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Lors d’un récent débat au Parlement écossais, l’ancien leader du Labour écossais, Richard Leonard, a une nouvelle fois tenu des propos erronés concernant le contrôle américain sur le système nucléaire Trident.

Intervenant lors d’une session consacrée aux incidents nucléaires à Faslane, Leonard a déclaré : « Même aujourd’hui, on nous dit que le gouvernement écossais ne sait pas exactement ce qui se passe à Coulport et Faslane avec ces dernières fuites radioactives ». Il a ensuite affirmé que « nous ne pourrions utiliser [la dissuasion nucléaire britannique] qu’avec l’autorisation du Pentagone, l’aval de la Maison-Blanche et l’approbation de Donald Trump ».

Ces propos font écho à des déclarations qu’il avait déjà tenues en 2023 : « L’idée d’une dissuasion nucléaire britannique indépendante est mensongère. Le Pentagone nous fournit les ogives nucléaires. Toute utilisation d’armes depuis ces rivages devrait être sanctionnée par le président des États-Unis d’Amérique, et ce uniquement à la demande du commandant suprême allié de l’OTAN, qui est toujours un général américain ».

Ces assertions déforment le fonctionnement réel de la dissuasion britannique. Le Royaume-Uni conçoit, fabrique et entretient lui-même ses ogives nucléaires au sein de l’Atomic Weapons Establishment, à Aldermaston et Burghfield. Bien que les missiles Trident II D5 qui les transportent soient américains et maintenus dans le cadre d’un système de mutualisation à King’s Bay, en Géorgie, cela ne confère aucun contrôle opérationnel aux États-Unis sur la dissuasion britannique.

Le Royaume-Uni conserve un contrôle souverain total sur ses armes nucléaires. Seul le Premier ministre est habilité à ordonner leur emploi, sans avoir besoin de l’accord des États-Unis ou de l’OTAN. La chaîne de commandement passe intégralement par la Royal Navy, du commandant du sous-marin jusqu’au Premier ministre.

Un des mythes les plus persistants est que les États-Unis pourraient neutraliser la dissuasion britannique en refusant de fournir les codes ou en coupant l’accès GPS. Cela est faux : les missiles Trident ne dépendent pas du guidage GPS, mais utilisent une combinaison de navigation stellaire et inertielle, leur permettant d’opérer de manière autonome, sans contrôle externe ni système satellitaire.

De même, l’idée selon laquelle les États-Unis pourraient exercer un « veto » sur un lancement britannique découle d’une confusion entre la technologie des « permissive action links » (utilisée pour les armes nucléaires américaines) et le système britannique. La dissuasion du Royaume-Uni n’est pas équipée de verrous de contrôle à l’américaine, l’autorité de lancement appartient donc exclusivement aux instances britanniques.

Le partenariat avec les États-Unis est avant tout logistique et économique : il permet de mutualiser la maintenance des missiles pour réduire coûts et redondances, sans inclure le contrôle du commandement ou des ogives.

La diffusion de fausses informations de ce type, comme celles répétées par Richard Leonard, risque de brouiller la compréhension du public et d’affaiblir la perception d’une capacité nationale cruciale. Ce type de désinformation n’est pas responsable ni utile au débat public.