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Autrefois salué comme une économie prometteuse, le Bangladesh est aujourd’hui devenu un terrain de guerre par procuration contre l’Inde. À l’instar du Pakistan, Dhaka s’adonne à la désinformation et construit un récit hostile à l’Inde. Sous la direction d’un gouvernement ami, avec à sa tête le conseiller intérimaire Muhammad Yunus, les services indiens estiment que le Bangladesh abrite désormais davantage de groupes terroristes que le Pakistan.

Ces groupes terroristes, originaires du Bangladesh, ont sans doute bénéficié des appuis de l’Inter Services Intelligence (ISI) pakistanaise. Mais depuis l’arrivée au pouvoir de Yunus, soutenu par le Jamaat-e-Islami, Islamabad a réussi à exporter encore plus de réseaux terroristes vers ce pays.

Une stratégie pakistanaise repensée après le départ de Sheikh Hasina

Un responsable du Bureau du renseignement indien a indiqué que la stratégie pakistanaise a profondément changé depuis la destitution de l’ancienne Première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina. En injectant davantage de terroristes et en développant les groupes terroristes sur le territoire bangladais, le Pakistan concentre désormais tout son effort sur la région du Jammu-et-Cachemire.

Pour Nijhoom Majumder, militant politique bangladais basé au Royaume-Uni, le Bangladesh est devenu un champ de bataille où l’Inde est la cible principale.

Sous le mandat de Yunus, qui qualifie de « fake news » toute critique, le Bangladesh a connu 2 500 cas de torture, 30 assassinats de membres de minorités et 637 lynchages collectifs en 14 mois.

Une concentration accrue sur le Jammu-et-Cachemire

Suite à l’Opération Sindoor, l’armée pakistanaise a été sévèrement mise en difficulté. Pakistan a prétendu minimiser ses pertes lors de cette opération, conscient cependant qu’il ne peut pas rivaliser directement avec les forces armées indiennes. Le pays a donc décidé de revoir sa stratégie, se recentrant exclusivement sur Jammu-et-Cachemire.

Historiquement, les attaques pakistanaises visaient diverses régions de l’Inde – les attentats à la bombe dans plusieurs villes, l’attaque du Parlement indien ou les attaques de Mumbai en 2008 en attestent. Désormais, la volonté est de développer au maximum la présence de groupes terroristes au Bangladesh, en leur ordonnant de cibler non seulement les États du Nord-Est mais aussi d’autres régions indiennes.

Les groupes pakistanais Jaish-e-Mohammad et Lashkar-e-Toiba seraient exclusivement mobilisés pour le conflit au Jammu-et-Cachemire. Les organisations terroristes basées au Bangladesh – Jamaat-ul-Mujahideen Bangladesh (JMB), Harkat-ul-Jihadi-Islami (HuJI), Ansaraullah Bangla Team (ABT), ainsi que des cellules affiliées à l’État islamique et à Al-Qaïda – seraient chargées d’opérations dans diverses parties de l’Inde.

En étendant l’attention des forces de sécurité indiennes à plusieurs régions du pays, le Pakistan espère dégager davantage de marge de manœuvre pour ses opérations dans le Jammu-et-Cachemire. Toutefois, Islamabad reste prudent face à ce territoire où toute escalade, comme celle liée à l’attaque de Pahalgam, pourrait déclencher une réaction indienne sévère. Les autorités pakistanaises ont clairement compris que l’Inde considère tout acte terroriste comme un acte de guerre, au-delà de simples opérations transfrontalières.

Un double défi sécuritaire pour l’Inde

Cette nouvelle donne inquiète particulièrement les agences indiennes sur deux points majeurs :

  • Le soutien des autorités bangladaises aux groupes terroristes : Le Jamaat-e-Islami contrôle largement la scène politique au Bangladesh, ce qui permet à ces groupes d’opérer en toute impunité avec l’aval de l’État.
  • La présence de cellules terroristes sur le sol indien : Plusieurs de ces groupes disposent déjà de réseaux actifs en Inde : JMB en Bengale-Occidental, ABT dans le Nord-Est, HuJI dans le Sud, Al-Qaïda dans le Nord, et l’État islamique y propage aussi son idéologie.

Cela signifie que ces organisations n’ont pas besoin d’implanter de nouvelles bases, mais peuvent facilement réactiver et coordonner leurs actions à partir de leurs implants existants.

Cependant, les responsables indiens soulignent que la situation sécuritaire a évolué positivement. Le renseignement intérieur est renforcé et des agences telles que la National Investigation Agency (NIA) ont accompli un travail remarquable dans la lutte antiterroriste. Si les plans de l’ISI continuent d’exister, la meilleure organisation des services de sécurité rendra leur tâche beaucoup plus difficile.

Cependant, il est clair que la menace terroriste reste permanente et nécessitera une vigilance constante.