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Le constructeur turc de drones Baykar Technologies a réussi la deuxième phase de tests en vol avec munitions captives de son avion de combat sans pilote Kizilelma, en intégrant cette fois la bombe guidée de précision TEBER-82 de Roketsan. Lors de cet essai, deux bombes TEBER-82 de 227 kg, guidées par laser et GNSS, ont été embarquées sur les points d’attache externes du prototype Kizilelma PT-3.

Cette étape fait suite à un précédent vol d’essai avec la bombe légère TOLUN d’Aselsan, marquant le lancement de la phase d’intégration des munitions non motorisées pour simplifier les validations. Baykar a précisé que les munitions motorisées, telles que les missiles air-sol ÇAKIR et UAV-230, seront testées ultérieurement.

Les tests de missiles air-air devraient débuter une fois les capteurs embarqués intégrés, notamment le radar AESA MURAD et le système infrarouge de recherche et poursuite KARAT 100. Baykar affirme que le Kizilelma est entièrement développé en Turquie, avec une ambition affichée de dominer l’avenir du combat aérien par la technologie sans pilote.

Le drone Kizilelma dispose d’une capacité de charge utile de 1,5 tonne, pèse au décollage jusqu’à 8,5 tonnes et possède un rayon d’action opérationnel de 500 milles nautiques. Sa vitesse de croisière atteint Mach 0,6, avec un plafond opérationnel à 25 000 pieds et une endurance supérieure à trois heures.

Baykar décrit cet avion comme « une force redoutable, notamment grâce à sa grande maniabilité et à son faible signal radar ». Le drone de combat est conçu pour décoller et atterrir sur des porte-avions disposant de pistes courtes et transporte ses munitions en soute interne.

Son design intègre une faible signature radar, un haut niveau de conscience situationnelle et une agilité renforcée par le radar AESA. L’appareil peut évoluer jusqu’à 45 000 pieds d’altitude et assure des communications en mode ligne de vue ainsi qu’au-delà.

Propulsé par un turboréacteur, le Kizilelma mesure 14,5 mètres de long, dispose d’une envergure de 10 mètres et culmine à 3,5 mètres de hauteur. Sa charge utile peut comporter des systèmes d’orientation électro-optiques, des capteurs infrarouges, un radar AESA, ainsi que des munitions guidées laser, des missiles et même des missiles de croisière longue portée.

Sur le plan stratégique, cette capacité d’attaque sans pilote produite localement, incluant cellule, systèmes embarqués et armement, renforce l’autonomie industrielle turque tout en offrant un argument convaincant pour les exportations à des pays cherchant des frappes précises sans les contraintes politiques liées à la livraison de chasseurs pilotés.

Géostratégiquement, la plateforme embarquable sur porte-avions à pistes courtes ouvre de nouvelles possibilités pour les pays équipés de moyens navals limités, permettant une projection de puissance dispersée et difficile à contrer par l’adversaire.

Militairement, l’intégration de la bombe TEBER-82 sur le Kizilelma permet d’envisager des missions variées allant de la neutralisation d’aérodromes à l’interdiction, ainsi que la suppression sélective des défenses aériennes selon les données ISR et la désignation laser externe. Cette capacité vient compléter les flottes pilotées en assumant des tâches périlleuses et intensives, tout en préservant les heures de vol des pilotes pour des missions où le discernement humain reste crucial.

Cette dernière campagne de vols avec charges captives marque un tournant : un avion sans pilote désormais capable de mettre en œuvre une arme de précision de 227 kg avec la réactivité et la précision autrefois réservées aux chasseurs en première ligne. Ce programme pourrait redéfinir la manière dont l’attaque de précision est conduite, maintenue et renforcée sur le champ de bataille.