Le Tejas MkII, avion de combat multirôle de 4,5e génération développé en Inde, s’impose comme le véritable successeur des vieillissantes flottes indiennes de MiG-29UPG et Mirage-2000-5. Conçu pour reprendre sans rupture le rôle de supériorité aérienne, il intègre des capacités révolutionnaires, notamment la possibilité d’engager des cibles profondément en territoire contesté tout en opérant à partir de l’espace aérien indien. Surnommé « Mini-Rafale » en raison de ses systèmes avioniques avancés et de son armement sophistiqué, le Tejas MkII se dote d’un radar AESA (Active Electronically Scanned Array) à base de nitrure de gallium (GaN) et d’un ensemble d’armes qui rivalisent, voire surpassent, ceux du Dassault Rafale.
Grâce à des radars longue portée associés à la famille de missiles air-air au-delà de la portée visuelle (BVRAAM) Astra, le Tejas MkII promet de traquer les avions ennemis sans franchir de frontière, une limite majeure des générations précédentes.
Les MiG-29UPG et Mirage-2000-5, entrés en service respectivement dans les années 1980 et 2000, ont renforcé la domination aérienne indienne dans des environnements à haute menace, permettant des frappes en profondeur et des interceptions dans des espaces aériens hostiles. Pourtant, avec la flotte de MiG-29UPG dont la durée de vie est prolongée jusqu’en 2030 et le retrait planifié des Mirage-2000-5 après 2035, l’entrée en service du Tejas MkII, prévue pour 2028-29, comblera ce vide sans sacrifier la létalité à distance. « Le MkII n’est pas qu’un simple remplaçant ; c’est une évolution qui transforme la supériorité aérienne en une affaire connectée et à longue portée », souligne une source proche du dossier. Cette nouvelle génération bascule ainsi d’un combat rapproché en dogfight vers des frappes au-delà de l’horizon.
Au cœur des performances du Tejas MkII se trouve son radar AESA GaN, offrant une puissance d’émission, une portée et une résolution nettement supérieures aux systèmes traditionnels à base d’arséniure de gallium (GaAs). Développé par l’Établissement de développement des radars et de l’électronique (LRDE) du DRDO, ce radar détecte des cibles situées à plus de 200 km, facilitant ainsi l’alerte précoce et le contrôle de tir des missiles BVRAAM. Du point de vue avionique, le Tejas MkII est équipé d’ordinateurs de mission à architecture ouverte et de systèmes de fusion de capteurs comparables au Rafale, intégrant données IRST, équipements de guerre électronique et liaisons de données pour une conscience situationnelle à 360 degrés. Les systèmes de guerre électronique, notamment des brouilleurs et leurres indigènes, assurent une protection autonome conforme aux standards français, garantissant la survie de l’appareil dans des environnements denses en missiles sol-air (SAM).
Le système d’armement confère une valeur ajoutée supplémentaire au Tejas MkII : avec 11 points d’emport capables de soutenir jusqu’à 6,5 tonnes de charge utile, il peut embarquer des armes air-sol telles que les missiles BrahMos-NG et les bombes Spice, ainsi que les classiques armes air-air. Cette polyvalence reprend la philosophie multirôle du Rafale dans un appareil plus léger, de 14,5 tonnes à vide, offrant ainsi une meilleure agilité et des coûts de cycle de vie réduits. Si le Rafale est optimisé pour les opérations embarquées, le MkII privilégie une efficacité économique et une puissance adaptée aux menaces continentales.
| Caractéristique | Tejas MkII | Rafale | MiG-29UPG / Mirage-2000-5 |
|---|---|---|---|
| Radar | AESA GaN (portée > 200 km) | RBE2 AESA GaAs (150-200 km) | Zhuk-ME / RD Y (mécanique, < 100 km) |
| Intégration BVRAAM | Astra MkI/II/III (160-340 km) | Meteor / MICA (> 200 km) | R-77 / R-73 (portée limitée) |
| Guerre électronique / Avionique | Fusion indigène, type SPECTRA | Suite Thales SPECTRA | Brouilleurs de base, systèmes anciens |
| Charge utile / points d’emport | 6,5 tonnes / 11 | 9,5 tonnes / 14 | 4-5 tonnes / 7-9 |
| Rôle en espace contesté | Interceptions à distance depuis l’espace aérien national | Pénétration profonde | Limitations radar et portée |
Historiquement, le MiG-29UPG et le Mirage-2000-5 excellaient en combats à vue et missions d’escorte mais peinaient à véritablement exploiter les engagements au-delà de la portée visuelle, limitée par la portée des radars et des missiles. Le Tejas MkII inverse cette tendance grâce à la famille Astra : le MkI avec 110 km, le MkII doté d’un moteur à double impulsion allongeant la portée à 160 km, et le révolutionnaire MkIII « Gandiva » (300-340 km, doté d’un chercheur hypersonique). Associés au radar longue portée du MkII, ces missiles permettent de « traquer » des adversaires furtifs comme le J-10CE pakistanais ou le J-20 chinois depuis l’espace aérien indien, une capacité jusqu’ici inaccessible.
Selon les sources, les essais en conditions réelles du missile Astra MkIII sont prévus pour fin 2025, avec une intégration complète sur Tejas MkII d’ici 2030. Ce calendrier s’inscrit dans le plan de l’Indian Air Force visant à déployer entre 120 et 180 exemplaires répartis sur six escadrons. Cette standardisation permettra non seulement de contrer les acquisitions régionales, mais aussi de rationaliser la logistique en harmonisant les munitions entre Rafale, Su-30MKI et les futures flottes AMCA.