À Genève, l’Inde dénonce la persécution des minorités et la répression du blasphème au Pakistan devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Lors de la 34e réunion de la 60e session du Conseil des droits de l’homme à Genève, Mohammed Hussain, diplomate indien, a sévèrement critiqué l’hypocrisie pakistanaise en matière de droits humains, soulignant que le Pakistan, connu pour ses exactions contre ses minorités, ose pourtant donner des leçons aux autres pays.
Devant les représentants internationaux, Mohammed Hussain a qualifié de « profondément ironique » le fait que le Pakistan prenne la parole sur les droits de l’homme alors qu’il persécute lui-même ses minorités sur son propre territoire. Il a notamment rappelé les récents bombardements aériens d’Islamabad dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, qui ont coûté la vie à 23 civils, dénonçant cette violence d’État.
Les violations multiples mises en lumière
Les experts présents ont également dénoncé la situation déplorable de la liberté de la presse au Pakistan, classé 158e au niveau mondial, ainsi que l’augmentation spectaculaire de 300 % des emprisonnements pour blasphème. Cette répression s’accompagne d’une sévère répression des communautés baloutches et pachtounes, avec des cas avérés d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées et de tortures, d’après les activistes des droits humains.
Les familles des victimes continuent de manifester leur désespoir face à ces abus, tandis que l’Inde a vigoureusement remis en cause la propagande pakistanaise, dévoilant au grand jour ses doubles standards.
Des données alarmantes sur les disparitions et emprisonnements
Le rapport 2025 de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) indique que plus de 700 personnes sont actuellement incarcérées au Pakistan pour des accusations de blasphème. Par ailleurs, le Mouvement national baloutche a documenté 785 cas de disparitions forcées et 121 assassinats dans la seule première moitié de l’année 2025.
Le jirga national pachtoune (assemblée des chefs pachtounes) rapporte que 4 000 membres de cette communauté sont portés disparus cette même année.
Arif Aajakia, militant des droits de l’homme, a également exprimé son inquiétude face à la situation dans les provinces du Baloutchistan et de Khyber Pakhtunkhwa, ciblées par des opérations militaires prolongées menées par Islamabad.
Une condamnation ferme au Conseil des droits de l’homme
En somme, l’Inde a exhorté le Pakistan à cesser ses pratiques répressives et à s’attaquer sincèrement aux persécutions exercées contre ses minorités, soulignant que la communauté internationale ne peut tolérer de telles violations sous prétexte d’ingérence diplomatique.