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Un juge fédéral a temporairement bloqué le déploiement de 200 soldats de la Garde nationale fédéralisée à Portland pour une période d’au moins deux semaines.

La magistrate Karin J. Immergut, juge du district fédéral, a rendu cette décision samedi soir à l’issue d’une audience à la suite d’une plainte déposée par l’État de l’Oregon contre l’administration Trump. Ce blocage provisoire empêche la Maison-Blanche de déployer les soldats de la Garde nationale de l’Oregon placés sous commandement fédéral dans la ville, où des manifestations contre l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) persistent, jusqu’au 18 octobre au minimum. Dans son avis de 30 pages, la juge a précisé que ces manifestations ne constituent pas une « rébellion ».

L’administration Trump a annoncé son intention de faire appel.

Le président Trump avait initialement annoncé ce déploiement le 26 septembre, affirmant qu’il ordonnait au Département de la Défense d’envoyer des troupes à Portland, qu’il décrivait comme « dévastée par la guerre » et « assiégée par des antifascistes et d’autres terroristes domestiques ». Il avait également autorisé le recours à la « force totale » par l’armée. Deux jours plus tard, le Département de la Défense confirmait le déploiement de 200 soldats fédéralisés sous le titre 10 du Code des États-Unis.

Les 200 soldats, issus du 3e bataillon du 116e escadron de cavalerie et du 821e commandement de troupe, devaient être envoyés dans la « grande région de Portland ». Selon le commandement nord-américain (U.S. Northern Command), ils devaient effectuer une « remise à niveau » sur le contrôle des foules, la désescalade, les règles d’emploi de la force et d’autres opérations en cas de troubles civils.

C’est la première fois cette année qu’un juge bloque le déploiement de troupes américaines dans une ville avant leur arrivée. Le mois précédent, un tribunal fédéral avait jugé que la fédéralisation et le déploiement de milliers de soldats de la Garde nationale en Californie enfreignaient la loi Posse Comitatus, mais cette décision était intervenue trois mois après leur arrivée à Los Angeles et après que la majorité avait été renvoyée à l’État. Ce jugement avait fait l’objet d’un appel par l’administration Trump.

La décision de la juge Immergut intervient le même jour où l’administration Trump autorisait la mobilisation de 300 soldats de la Garde nationale en direction de Chicago. Cette mesure faisait suite à des semaines de menaces d’intervention militaire, malgré l’opposition du gouverneur de l’Illinois, JB Pritzker. La provenance précise de ces soldats et leur date d’arrivée dans la ville n’étaient pas encore connues. Le Département de la Sécurité intérieure dispose déjà d’une présence importante d’agents armés et de matériel dans la région de Chicago, dans le cadre de l’opération Midway Blitz en cours.