La Force aérienne indienne (IAF) a récemment attiré l’attention en utilisant les indicatifs radio « Shabaz » et « Rafiqui » pour certains de ses vols au-dessus du centre de l’Inde. Ces indicatifs font directement référence à deux bases aériennes clés pakistanaises – la base Shahbaz à Jacobabad et la base Rafiqui à Shorkot – qui ont été ciblées et endommagées lors de l’Opération Sindoor menée par l’Inde plus tôt cette année. Ce choix a rapidement été perçu sur les réseaux sociaux comme une forme de moquerie subtile, ravivant les souvenirs du bref mais intense conflit indo-pakistanais de 2025.
Les données de suivi des vols, notamment via des plateformes comme Flightradar24, ont enregistré, le 6 octobre près d’Agra dans l’Uttar Pradesh, plusieurs appareils de transport – deux AN-32 et un Lockheed Martin C-130J Super Hercules – volant entre 3 300 et 3 700 mètres d’altitude. L’un d’eux, enregistré sous l’indicatif « RAFIQUI », se déplaçait depuis un lieu non divulgué, tandis que « SHABAZ » opérait dans la même zone aérienne, tous deux en conditions météorologiques visuelles. Si l’IAF n’a fait aucun commentaire officiel sur ces indicatifs, les analystes en défense et spécialistes du renseignement en sources ouvertes (OSINT) n’ont pas manqué de faire le lien avec les confrontations de mai dernier.
Ce contexte remonte au conflit indo-pakistanais de 2025, déclenché le 7 mai à la suite d’attaques de précision lancées par l’Inde dans le cadre de l’Opération Sindoor. Cette dernière visait à répondre à l’attaque terroriste du 22 avril à Pahalgam, qui avait fait 26 victimes civiles. Elle avait pour cible des infrastructures liées à des groupes comme Jaish-e-Mohammed et Lashkar-e-Taiba au Pakistan et au Cachemire administré par Islamabad. Le Pakistan avait dénoncé ces frappes comme un « acte de guerre », évoquant des pertes civiles et des dégâts sur des sites non militaires. Lors des affrontements aériens qui ont suivi – les plus importants depuis la crise de Balakot en 2019 – chaque camp revendiquait la destruction d’appareils ennemis. Le Pakistan affirmant avoir abattu cinq avions indiens, dont des Rafale, tandis que l’Inde mettait en avant ses interceptions de drones et missiles pakistanais.
L’escalade a culminé le 10 mai lorsque l’Inde a mené des frappes supplémentaires sur des installations de la PAF, notamment les bases Nur Khan et Bholari. Des images satellitaires ont ensuite confirmé des dommages aux pistes et aux hangars sur plusieurs sites. Les bases pakistanaises Rafiqui et Shahbaz faisaient partie des cibles affectées, subissant d’importantes perturbations selon les briefings indiens, même si Islamabad a minimisé l’impact. En représailles, le Pakistan a lancé l’opération Bunyan-un-Marsoos contre des bases indiennes comme Udhampur et Pathankot. Un cessez-le-feu négocié par les États-Unis le 10 mai a permis de mettre fin aux hostilités, évitant une escalade nucléaire. Depuis, les tensions demeurent latentes avec des accusations sporadiques de violations, sans affrontements majeurs signalés à ce jour.
Si beaucoup voient dans ces indicatifs une relance délibérée de la guerre psychologique, certains experts aéronautiques soulignent qu’ils peuvent parfois être attribués de manière aléatoire ou refléter les surnoms de certaines escadrilles, laissant envisager une simple coïncidence. Néanmoins, la concordance temporelle, plusieurs mois après les frappes sur ces bases, donne du poids à l’hypothèse d’une provocation symbolique. Comme le résume un observateur sur Twitter, « l’histoire ne se répète pas, elle résonne… fort ! ».