La Force aérienne indienne (IAF) rencontre des difficultés dans sa quête d’égalité technologique au sein de sa flotte de chasseurs, comme le révèlent plusieurs médias français. L’attention de l’IAF se porte sur la modernisation du radar AESA des Rafale, actuellement basé sur la technologie du Gallium Arséniure (GaAs), vers une version plus avancée en nitrure de Gallium (GaN). Cependant, le progrès de cette amélioration majeure est extrêmement lent, alimentant les débats sur le rapport qualité-prix de ces acquisitions stratégiques, tout en questionnant la pertinence des futures importations face à des solutions indigènes plus performantes et nettement moins coûteuses.
Les Rafale F3R, dont 36 exemplaires renforcent les capacités d’attaque de l’IAF depuis leur arrivée en 2020, utilisent le radar RBE2-AA développé par Thales. Ce radar AESA de 4,5e génération, d’une taille particulièrement compacte, intègre 838 modules émetteurs-récepteurs (TRM) basés sur la technologie GaAs, ce qui en fait l’un des plus petits radars AESA opérationnels. Cette configuration est adaptée aux missions multirôles, offrant des modes simultanés air-air et air-sol avec une portée de détection allant jusqu’à 200 km. Cependant, la technologie GaAs souffre de limitations en matière d’efficacité énergétique et de gestion thermique, face aux standards modernes. Selon les rapports français, alors que l’Armée de l’air française a déjà doté ses Rafale d’un radar RBE2-AESA amélioré au GaN dans la version standard F4.2 de 2024, l’Inde accuse un retard cumulé de huit ans dans ce programme de modernisation, lié à des difficultés dans les chaînes d’approvisionnement et aux négociations de propriété intellectuelle.
Le pari du radar indigène : la famille de radars AESA Uttam, développée par l’Organisme indien de recherche et développement pour la défense (DRDO), incarne l’espoir technologique national. Pour le programme Tejas MkII, le radar de conduite de tir Uttam Mk-2 promet une véritable avancée générationnelle grâce à environ 912 TRM basés sur le GaN, surpassant ainsi le nombre de modules des Rafale et offrant une portée améliorée de 25 % dans les environnements dominés par la guerre électronique. Ce capteur de nouvelle génération, en phase de production, se caractérise par une grande agilité de faisceau, une plus faible probabilité d’interception et une intégration optimale avec l’avionique du Tejas, s’inscrivant comme un élément clé de l’autonomie stratégique indienne.
La frustration de l’IAF provient notamment du manque d’homogénéité au sein de sa flotte : à l’ère de la guerre réseau-centrée, des technologies radar disparates peuvent entraver les opérations conjointes, qu’il s’agisse du partage de données avec les Su-30MKI ou de la traque des chasseurs furtifs J-20 chinois le long de la Ligne de contrôle réelle (LAC). « Payer le double pour des Rafale doit signifier disposer de technologies de pointe, pas rester à la traîne », a souligné un analyste en défense, reflétant un sentiment partagé face aux 59 000 crores de roupies investis pour ces 36 appareils, en contexte de pénurie de squadrons. Alors que des discussions sur des acquisitions supplémentaires de Rafale dans le cadre du MMRCA 2.0 sont en cours, il devient difficile de justifier cette prime quand des appareils locaux comme le Tejas MkII surpassent les importations en matière de sophistication des capteurs.
Comparaison technique succincte :
| Système radar | Plateforme | Nombre de TRM | Technologie | Avantages clés | Statut |
|---|---|---|---|---|---|
| RBE2-AA | Rafale F3R | 838 | GaAs | Taille compacte, modes multirôles éprouvés | Opérationnel ; mise à niveau GaN retardée |
| Uttam Mk-2 FCR | Tejas MkII | ~912 | GaN | Puissance supérieure, résistance à la guerre électronique, indigène | Entrée en production |
Selon des sources proches du dossier, l’IAF envisage même d’intégrer le radar Uttam sur les Rafale, une solution dérogatoire face aux difficultés rencontrées. Pourtant, les protections en matière de propriété intellectuelle française sur l’avionique Thales-Dassault compliquent fortement ce projet. Cette impasse reflète des tensions plus larges dans les relations indo-françaises : si l’appareil Rafale et sa suite de guerre électronique Spectra restent inégalés, les améliorations radar pourraient faire pencher la balance en faveur des initiatives « Make in India ».