Inde et Russie franchissent une étape majeure pour renforcer la supériorité de l’un des missiles de croisière les plus redoutables au monde. Grâce à leur coentreprise BrahMos Aerospace, elles développent une amélioration significative du missile BrahMos, propulsant sa vitesse de Mach 3 à une fulgurante vitesse de Mach 4,5. Cette avancée, qui consiste à optimiser le statoréacteur pour des performances accrues tout en conservant une portée impressionnante de 450 à 800 km, vise à rendre l’arme encore plus difficile à intercepter face aux systèmes de défense aériens modernes.
Selon des sources proches du dossier, les équipes russes et indiennes concentrent leurs efforts sur la fiabilité du statoréacteur à haute vitesse, garantissant ainsi la précision des frappes. Cette collaboration illustre la pérennité du partenariat stratégique indo-russe en matière de défense, avec la Russie à la tête de la modernisation du moteur, soutenue par l’expertise du Defence Research and Development Organisation (DRDO) indien. Cette initiative s’appuie sur l’expérience opérationnelle éprouvée du BrahMos, notamment lors de l’Opération Sindoor menée récemment, où le missile a pénétré l’espace aérien pakistanais sans être détecté, détruisant 11 des 13 principales bases aériennes de la Pakistan Air Force, telles que Rafiqui, Sargodha et Jacobabad, sans rencontrer de riposte efficace.
La conception robustes de la structure aérienne permet au missile d’atteindre Mach 4,5 sans nécessiter de modifications majeures du châssis. Toutefois, l’augmentation de la vitesse impose des innovations matérielles et propulsives : de nouveaux alliages résistants aux températures extrêmes et des carburants spécifiques adaptés à la combustion dans des conditions hypersoniques. Ces améliorations répondent aux défis liés à l’intensification des flux d’air et aux contraintes thermiques, appuyées par des essais en cours qui valident la gestion thermique et l’efficacité énergétique.
« Le BrahMos était imbattable il y a 25 ans et le restera au moins dix ans de plus, mais pour garantir sa supériorité durant les 20 à 30 prochaines années, il lui faut ce surcroît de vitesse, » confie un haut responsable du programme. « Les plans sont en train de se concrétiser, avec des tests au sol du statoréacteur amélioré prévus dans les 2 à 3 prochaines années. »
Ce saut de performance – qui pourrait inclure un moteur dual-mode combinant statoréacteur et scramjet, inspiré par le véhicule de démonstration technologique hypersonique développé par le DRDO (Hypersonic Technology Demonstrator Vehicle, HSTDV) – réduira drastiquement les fenêtres d’interception à quelques secondes seulement, surpassant les capacités de missiles comme le SM-6 américain (qui plafonne à Mach 3,5). En outre, l’extension de la portée à 800 km, rendue possible par des carburants à haute densité énergétique et une combustion optimisée, augmentera fortement l’impact cinétique contre des cibles renforcées telles que bunkers, navires et centres de commandement.
Les essais au sol progressent rapidement, et les intégrations en vol sont programmées pour positionner cette version améliorée en service opérationnel d’ici le début des années 2030. Cette évolution consolide la capacité indienne de frappe multi-domaines – terrestre, naval, aérien et sous-marin – tout en ouvrant des opportunités pour l’export, où le BrahMos, déjà éprouvé, a réussi à convaincre des pays comme les Philippines et l’Indonésie.