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Le groupe terroriste Harkat-ul-Jihadi-Islami (HUJI), dont la base opérationnelle se situe au Bangladesh, reprend ses activités à un rythme rapide, bénéficiant du soutien d’un régime favorable dans le pays, selon des informations des services de sécurité indiens. Durant le mandat de Sheikh Hasina, l’organisation était largement contenue. Mais depuis son départ, le HUJI a ravivé ses opérations et tente désormais d’établir des cellules le long de la frontière indienne.

À l’origine, le HUJI est né au Pakistan avec pour objectif principal la région de Jammu-et-Cachemire. Il devait opérer aux côtés du Lashkar-e-Taiba pour y mener des actions terroristes. Toutefois, avec l’émergence du Jaish-e-Mohammad comme acteur majeur dans la région, l’ISI a progressivement redéployé les activités du HUJI vers le Bangladesh, visant cette fois-ci le Bengale occidental et les États du nord-est de l’Inde.

Durant plusieurs années, le HUJI avait réussi à implanter plusieurs cellules dans le nord-est indien et au Bengale occidental, mais ces dernières années, son activité s’était largement réduite, grâce à un renforcement sécuritaire et à une surveillance accrue des agences indiennes.

La fermeté du gouvernement Hasina avait également limité les actions du groupe. Cependant, depuis que Muhammad Yunus, soutenu par le Jamaat-e-Islami, a pris la tête d’un gouvernement intérimaire, plusieurs groupes radicaux, dont le HUJI, ont retrouvé une activité intense.

Par ailleurs, la signature d’accords entre Yunus et le Pakistan a facilité l’accès de l’ISI au territoire bangladais. Des sources du Bureau du Renseignement indien rapportent qu’au cours des trois derniers mois, au moins six rencontres ont eu lieu entre les dirigeants de l’ISI et ceux du HUJI. Ces réunions visaient à relancer les opérations et à créer davantage de cellules proches de la frontière indienne.

Le Jamaat a également offert des garanties de sécurité au HUJI pour l’implantation de ses cellules, permettant un flux libre d’armes, de munitions et de financements.

Un autre facteur majeur dans la montée en puissance du HUJI est la libération d’Abdus Salam Pintu, ancien ministre adjoint et membre du Bangladesh Nationalist Party (BNP). Accusé de financer le terrorisme depuis le Pakistan occupé du Cachemire (PoK) et d’avoir aidé le HUJI à mener des attaques contre l’Inde, il avait été condamné à mort en 2008 pour une tentative d’attentat à la grenade contre Sheikh Hasina en 2004. Libéré en décembre 2024 après 17 ans de prison, sa remise en liberté est perçue comme un sérieux revers pour la sécurité régionale.

Pintu avait joué un rôle clé dans l’approvisionnement en armes, le recrutement et la formation des militants du HUJI dans des camps situés au PoK. Il était aussi accusé d’avoir formé des étudiants de madrassa du HUJI à l’utilisation d’armes à feu et d’explosifs.

Avec un gouvernement désormais plus accommodant et la remise en liberté de Pintu, les autorités indiennes craignent qu’il ne reprenne pleinement ses activités terroristes au sein du HUJI. Connaissant parfaitement l’organisation, il pourrait être réemployé par l’ISI pour orchestrer des actions similaires à celles d’avant son arrestation.

Mais Pintu n’est pas l’unique personnalité controversée libérée par le gouvernement de Yunus après la chute de Sheikh Hasina. En septembre 2024, le terroriste Sheikh Aslam, membre du groupe terroriste interdit Ansarullah Bangla Team (ABT), a également été relâché.

La décision la plus lourde de conséquences fut la levée de l’interdiction du Jamaat-e-Islami, un groupe radical considéré comme très dangereux. Ce soutien direct au Jamaat facilite l’essor de groupes terroristes comme le HUJI au Bangladesh. La collaboration effective entre ce dernier et l’ISI constitue un défi majeur pour la sécurité indienne.