Le Royaume-Uni, engagé dans une vaste modernisation de ses forces armées, fait face à un calendrier serré concernant le retrait de nombreuses plateformes clés dans la prochaine décennie.
Ce défi est particulièrement aigu dans les domaines terrestre et naval, où l’Armée de terre et la Royal Navy sont confrontées à des inventaires dégradés et à des capacités devenues obsolètes.
En examinant les secteurs terrestres, maritimes et aériens, cette analyse détaille les dates prévues de retrait des équipements majeurs des forces armées britanniques ainsi que leurs programmes de remplacement. La liste n’est pas exhaustive mais met en lumière des domaines spécifiques de force et de faiblesse.
Armée de terre : plateformes sélectionnées
L’Armée de terre britannique se trouve actuellement dans son état le plus faible depuis plusieurs générations. Plusieurs programmes importants de renouvellement sont en cours, bien que les retards aient généré une certaine confusion dans l’industrie et conduit à la perte complète de certaines capacités.
Parmi les remplacements, le nouveau Véhicule d’Infanterie Mécanisé (MIV) Boxer est progressivement intégré au sein de l’armée. En novembre 2019, 523 véhicules Boxer ont été commandés en quatre configurations couvrant onze fonctions différentes, et un contrat supplémentaire portant sur 100 unités a été signé en avril 2022.
Cependant, sur le plan quantitatif, les 623 véhicules Boxer prévus ne compenseront pas les plus de 1500 équipements que l’armée britannique retirera d’ici la fin de la décennie.
Des déficits notables subsistent notamment en matière d’artillerie longue portée de 155 mm : seuls 14 systèmes Archer acquis en Suède sont disponibles, et ce jusqu’au moins 2029 voire au-delà. Par ailleurs, les faibles stocks de munitions, accentués par des dons à l’Ukraine, et le manque de matériel de réserve aggravent cette vulnérabilité.
Royal Navy : plateformes sélectionnées
Dans un état préoccupant, la Royal Navy ne dispose que de peu de navires de combat majeurs en service, ce qui restreint significativement sa capacité à mener efficacement des opérations d’assaut amphibie. Parmi les marines disposant de porte-avions, elle est la plus lourde en tonnage, avec les deux navires de la classe Queen Elizabeth représentant la plus grande part du tonnage naval de surface au sein de l’OTAN.
Une inquiétude majeure porte sur la disparition progressive des capacités de contre-mesures de mines (MCM) très réputées de la Royal Navy, qui sont désormais transférées vers des plateformes sans équipage. Ces systèmes risquent d’être vulnérables dans des environnements hostiles tels que le détroit d’Ormuz, où les dragueurs de mines britanniques étaient auparavant très appréciés par la marine américaine.
Les nouvelles plateformes, notamment les frégates de type 31 et type 26, sont prometteuses, mais leur arrivée ne sera pas assez rapide pour empêcher une diminution supplémentaire de la flotte de surface.
Royal Air Force : plateformes sélectionnées
Contrairement aux armées de terre et navale, la Royal Air Force (RAF) est engagée dans un processus de renouvellement actif, ayant déjà intégré de nouveaux chasseurs, avions de patrouille maritime, transporteurs stratégiques et plateformes de guerre électronique.
Le gouvernement britannique s’est récemment engagé à remplacer une prochaine tranche de chasseurs F-35B à décollage et atterrissage verticaux par 12 chasseurs F-35A conventionnels, un choix perçu comme une victoire pour la RAF dans son acquisition de la version non navale de cet avion.
À plus long terme, le renouvellement des avions de formation à réaction sera nécessaire, et une préoccupation existe sur le nombre relativement limité de chasseurs dans la flotte – avec environ 107 Typhoon Tranche 2 et 3 après 2027 et 48 F-35 attendus pour 2026. Globalement, cependant, la RAF est en bonne santé.
Un manque important de capacités subsiste en matière d’avions d’alerte avancée aéroportés depuis le retrait de la flotte Nimrod, mais le Royaume-Uni est proche de mettre en service le premier des trois avions E-7 Wedgetail, prévu pour 2026.
Richard Thomas