Le chef du gouvernement Omar Abdullah dénonce la montée des violences à Leh, au Ladakh, et exprime la colère ressentie face à la non-reconnaissance du statut d’État. Les récents affrontements ont causé la mort de quatre personnes et fait plusieurs dizaines de blessés, illustrant une profonde frustration locale.
Omar Abdullah, ancien chef ministériel du Jammu-et-Cachemire, a déclaré mercredi que la situation à Leh devrait servir de signal d’alerte concernant le sentiment d’abandon ressenti par les habitants du Jammu-et-Cachemire, où le statut d’État reste non rétabli, contrairement au Ladakh.
Les événements violents qui ont éclaté dans la ville de Leh, capitale du Ladakh, ont tourné à l’émeute avec des incendies et des affrontements de rue, provoquant la mort de quatre personnes et au moins 45 blessés, dont 22 membres des forces de l’ordre.
« Le Ladakh n’a même pas obtenu la promesse d’un statut d’État, ils ont célébré leur transformation en territoire autonome en 2019 et pourtant ils se sentent trahis et en colère », a écrit Omar Abdullah sur son compte X (ex-Twitter).
« Imaginez alors quel profond sentiment de trahison et de déception nous, au Jammu-et-Cachemire, pouvons ressentir, alors que la promesse du retour à un statut d’État pour notre région reste non tenue, malgré notre revendication démocratique, pacifique et responsable », a-t-il ajouté.
De son côté, Mehbooba Mufti, ancienne chef ministérielle et présidente du Parti Démocratique du Peuple (PDP), a souligné que la situation à Ladakh souligne la nécessité pour le gouvernement central d’aller au-delà de la simple gestion des crises au jour le jour et de s’attaquer aux causes profondes des tensions.
« Il est temps que le gouvernement indien réalise une évaluation sincère et approfondie des véritables changements intervenus depuis 2019. Cette vidéo ne vient pas de la vallée du Cachemire, souvent considérée comme l’épicentre des troubles, mais du cœur même du Ladakh, où des manifestants en colère ont incendié des véhicules de police et un bureau du BJP », a-t-elle expliqué dans un message publié sur X.
La dirigeante du PDP a rappelé que Leh, connue jusqu’ici pour ses manifestations pacifiques et mesurées, voit désormais un basculement inquiétant vers des protestations violentes.
« Les habitants semblent avoir perdu patience, se sentir trahis, en insécurité et abandonnés par des promesses non tenues. Il est urgent que le gouvernement dépasse la simple gestion des crises au jour le jour et réponde avec transparence aux causes profondes de ce mécontentement »,
a-t-elle conclu.