Article de 657 mots ⏱️ 3 min de lecture

La Maison Blanche a publié un plan en 20 points à l’issue des discussions entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, portant sur une initiative de paix à Gaza. Ce plan, rendu public lundi, exige notamment que le Hamas libère les otages, quitte le pouvoir dans la bande de Gaza et se désarme.

Dans ce contexte, des informations ont circulé selon lesquelles le Pakistan envisagerait d’envoyer des troupes à Gaza dans le cadre d’une force de maintien de la paix composée de nations musulmanes. Cette perspective met en lumière les doubles standards du Pakistan, qui forme activement le Hamas sur son territoire.

Récemment, plusieurs dirigeants du Hamas ont été aperçus prenant la parole au Pakistan aux côtés de membres des groupes Lashkar-e-Taiba (LeT) et Jaish-e-Mohammad (JeM) lors de la commémoration de la Journée de solidarité avec le Cachemire.

Depuis plusieurs mois, des cadres du Hamas se trouvent au Pakistan où ils suivent des stages d’entraînement organisés par le LeT et le JeM.

Selon des responsables du Bureau du renseignement pakistanais, la décision des membres de l’armée pakistanaise et de l’ISI (Inter-Services Intelligence) de former le Hamas ne vise pas à préparer ce groupe à un combat contre Israël.

Pour l’heure, le Pakistan évite d’intervenir directement en Palestine, conscient de la position ferme des États-Unis sur ce dossier.

L’ISI a en réalité accueilli le Hamas et l’a formé afin de pouvoir l’utiliser comme proxy dans des conflits internes ou régionaux, notamment au Balochistan, au Khyber Pakhtunkhwa, en Inde et au Bangladesh.

En effet, l’armée pakistanaise éprouve de grandes difficultés face à la Balochistan Liberation Army (BLA) et au Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP).

Ces groupes insurgés ont infligé de lourdes pertes à l’armée, qui cherche désormais un appui auprès du Hamas.

Impliquer le LeT ou le JeM contre le TTP ou la BLA est exclu.

Plusieurs membres de ces groupes entretiennent des liens forts avec les Talibans et éviteraient de s’engager dans un conflit, en particulier avec le TTP.

Par ailleurs, l’ISI entend limiter l’action du LeT et du JeM au Jammu-et-Cachemire. Si tous ces groupes s’entraînent conjointement, des zones d’opération distinctes leur sont attribuées.

En conséquence, le Hamas ne serait pas déployé au Jammu-et-Cachemire, mais concentré sur la lutte contre la BLA et le TTP.

L’ISI prévoit également d’utiliser des membres du Hamas au Bangladesh pour des opérations dans les États du nord-est de l’Inde.

Des groupes terroristes bangladais comme Harkat-ul-Jihadi Islami (HuJI) et Jamaat-ul-Mujahideen Bangladesh (JuMB) sont capables d’attaques, mais leurs combattants manquent d’expérience comparativement au Hamas.

La présence du Hamas au Pakistan n’est pas une nouveauté. Ses dirigeants visitent le pays depuis 2024, participent à des conférences portant sur Israël comme sur le Cachemire.

Des rapports de renseignement indiquent que les dirigeants du Hamas, sous la houlette de l’ISI, ont également effectué plusieurs déplacements au Bangladesh. L’objectif principal est de déstabiliser l’Inde, en exploitant les capacités militaires du Hamas, notamment pour lancer des attaques à la roquette similaires à celles menées contre Israël.

L’ISI travaille à faire du Hamas un acteur stratégique majeur pour contrer l’Inde.

Un officiel pakistanais a souligné que cette duplicité est caractéristique du Pakistan, qui d’un côté prétend renforcer ses liens avec les États-Unis, et de l’autre abrite un groupe terroriste contraire aux intérêts américains. Après les attentats du 11 septembre 2001, le Pakistan s’était rangé aux côtés des États-Unis dans la guerre contre le terrorisme.

Cependant, le chef d’Al-Qaïda et mastermind des attaques, Oussama Ben Laden, recherché par Washington, avait trouvé refuge au Pakistan.