De violents combats se déroulent actuellement à Pokrovsk, secteur responsable d’un tiers des pertes russes. En Russie, un espion présumé au service du renseignement militaire suédois Must/KSI a été arrêté et condamné à 13 ans de travaux forcés pour avoir espionné les livraisons d’armes destinées au conflit en Ukraine. Par ailleurs, un groupe de religieuses biélorusses a infiltré l’Église suédoise pour collecter des fonds soutenant la guerre illégale de la Russie en Ukraine, exploitant la naïveté de certains fidèles suédois.
Les combats s’intensifient à Pokrovsk où le chef d’état-major ukrainien Valeri Syrskiy s’est récemment rendu sur le front. Sur 144 affrontements recensés hier le long de la ligne de front, plus d’un tiers, soit 50 attaques, ont eu lieu dans ce secteur. Selon la cartographie DeepstateMap, plusieurs quartiers résidentiels dans la partie nord de la ville ont été repris par les forces russes, même si des centaines de maisons dans Pokrovsk et dans la ville voisine de Myrnohrad restent disputées. Des retraits ukrainiens pourraient être annoncés prochainement sur ces ruines, mais tant que les Russes acceptent de sacrifier des hommes pour ce type de gains territoriaux, la résistance ukrainienne perdurera.
Les pertes russes d’hier sont lourdes : 1 020 hommes, 170 véhicules de transport, 39 obusiers, un système de lance-roquettes inhabituel, ainsi que deux chars et trois véhicules blindés de combat d’infanterie détruits.
Un espion présumé suédois condamné en Russie a été arrêté et condamné à 13 ans de travaux forcés pour espionnage au profit de Must, le renseignement militaire suédois, selon le média russe Izvestia. Cette personne, citoyen russe disposant d’un permis de séjour en Finlande, aurait recueilli des renseignements « techniques militaires » concernant des systèmes d’armes livrés au conflit ukrainien. Ces informations étaient transmises à l’aide de « boîtes aux lettres clandestines » (dead drops) à des moments précis, selon les techniques classiques d’espionnage, ce qui laisse supposer que la Suède dispose d’agents en Russie capables de récupérer ces données.
Cette affaire n’a fait l’objet d’aucun commentaire officiel en Suède, où Must et KSI restent très discrets sur leurs activités. Il est également précisé que cet espion n’est pas un citoyen suédois, excluant toute prise en charge consulaire. Le recours à des ressortissants locaux comme agents est une pratique courante dans les services de renseignement, permettant d’éviter les conséquences diplomatiques en cas de révélation. Si les accusations russes sont exagérées ou fabriquées, cela reste difficile à confirmer tant le système judiciaire russe est influencé et corrompu, sous contrôle politique.
Des religieuses biélorusses infiltrent l’Église suédoise pour collecter des fonds destinés à soutenir militairement la guerre menée par la Russie en Ukraine, notamment par la vente d’objets artisanaux. L’Église de Suède aurait lancé un avertissement à ses paroisses après cette affaire, pointant les liens étroits entre ces moniales et le renseignement militaire russe GRU. Une presse étrangère, notamment le journal britannique The Telegraph, a couvert cet épisode, soulignant les risques d’exploitation des croyants suédois dans ce contexte.
Un prêtre local a expliqué que si peu de fidèles ont participé à ces achats, la polémique suscitée par le reportage a irrité certains paroissiens. L’Église suédoise a, par ailleurs, affirmé clairement sa position en faveur de l’Ukraine, arborant drapeaux ukrainiens et messages de soutien.
Sur le terrain, l’aide continue à affluer. Central dans les témoignages recueillis, un volontaire suédois nommé Jonas communique régulièrement depuis la ligne de front, notamment dans la ville de Druzjkivka. Il décrit comment des drones FPV (première personne) russes, utilisés pour des reconnaissances rapides, sont détectés à l’aide de capteurs spécifiques. Lors d’une récente mission, un soldat ukrainien a pu intercepter un drone ennemi grâce à une munition anti-drone fournie par Jonas, illustrant la nécessité de ces matériels spécialisés sur le champ de bataille.
Ce bénévole organise des livraisons directes d’équipement – trousses médicales, munitions, véhicules légers – aux unités combattantes sans intermédiaire, via des plateformes sécurisées et transparentes. Ce soutien logistique crucial participe à la solidité du front ukrainien.
Diverses nouvelles liées au conflit et à la situation en Russie sont également à noter :
- Les forces russes tentent d’encercler la ville de Lyman sans succès, les défenses ukrainiennes tenant bon.
- Les revenus russes issus du pétrole et du gaz ont chuté de 46 % en janvier par rapport à l’année précédente, selon Kyiv Independent, impactant significativement le budget russe.
- Des attaques Ukrainiennes ont détruit pour environ 4 milliards de dollars d’équipements russes, principalement des systèmes de défense antiaérienne (S-300, S-350, S-400, Buk, Pantsir).
- Les autorités ukrainiennes modifient les coupures d’électricité planifiées, avec des durées pouvant atteindre 16 heures consécutives sans courant dans certaines régions, face aux attaques russes sur les infrastructures critiques.
- Une nouvelle génération de drone russe, le Geran-5, capable d’atteindre 600 km/h et équipé d’une charge de 90 kg, rend les défenses ukrainiennes plus vulnérables en raison de sa vitesse élevée et de ses caractéristiques techniques.
- La population russe subit une inflation forte ; la hausse des prix atteint 60 à 100 % dans certains secteurs depuis le Nouvel An, entraînant un mécontentement croissant.
Parallèlement, la vie politique américaine reste agitée : Elon Musk a récemment donné 10 millions de dollars à un candidat alternatif du parti républicain, rival d’un élu considéré comme favorable à l’Ukraine, traduisant les enjeux politiques majeurs liés au soutien au conflit ukrainien.
En conclusion, la guerre en Ukraine continue de mobiliser une diversité d’acteurs, sur le front comme dans les domaines du renseignement et de la diplomatie. Les combats à Pokrovsk représentent un point crucial tandis que les opérations clandestines se poursuivent en arrière-plan. La situation économique difficile en Russie, conjuguée à la pression militaire ukrainienne et au contrôle du renseignement, dessine un contexte complexe et en pleine évolution.