Pour renforcer son dispositif de défense aérienne multi-couches, l’Armée de l’Air indienne prépare l’induction de trois escadrons du système Quick Reaction Surface-to-Air Missile (QRSAM) développé localement, désormais rebaptisé Anant Shastra. Cette initiative suit la récente publication d’un appel d’offres majeur par l’Armée de Terre indienne pour ce système.
Selon des sources proches du dossier, le QRSAM jouera un rôle essentiel en tant que bouclier de proximité pour des systèmes de défense aérienne longue portée comme le Medium-Range Surface-to-Air Missile (MR-SAM), le S-400 Triumph ainsi que le futur projet Kusha. Cette protection rapprochée vise notamment à contrer les missiles de croisière lancés à basse altitude. Chaque escadron de l’IAF sera composé de sept unités de tir, capables de déploiements rapides pour assurer la protection des bases aériennes et des postes avancés.
L’appel d’offres de l’Armée, adressé récemment à Bharat Electronics Limited (BEL), porte sur un contrat initial d’environ 30 000 crores de roupies indiennes, soit près de 3,5 milliards d’euros, pour trois régiments, avec un objectif à terme de 11 régiments. Le développement de l’Anant Shastra a été mené par l’Organisation de Recherche et de Développement de la Défense (DRDO), en collaboration avec BEL et Bharat Dynamics Limited (BDL). Ce système offre une couverture de 360 degrés, une portée d’engagement de 30 km et une capacité d’opération tout temps, ce qui le rend apte à neutraliser drones, hélicoptères ainsi que munitions guidées de précision dans des environnements de combat évolutifs.
Le choix du QRSAM par l’IAF s’inscrit dans sa volonté de combler les lacunes en matière de défense ponctuelle, une nécessité mise en lumière par les récents conflits frontaliers et escarmouches aériennes. Placé comme couche la plus interne dans le réseau intégré de défense aérienne indien, ce système assurera une protection rapprochée aux éléments sensibles tels que les batteries S-400 et les sites MR-SAM, particulièrement exposés aux attaques massives par missiles de croisière provenant d’appareils ennemis.
Les sources rapportent que la mobilité du QRSAM, monté sur des camions 8×8 haute mobilité Ashok Leyland, permet une manœuvrabilité tactique facilitant un positionnement en liaison étroite avec les unités avancées, garantissant ainsi une couverture continue lors des déplacements.
D’ici peu, le QRSAM devrait collaborer avec le projet Kusha, programme national de missile sol-air longue portée comparable au S-400, comblant ainsi l’écart entre les interceptors de portée moyenne et étendue. Selon un analyste militaire, « la capacité de réaction rapide du QRSAM permettra de neutraliser les missiles de croisière avant qu’ils ne submergent les couches externes, préservant ainsi l’intégrité des systèmes comme Kusha face à des menaces asymétriques ».
Pour la sécurité des bases aériennes, les unités de tir formeront un périmètre tactique permettant des opérations de type « shoot-and-scoot », essentiels pour éviter les tirs de contre-batterie. Cette tactique est indispensable pour les bases de l’IAF situées près de la Line of Actual Control (LAC) et de la Line of Control (LoC), où les intrusions à basse altitude se sont intensifiées.
| Composant | Description | Caractéristiques principales |
|---|---|---|
| Unité de tir | Lanceur mobile avec 6 à 8 missiles | Monté sur camion 8×8 ; rechargement rapide en moins de 10 minutes |
| Radar | Radar à balayage électronique actif (AESA) | Couverture à 360° ; détection à 50 km |
| Poste de commandement | Intégration C2 en réseau | Connexion avec le système Akashteer pour l’interopérabilité Armée de Terre – Armée de l’Air |
| Structure d’escadron (IAF) | 7 unités de tir par escadron | Couverture d’environ 200 km² ; 42 à 56 missiles au total |
Pour comparaison, les régiments de l’Armée de Terre comportent chacun neuf unités de tir, témoignant d’une adaptation spécifique à chaque force.
Le parcours du QRSAM a débuté avec des essais en vol réussis entre 2017 et 2022, suivis d’évaluations utilisateurs et d’approbations pour l’intégration en 2024. L’appel d’offres de l’Armée insiste sur une composition 100 % indigène, conformément à l’initiative Atmanirbhar Bharat, avec une clause de transfert technologique aux partenaires du secteur privé. Les premières livraisons pourraient débuter fin 2026, avec une mise en service progressive des escadrons de l’IAF par la suite.