Article de 651 mots ⏱️ 3 min de lecture

Airbus Defence and Space s’apprête à franchir une étape majeure dans le développement de son avion de combat non piloté, aussi appelé Avion de Combat Collaboratif (CCA), avec la réception imminente de deux exemplaires d’essai. Ces appareils seront utilisés pour préparer une campagne de vols d’expérimentation prévue l’année prochaine.

« Dans les semaines à venir, nous allons recevoir deux avions XQ-58A Valkyrie de Kratos, que nous utiliserons pour préparer une campagne d’essais en vol l’an prochain », a déclaré un porte-parole d’Airbus. « Parallèlement, nous développons notre système de mission Airbus, qui sera intégré aux plateformes Kratos et garantira la fourniture aux clients allemands d’un avion de combat collaboratif non piloté souverain et opérationnel d’ici 2029 », a-t-il ajouté. Ainsi, Airbus répond précisément au besoin urgent de l’Allemagne et de l’Europe dans le contexte géopolitique actuel, en proposant une plateforme aérienne éprouvée dotée d’un système de mission européen souverain, évitant ainsi un développement ex nihilo.

En juillet, Airbus avait annoncé la signature d’un partenariat avec la société américaine Kratos Defense and Security Solutions afin de fournir le XQ-58A Valkyrie équipé d’un système de mission Airbus à la Luftwaffe d’ici 2029.

Selon les informations, l’Office des acquisitions de la Bundeswehr (BAAINBw) prépare un document de phase FFF proposant une solution pour un « drone chasse-bombardier ». Les observateurs attendent de voir si un ou plusieurs partenaires seront retenus dans la phase de sélection à venir. Ce projet suscite un intérêt marqué dans l’industrie de défense.

La semaine dernière, Helsing, entreprise européenne spécialisée dans les technologies de défense et l’intelligence artificielle, a présenté le concept de son nouveau bombardier furtif non piloté, le CA-1 Europa, destiné à frapper des objectifs à basse altitude sur le territoire ennemi. Ce concept a été conçu en seulement 14 semaines par Grob, filiale récente de Helsing, avec un premier vol prévu pour 2027.

Par ailleurs, Rheinmetall, groupe de défense basé à Düsseldorf, indique être en discussions avec les entreprises américaines Anduril, Lockheed Martin et Boeing pour une coopération sur les CCA. Récemment, Lockheed Martin a dévoilé son concept de CCA furtif nommé Vectis, développé également pour des clients hors des États-Unis, avec un premier vol attendu dans les deux prochaines années.

Parmi ces trois sociétés, Boeing semble la plus avancée avec son MQ-28, développé en partenariat avec la Commonwealth d’Australie depuis plusieurs années. De nombreux vols d’essai ont déjà été menés en Australie, en coordination avec d’autres aéronefs. Il est prévu que le MQ-28 puisse utiliser dès décembre des missiles air-air AMRAAM depuis des points d’emport externes, démontrant ainsi sa capacité à engager des cibles réelles. Une prochaine étape de développement visera également à lui permettre l’emploi d’effets air-sol.

En juillet, la société américaine General Atomics a aussi annoncé l’introduction en Allemagne d’un CCA basé sur le prototype YFQ-42A de l’US Air Force, précisant que des essais en vol ont déjà débuté.

D’après le constructeur Kratos, les CCA qu’Airbus Defence and Space ambitionne d’acquérir sont des appareils d’environ 3 tonnes au décollage, dotés de capacités furtives. Le prototype, lancé par catapulte, peut voler jusqu’à 4 800 kilomètres à une altitude de 13 700 mètres. Kratos aurait déjà testé le XQ-58A Valkyrie en mission d’attaque contre des cibles terrestres. Cette capacité air-sol apparaît particulièrement décisive pour la Luftwaffe dans l’acquisition de CCA, notamment à la lumière des enseignements tirés du conflit en Ukraine.

Lars Hoffmann