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New York, 25 septembre 2025. Alors que la semaine de haut niveau touche à sa fin, les dirigeants mondiaux se rassembleront pour rappeler les graves dangers que représentent les armes nucléaires et encourager un renouveau des efforts internationaux en faveur de leur élimination.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que se dessinait l’idée des Nations unies, les bombardements atomiques de deux villes japonaises ont laissé une alerte glaçante sur la puissance destructrice terrifiante des armes nucléaires.

Huit décennies plus tard, dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de conflits persistants, la menace nucléaire est en hausse.

Un niveau de menace sans précédent depuis des décennies

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, célébrée chaque année le 26 septembre, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, rappelle que « les armes nucléaires n’apportent aucune sécurité – seulement la promesse de l’anéantissement ».

Le désarmement nucléaire est une priorité majeure pour l’ONU depuis sa création. La toute première résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en 1946 portait justement sur le désarmement nucléaire.

Dans les décennies suivantes, l’ONU a constamment mené des efforts diplomatiques dans ce sens. En 1959, l’Assemblée générale a officiellement soutenu l’objectif d’un désarmement général et complet.

En 1978, la première session spéciale de l’Assemblée générale consacrée au désarmement a déclaré que le désarmement nucléaire constituait la priorité la plus élevée.

Tous les secrétaires généraux se sont activement engagés sur cet objectif. António Guterres, en poste actuellement, a averti à plusieurs reprises ces dernières années que « les tensions géopolitiques et la méfiance ont fait monter le risque d’une guerre nucléaire à son plus haut niveau depuis des décennies ».

« Ces armes gagnent en puissance, en portée et en furtivité. Un lancement accidentel n’est qu’une erreur, une mauvaise évaluation, un acte irréfléchi de trop », a-t-il alerté devant le Conseil de sécurité l’année dernière.

Les enjeux majeurs

Si les armes nucléaires n’ont été utilisées que deux fois dans l’histoire, leur menace plane toujours sur l’humanité. Plus de 12 000 têtes nucléaires existent aujourd’hui à travers le monde, capables de détruire des villes entières, de causer des pertes massives en vies humaines, de dévaster l’environnement et compromettre l’avenir des générations futures.

Plus de la moitié de la population mondiale vit dans des pays détenteurs d’armes nucléaires ou engagés dans des alliances nucléaires. Les inquiétudes liées à une possible utilisation de ces armes se sont intensifiées avec l’apparition de conflits, notamment la guerre en Ukraine.

De nombreux États dotés nucléaires planifient également la modernisation de leurs arsenaux. L’intégration de technologies avancées, notamment l’intelligence artificielle, accroît les risques d’erreurs de jugement et de malentendus, rendant la menace encore plus complexe et imprévisible.

Une course aux armements nucléaires relancée

Plusieurs traités multilatéraux et initiatives ont été mis en place au fil des décennies pour limiter, réglementer ou éliminer les armes nucléaires, contribuant en partie à freiner la prolifération et avancer vers le désarmement.

Pourtant, l’instabilité mondiale croissante et les conflits violents exercent une pression accrue sur ces mécanismes, fragilisant les cadres existants et risquant de déclencher une nouvelle course aux armements nucléaires.

En 2019, les États-Unis ont annoncé leur retrait du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), visant l’élimination d’une catégorie spécifique de missiles nucléaires. En 2022, une importante conférence de révision n’a pas réussi à parvenir à un consensus sur le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

En 2023, la Russie a retiré sa ratification du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) et suspendu sa participation au traité New START sur la réduction et la limitation des armements stratégiques offensifs.

Ces évolutions ont renforcé la frustration face au lent progrès du désarmement et accru l’inquiétude quant au potentiel catastrophique d’une seule explosion nucléaire : depuis la fin de la Guerre froide, le nombre d’armes nucléaires déployées a certes diminué, mais aucune tête nucléaire n’a encore été éliminée à la suite d’un traité. Par ailleurs, aucun processus de négociations actives dédiées au désarmement nucléaire ne progresse actuellement.

Vers une relance des efforts d’élimination

Pour marquer la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires cette année, une réunion de haut niveau se tient vendredi 26 septembre, dans le cadre de la clôture de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale.

Cette initiative, instaurée par une résolution adoptée en 2013, vise à sensibiliser l’opinion publique, encourager le dialogue mondial sur le désarmement, mettre en lumière les avantages d’un monde sans armes nucléaires et souligner les coûts liés à leur maintien.

Cette réunion devrait mobiliser un soutien international en faveur d’un monde exempt d’armes nucléaires et réaffirmer l’engagement pour le désarmement et la non-prolifération, à l’aube du 80e anniversaire de l’ONU.

Les objectifs clés de cette réunion de haut niveau :

  • Inciter les États dotés d’armes nucléaires à reprendre le dialogue afin de renforcer la transparence et la confiance mutuelle,
  • Encourager un moratoire volontaire sur les essais nucléaires,
  • Appeler à des engagements contraignants en matière de désarmement ainsi qu’à des mécanismes d’obligation de rendre compte,
  • Promouvoir des déclarations de non-recours en premier à l’arme nucléaire de la part des puissances nucléaires,
  • Exhorter les deux principales puissances nucléaires, les États-Unis et la Fédération de Russie, à montrer l’exemple en reprenant le respect des traités de désarmement.