La grande raffinerie russe d’Afipski, située dans le kraï de Krasnodar, a été bombardée cette nuit. Par ailleurs, les pertes russes ont été lourdes lors des combats d’hier.
Selon le Kyiv Independent, l’importante raffinerie d’Afipski, capable de traiter neuf millions de tonnes de pétrole par an, a subi une attaque aérienne durant la nuit, une information confirmée par les autorités russes qui minimisent toutefois les dégâts, attribuant l’incident à des débris de drones sans dégâts significatifs.
Les forces russes ont en revanche subi un sérieux revers hier avec la perte de 940 soldats selon le bilan matinal du quartier général général ukrainien. Les pertes matérielles sont également importantes avec la destruction de 82 véhicules de transport, 14 obusiers et au moins deux chars. Bien que la situation ait semblé plus calme, les combats restent très intenses, nettement au-dessus de la moyenne depuis le début de l’invasion à grande échelle.
Du côté des opérations militaires, un film récent de la 155e brigade mécanisée montre un char Leopard 2A4 ukrainien détruisant un bâtiment dans lequel des forces russes s’étaient infiltrées sur le front de Pokrovsk. L’absence apparente de systèmes antichars efficaces chez les Russes aurait conduit à une défaite rapide face à l’engin blindé lourd équipé de munitions explosifs de 120 mm.
Par ailleurs, la Russie a annoncé un embargo sur l’exportation de carburants raffinés jusqu’à la fin de l’année, conséquence directe des campagnes de bombardement ukrainiennes ciblant son industrie pétrolière. Ce manque à gagner affecte gravement les recettes nécessaires au financement du conflit.
Des analyses indiquent également que l’armée russe commencerait à manquer de missiles pour la défense aérienne, certains spécialistes affectés à ces systèmes anciens, tels que les Buk soviétiques, étant réaffectés comme fantassins. On évoque même un ratio critique, avec seulement une à deux ogives antiaériennes disponibles par six véhicules lance-missiles au sein de certaines unités.
« Des spécialistes professionnels de la défense aérienne se retrouvent maintenant dans l’infanterie, non pas des déserteurs ou alcooliques, mais des soldats expérimentés qui doivent servir autrement », explique le correspondant militaire russe Maxim Kalachnikov.
Ces pénuries ouvrent la voie à une intensification des frappes d’artillerie et de drones ukrainiens, et potentiellement à l’apparition prochaine d’attaques aériennes ciblant des positions plus en profondeur derrière les lignes russes, notamment via l’emploi de bombes à guidage de précision larguées par des appareils ukrainiens dans des secteurs frontaux plus restreints. Cependant, pour l’instant, les drones armés semblent encore suffire pour maintenir la pression.
En résumé, les frappes ukrainiennes sur les infrastructures pétrolières russes réduisent significativement la capacité de guerre de Moscou en plus d’occasionner des pertes humaines et matérielles importantes sur le terrain. Cette dynamique pourrait influencer le déroulement et la nature des opérations les prochains mois en Ukraine.