À New York, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a réaffirmé son soutien prononcé à la réforme du Conseil de sécurité pour mieux refléter la réalité mondiale de 2025, mettant en avant l’Inde comme une voix majeure du système onusien, a déclaré le porte-parole Stéphane Dujarric.
Intervenant en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, Stéphane Dujarric a souligné le rôle central joué par l’Inde au sein de l’organisation internationale et a insisté sur la nécessité d’une réforme institutionnelle afin d’améliorer l’efficacité et la représentativité des instances onusiennes. Il a rappelé que les décisions concernant la composition des membres permanents du Conseil de sécurité seraient du ressort des États membres.
« Le Secrétaire général soutient fermement la réforme du Conseil de sécurité pour qu’il soit plus représentatif du monde de 2025, et non plus de celui de 1945. Les pays qui siègeront dans ce Conseil rénové, ainsi que ceux qui y auront un siège permanent, seront décidés par les États membres », a précisé Dujarric.
Il a décrit cette réforme comme un enjeu majeur de l’année, visant à rendre l’ONU « plus agile, plus efficace, et davantage représentative du monde actuel ». Il a également salué l’Inde comme « une composante très importante du système onusien » et « un ardent défenseur du multilatéralisme », en soulignant la forte présence indienne au sein de l’organisation.
Dans ce contexte, le ministre indien des Affaires étrangères, S. Jaishankar, avait réaffirmé l’an dernier devant le Rajya Sabha que l’obtention d’un siège permanent au Conseil de sécurité reste une priorité absolue pour New Delhi. « L’Inde est convaincue de remplir toutes les conditions requises pour être un membre permanent d’un Conseil de sécurité réformé et élargi qui reflète les réalités mondiales contemporaines », avait-il déclaré.
Sur la question du protectionnisme croissant à l’échelle mondiale, Stéphane Dujarric a exprimé ses inquiétudes face aux barrières commerciales et aux droits de douane, rappelant que « dans une guerre commerciale, il n’y a pas de gagnants » et soulignant les conséquences négatives de ces tensions sur la stabilité économique et le développement, y compris pour des pays comme l’Inde.
Les travaux de l’Assemblée générale cette année sont placés sous le signe d’évènements majeurs, notamment le 80e anniversaire des Nations unies, le Sommet pour l’ambition climatique et la commémoration des 30 ans de la Déclaration de Pékin sur les droits des femmes.
Le Secrétaire général Antonio Guterres a ainsi réaffirmé l’importance de la réforme institutionnelle, soulignant que le Conseil de sécurité doit évoluer pour mieux correspondre aux enjeux actuels. Stéphane Dujarric a rappelé que ces réformes visent à rendre l’ONU plus efficace, représentative et adaptée aux défis du monde en 2025, et non plus limitée aux structures héritées de 1945.
Il a insisté sur le rôle clé de l’Inde dans le système multilatéral, saluant son engagement constant en faveur du multilatéralisme, sa contribution active dans les différentes plateformes de l’ONU, ainsi que ses relations étroites avec le Secrétaire général.
Le porte-parole a également mis en lumière la place importante qu’occupe l’Inde dans l’organisation, aussi bien par la voix qu’elle porte que par le nombre important de professionnels indiens au sein des instances onusiennes.
Cette reconnaissance s’inscrit dans le cadre de la longue démarche diplomatique menée par l’Inde pour obtenir un siège permanent dans un Conseil de sécurité élargi. Le ministre S. Jaishankar a renouvelé devant le Parlement indien la « plus haute priorité » accordée à cet objectif.
New Delhi justifie sa demande par sa taille démographique, son poids économique mondial, ses contributions aux opérations de maintien de la paix, ses institutions démocratiques robustes, ainsi que son rôle de leadership dans la coopération Sud-Sud, des atouts essentiels selon elle pour siéger en qualité de membre permanent.
Au-delà de la réforme du Conseil, Stéphane Dujarric a évoqué les préoccupations croissantes concernant l’agenda économique de l’ONU, alertant sur les perturbations engendrées par la multiplication des mesures tarifaires et des barrières commerciales protectionnistes adoptées par certaines grandes puissances, qui, selon lui, nuisent à des pays comme l’Inde et compromettent le développement et la stabilité économiques à l’échelle mondiale.
Cette session de l’Assemblée générale revêt un caractère particulier, puisqu’elle coïncide avec plusieurs jalons importants : le 80e anniversaire des Nations unies, le Sommet pour l’ambition climatique organisé par le Secrétaire général afin de renforcer l’action en faveur du développement durable, ainsi que le trentième anniversaire de la Déclaration de Pékin, qui constitue une étape majeure dans la reconnaissance des droits des femmes.
La conjonction de ces événements, associée au débat sur la réforme, illustre l’urgence et la complexité de transformer le système onusien dans un contexte ponctué par des rivalités géopolitiques accrues, des enjeux climatiques cruciaux et des turbulences économiques.
La reconnaissance de l’Inde en tant que pilier central du multilatéralisme et acteur global émergent témoigne de son influence grandissante dans la définition des contours futurs, des fonctions et du rayonnement international des Nations unies.