Dans une région encore marquée par les répercussions de l’opération Sindoor — les frappes audacieuses de l’Inde en mai contre des camps terroristes au Pakistan qui ont redéfini la dissuasion en Asie du Sud — l’encre vient à peine de sécher sur un nouveau pacte de défense mutuelle entre l’Arabie Saoudite et le Pakistan. Signé le 17 septembre à Riyad dans une atmosphère diplomatique intense, cet accord stipule que toute agression contre l’un des signataires sera considérée comme une attaque contre les deux, rappelant ainsi l’article 5 de l’OTAN par sa rhétorique affirmée.
Pour Islamabad, c’est un coup de maître : renforcer ses alliances avec des puissances majeures comme la Chine et la Turquie, tout en ouvrant potentiellement une ombrelle nucléaire sur le royaume du Golfe. Toutefois, alors que les tensions restent vives le long de la Ligne de Contrôle, une voix s’élève pour relativiser cet accord — celle de Michael Kugelman, expert reconnu de l’Asie du Sud et analyste pour le South Asia Brief de Foreign Policy, qui écarte tout effet dissuasif du pacte vis-à-vis de New Delhi. « Cet accord ne dissuadera pas l’Inde d’attaquer le Pakistan », affirme-t-il sur X, soulignant une réalité crue : les engagements de Riyad peuvent réchauffer les esprits à Rawalpindi, mais ils n’affecteront pas la stratégie indienne.
Le lien entre l’Arabie Saoudite et le Pakistan n’est pas nouveau. Depuis des décennies, c’est un mariage de convenance — les troupes aguerries du Pakistan protégeant les sites sacrés de La Mecque, tandis que les pétrodollars saoudiens soutiennent les finances pakistanaises via prêts, subventions et investissements. Mais la formalisation de l’Accord stratégique de défense mutuelle (SMDA) représente un tournant, dicté par la nécessité dans un contexte régional instable.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif s’est rendu à Riyad la semaine dernière pour finaliser le pacte avec le prince héritier Mohammed ben Salmane. Le communiqué conjoint est sans ambiguïté : « Cet accord… vise à développer la coopération en matière de défense entre les deux pays et à renforcer la dissuasion commune contre toute agression. » Selon des sources, il ouvre la porte à une intégration militaire plus approfondie, incluant l’éventuelle extension du parapluie nucléaire pakistanais pour protéger les intérêts saoudiens — même si Islamabad reste évasif sur les détails. Le calendrier est significatif. Il intervient après un sommet à Doha réunissant 40 nations islamiques dénonçant la récente frappe israélienne contre des leaders du Hamas au Qatar, signalant la volonté de Riyad de compenser une fiabilité américaine incertaine et les influences iraniennes.
Pour le Pakistan, toujours marqué par l’humiliation de l’opération Sindoor — où les systèmes anti-missiles indiens S-400 ont détruit drones et missiles entrants et les frappes BrahMos ont neutralisé des bases terroristes — ce pacte constitue une bouée de sauvetage. Il officialise ce qui était jadis un soutien tacite : l’appui saoudien en cas de situation extrême. Pourtant, comme le souligne Kugelman, la géographie complique les choses. « Le Pakistan ne signe pas seulement un nouveau pacte de défense mutuelle, il le fait avec un allié proche qui est aussi un partenaire majeur de l’Inde. » L’Arabie Saoudite, troisième partenaire commercial de l’Inde avec 52 milliards de dollars d’échanges bilatéraux l’an dernier, n’est pas prête à brûler ce pont pour un différend frontalier au Cachemire.
Michael Kugelman, directeur adjoint du programme Asie au Wilson Center et analyste des dynamiques sud-asiatiques depuis plus de vingt ans, détaille dans ses analyses pour Foreign Policy l’importance stratégique du sous-continent. Le jeudi suivant la signature, il a diffusé une série de messages sur X, largement relayés dans les cercles stratégiques, affirmant que bien que ce pacte renforce la liste des alliés du Pakistan — désormais soutenu par « trois puissances clés : la Chine, la Turquie et maintenant l’Arabie Saoudite » — il ne fera pas reculer l’Inde.
« Pourquoi ? La doctrine indienne post-Sindoor est claire : le terrorisme transfrontalier appelle à une riposte rapide et décisive, sabres nucléaires ou pas, » explique Kugelman lors d’une interview accordée à NewsX. L’opération Sindoor, lancée le 7 mai en réponse au massacre de Pahalgam ayant fait 26 victimes, l’a démontré nettement — des frappes précises au cœur du Pakistan occupé, avec une montée des tensions maîtrisée grâce à la supériorité indienne en matière de satellites et d’armes hypersoniques.
La stratégie de New Delhi privilégie ainsi des réponses ciblées plutôt qu’un conflit ouvert, rendant les pactes lointains obsolètes. Comme le résume Kugelman : « Une implication saoudienne dans un incident Inde-Pakistan ? Peu probable. Les priorités de Riyad — Vision 2030, sécurité énergétique et équilibre des relations avec Delhi — priment sur les serments fraternels. »
Dans le même esprit, l’expert stratégique Brahma Chellaney a qualifié le duo d’« axe des soutiens au terrorisme », tout en reconnaissant l’asymétrie du pacte : si le Pakistan pourrait envisager une posture nucléaire pour défendre l’Arabie Saoudite, l’inverse est hors de question.
Le ministère indien des Affaires étrangères a adopté un ton mesuré : « Nous allons examiner les implications pour notre sécurité nationale, » a déclaré le porte-parole Randhir Jaiswal, soulignant la volonté de protéger une « sécurité nationale globale sur tous les fronts ». Pas de panique, mais une vigilance accrue — d’autant que les relations commerciales saoudo-indiennes sont en plein essor, Riyad considérant New Delhi comme un contrepoids face à l’influence grandissante de Pékin sur Islamabad via l’initiative Belt and Road.
Du côté pakistanais, ce pacte est salué comme une « victoire diplomatique majeure », un rempart contre « l’agression indienne ». Cependant, selon des voix comme @SushantSin sur X, la véritable intention saoudienne serait autre : accéder au nucléaire pakistanais dans un contexte de tensions dans le Golfe, plutôt que d’offrir un blanc-seing pour les différends au Cachemire. Pour l’Inde, cela rappelle l’importance de diversifier ses capacités de dissuasion — en renforçant les liens au sein du QUAD, en accélérant le développement d’armes hypersoniques indigènes, et en nouant des alliances avec des puissances modérées du Golfe comme les Émirats Arabes Unis.