Paul Sweeney, député du Scottish Labour, appelle à une stratégie à long terme pour pérenniser la construction navale en Écosse.
Paul Sweeney insiste sur la nécessité d’élaborer une stratégie durable pour soutenir l’industrie navale écossaise, afin d’éviter les cycles de « fête et famine » qui ont historiquement affecté ce secteur.
Il prévoit d’aborder ce sujet lors d’un débat prochain au Parlement écossais consacré au programme des frégates Type 26.
« J’ai une motion à débattre à Holyrood sur le programme Type 26 et ses perspectives pour l’Écosse, avec un appel à la mise en place d’une stratégie spécifique pour la construction navale écossaise, » a-t-il expliqué.
Sweeney souligne la solidité exceptionnelle du carnet de commandes actuel. « Nous disposons d’un pipeline de commandes sans précédent, avec la plus importante commande d’exportation jamais réalisée au Royaume-Uni en termes de valeur, ainsi que des contrats de maintenance à long terme. Cela représente une valeur énorme pour le pays : c’est le plus grand programme mondial de construction de navires de surface navale, hors États-Unis et Chine. Ce programme s’inscrit dans une dynamique plus large comprenant le Canada et l’Australie, ainsi que d’autres partenaires potentiels de l’OTAN. Par ailleurs, reste le volet Type 31 à Rosyth avec des possibilités d’exportation supplémentaires. »
Pour Paul Sweeney, le défi consiste à transformer cet élan actuel en une base durable. « Comment maximiser notre héritage à long terme, afin que cela ne reste pas un épisode ponctuel de 15 ans suivi d’une nouvelle période de décroissance ? »
Il évoque les besoins futurs, notamment le remplacement des destroyers Type 45 et le développement de navires de commandement ainsi que de navires de soutien sans équipage, comme des opportunités pour garantir la continuité. « Nous devons vraiment chercher à maintenir autant que possible une certaine uniformité dans les conceptions, afin de bénéficier des courbes d’apprentissage liées à la production et de faciliter la construction. Cette approche me semble essentielle pour la construction navale. »
Le maintien des compétences reste un enjeu central. « Les effectifs sont composés majoritairement de personnes dans la quarantaine ou la cinquantaine, et d’une autre partie dans la vingtaine, mais l’intervalle est assez étroit, » souligne-t-il. « Il y a toujours une forte dépendance à une main-d’œuvre temporaire et étrangère qualifiée. Comment allons-nous former davantage de personnes ? Pourrions-nous envisager une approche similaire à celle des industries nucléaires, avec un programme sectoriel commun dédié aux jeunes en début de carrière ? »
Paul Sweeney évoque aussi la perspective d’une restructuration industrielle. « À plus long terme, il faudrait envisager de constituer un grand groupe de construction navale capable de concurrencer efficacement, en élargissant son activité au-delà de la marine militaire et en imposant une position sur le marché de la construction navale commerciale. »
Il rappelle enfin que le Royaume-Uni doit surmonter des désavantages structurels dans les marchés commerciaux. « D’autres pays disposent de banques publiques d’investissement et de dispositifs fiscaux tels que le leasing, qui renforcent la compétitivité de leurs chantiers. Sans ces outils, il sera très difficile de saisir des opportunités dans des secteurs comme les navires de soutien pour l’éolien offshore en mer du Nord. »