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Des saboteurs recrutés par le renseignement militaire russe GRU sont désormais mis en examen en Lituanie et en Pologne pour des attaques planifiées contre plusieurs pays membres de l’OTAN. Par ailleurs, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyj annonce que la Russie prépare une série massive de bombardements terroristes ciblant l’Ukraine. Sur le front de Pokrovsk, des forces russes se rassemblent en vue d’une offensive majeure, selon les autorités militaires ukrainiennes.

Six saboteurs ont été mis en examen en Lituanie pour avoir projeté des attaques contre des pays de l’OTAN sous les ordres du GRU, la principale agence de renseignement militaire russe, tandis que trois autres individus sont activement recherchés. Ces suspects, originaires d’Espagne, de Colombie, de Cuba, de Russie et du Bélarus, encourent jusqu’à 15 ans de prison. Les cibles identifiées se situaient en Roumanie, en Pologne et en République tchèque, incluant des attentats terroristes visant des bus et des cinémas.

En Pologne, cinq personnes sont également poursuivies pour avoir planifié, à la demande du GRU, l’envoi de cocktails Molotov vers plusieurs pays, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et la Lituanie. Une sixième personne est en fuite.

Cette situation traduit clairement la perception par la Russie d’être en guerre contre l’OTAN, via le recours à des réseaux de sabotage. Elle soulève aussi des interrogations sur ce qui passe inaperçu et sur le niveau réel des perturbations d’infrastructures imputables au GRU parmi les démocraties occidentales.

Dans son allocution du soir, le président Zelenskyj a alerté sur de nouvelles attaques terroristes massives que prépare la Russie contre l’Ukraine. Il a déclaré :

« Des missions spécifiques ont été confiées aujourd’hui aux unités de défense aérienne et aux forces armées. Nos renseignements indiquent que la Russie prépare de nouvelles attaques massives. Nous parlons ouvertement à nos partenaires – notamment au sujet des missiles de défense aérienne et des systèmes dont nous avons cruellement besoin. Les approvisionnements restent insuffisants. Nous nous efforçons d’accélérer les livraisons, et il est crucial que nos partenaires entendent cet appel. Beaucoup est fait au niveau du ministère ukrainien de la Défense. Mais restez attentifs aux alertes d’alerte aérienne. Aidez ceux qui vous entourent, les personnes isolées, celles qui ont besoin d’appui. Le ministère de l’Intérieur étend le nombre de Points d’Invincibilité. Le gouvernement travaille avec les entreprises énergétiques et nos partenaires pour sécuriser plus d’équipements et de réserves. Mais l’essentiel est que le monde ne demeure pas silencieux face à cela. Les guerres ne se terminent pas sans pression. Et c’est précisément parce que la pression est insuffisante que les Russes agissent ainsi. »

Sur le terrain, la Russie tente de mobiliser des forces pour une offensive majeure visant Pokrovsk et Myrnohrad, avec pour objectif de couper les lignes logistiques ukrainiennes et d’infiltrer Myrnohrad, rapporte Ukrinform. Les fortes pertes russes récentes pourraient être liées à ces préparatifs et aux frappes préventives ukrainiennes contre leurs concentrations de troupes.

Sur les 164 attaques terrestres russes recensées hier, 49 se sont concentrées sur le front de Pokrovsk. Les autres zones très sollicitées sont Huljaipole, avec 31 assauts, et Kostiantynivka, proche de Pokrovsk, comptant 18 attaques terrestres. Ces secteurs représentent ainsi la majorité des tentatives d’offensive russes.

À noter toutefois que la plateforme DeepstateMap n’a pas actualisé la situation sur Pokrovsk et Myrnohrad depuis une semaine, ce qui pourrait indiquer soit un échec des forces russes, soit des manœuvres ukrainiennes (contre-offensives ou retraites organisées) destinées à masquer la réalité du terrain et à maintenir un avantage informationnel.

Les pertes russes se sont toutefois légèrement stabilisées hier, selon le rapport matinal du général ukrainien, avec 1 130 pertes humaines, 115 véhicules de transport détruits, 31 obusiers, un système d’artillerie à salves inhabituel, un système de défense antiaérienne lourd détruit, ainsi que trois chars et six véhicules blindés de combat d’infanterie.

Par ailleurs, les forces russes regroupent des réserves près de Siversk, avec pour objectif d’occuper Dronivka, selon la 7e armée ukrainienne :

« La situation dans la zone de Dronivka sur le front de Sloviansk se détériore chaque jour. Pour s’emparer de cette localité, la Russie amasse continuellement des réserves près de Siversk et déploie des zones de regroupement dans la forêt de Serebrianskyi. »

Selon ce rapport, Dronivka serait en fait toujours entre les mains ukrainiennes, les Russes pouvant utiliser des manœuvres de propagande consistant à déployer des drapeaux sur des zones non contrôlées pour simuler des gains territoriaux.

Parmi les opérations ukrainiennes, plusieurs vidéos montrent des drones FPV détruisant des véhicules ennemis en forêt autour de Lyman, démontrant l’efficacité des drones même dans des zones boisées. Ces images contestent l’idée reçue selon laquelle les conflits dans des environnements forestiers limiteraient l’usage des drones.

La défense antiaérienne russe autour de la péninsule de Crimée présente également des failles, comme l’a révélé la destruction d’un radar de reconnaissance et la neutralisation d’un système de défense proche SA-22 Greyhound, qui a même été incapable de se protéger lui-même. Ces incidents interrogent sur l’efficacité réelle des dispositifs protégeant les installations du Kremlin dans cette région.

Du côté ukrainien, de nouveaux équipements et structures défensives voient le jour, tels que des positions protégées pour le canon automoteur 15,5 cm Bohdana, conçues pour des tirs d’artillerie indirects efficaces sans exposition excessive.

Des innovations dans la défense antiaérienne sont également à signaler, avec par exemple le système britannique Raven, qui réutilise des missiles soviétiques pour abattre des drones et des véhicules aériens, avec déjà plus de 100 cibles neutralisées.

Sur le plan énergétique, alors que les centrales nucléaires continuent d’assurer la majeure partie de l’approvisionnement en électricité de l’Ukraine, l’ennemi envisage désormais de frapper les postes électriques alimentant ces installations afin de provoquer des coupures générales et forcer des arrêts d’urgence contrôlés. La reconnaissance russe cible dix infrastructures critiques dans neuf régions ukrainiennes, selon le renseignement militaire ukrainien.

Enfin, sur le plan civil et social, la résilience s’exprime aussi dans la solidarité : des restaurateurs ukrainiens à Stockholm relancent leur service pour faire découvrir la cuisine nationale, tandis que diverses opérations de soutien financier et matériel sont organisées en faveur des réfugiés ukrainiens victimes du conflit.

La situation reste très dynamique sur tous les fronts, avec une intensification de la guerre hybride menée par la Russie, mêlant offensives militaires classiques, actions de sabotage sur le territoire allié, et attaques terroristes. L’ampleur et la multiplicité des menaces souligent l’importance de maintenir un haut niveau de vigilance et de coordination parmi les alliés occidentaux.