un réseau unifié, impliquant forces armées, forces paramilitaires, DRDO ainsi que des acteurs privés majeurs comme Tata et Larsen & Toubro.
Le déploiement progressif vise une intégration opérationnelle essentielle d’ici 2028-29 et une pleine maturité fonctionnelle à l’horizon 2035, avec un budget estimé entre 130 000 et 170 000 crore de roupies.