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La Space Force américaine envisage de créer une force d’opposition permanente en orbite afin d’améliorer les entraînements de ses membres. L’objectif est de déployer en espace des satellites jouant le rôle d’agresseurs, permettant ainsi aux « Guardians » de se préparer à d’éventuels conflits spatiaux.

Lors de la conférence Air, Space and Cyber organisée par l’Air Force Association, le général Chance Saltzman, chef des opérations spatiales, a expliqué que la Space Force souhaite mettre en orbite de véritables satellites qui pourraient être contrôlés par des équipes d’agresseurs au sol, plutôt que de se limiter à des simulateurs ou exercices virtuels. Cette initiative vise à renforcer la réalité et la qualité des entraînements.

Bien que la Space Force pousse depuis un moment à intensifier les entraînements, l’idée d’envoyer du matériel spécifique en orbite pour ce seul usage est une nouveauté. Jusqu’ici, aucun satellite n’a été lancé dans ce but précis. Les satellites déployés concernent principalement le développement de capacités de détection de missiles et d’interception de signaux électroniques, ainsi que la mise en place d’infrastructures opérationnelles pour les tests et la formation.

Le général Saltzman compare ce projet à l’utilisation des forces d’agresseurs par l’US Air Force, ainsi qu’à l’emploi des « red teams » et forces d’opposition par d’autres branches militaires lors des exercices d’entraînement. Historiquement, l’armée américaine disposait d’un commandement dédié à la guerre électronique et à l’information qui jouait fréquemment le rôle de red team dans les exercices de cybersécurité.

Actuellement, les unités de la Space Force s’entraînent principalement via des simulations, en raison des contraintes logistiques propres aux opérations spatiales. Des unités d’agresseurs ont déjà été constituées, et certains exercices conjoints avec d’autres forces intègrent à la fois des équipes basées au sol et des satellites en orbite pour coordonner les opérations. La création d’une force d’opposition orbitale permettrait plus spécifiquement de tester les conflits satellite contre satellite, notamment face aux tentatives d’interférences ou de brouillage des systèmes américains.

« Rien ne remplace la propagation réelle des fréquences radio à travers l’atmosphère jusqu’en orbite pour suivre les satellites », a insisté le général Saltzman. « Il faut que cela se déroule vraiment. »

Ce projet implique que la Space Force devra acquérir davantage de satellites, en réservant certains exclusivement aux fins d’entraînement. Cette proposition s’inscrit dans la vision plus large de la branche visant à développer une capacité de « guerre orbitale ». Bien que cette vision reste encore floue, elle inclut le renforcement des capacités offensives spatiales.

Depuis sa création en 2019, la Space Force a progressivement étendu son réseau de satellites en orbite ainsi que ses systèmes de suivi au sol. Parallèlement, l’ensemble des forces militaires développe ses moyens pour un éventuel conflit orbital : cela comprend la possibilité de brouiller les satellites adverses, mais aussi d’utiliser des méthodes plus directes comme des frappes cinétiques pour neutraliser physiquement les infrastructures ennemies en orbite.