Article de 677 mots ⏱️ 4 min de lecture

La France a réaffirmé son engagement à parvenir cette année à une « solution mutuellement acceptable » avec l’Allemagne et l’Espagne concernant la prochaine phase du programme du Futur Système Aérien de Combat (FCAS). Toutefois, les perspectives du projet d’avion de chasse de nouvelle génération restent incertaines en raison de tensions internes entre les partenaires industriels.

Selon un communiqué du ministère français des Armées, la France, l’Allemagne, l’Espagne et les entreprises concernées sont « pleinement mobilisées » pour préparer la phase 2 du programme, qui consiste notamment à développer un démonstrateur de l’avion de combat, cœur du système.

Au début de l’année, la France avait demandé à ses partenaires allemand et espagnol de revoir leur coopération dans le cadre du FCAS, afin de renforcer le leadership industriel et respecter les échéances prévues pour la mise en service du futur chasseur, programmée à partir de 2040. Dassault Aviation, partenaire industriel français responsable de la partie chasse, a réitéré que les différends concernant la répartition des tâches avec Airbus ralentissaient le projet.

« La France et l’Allemagne restent déterminées à mener à bien le programme FCAS en coopération avec l’Espagne », a affirmé le ministère, précisant qu’il était « pleinement engagé, aux côtés de ses homologues allemand et espagnol, à trouver une solution mutuellement acceptable d’ici la fin de l’année ».

Selon les informations, Dassault Aviation cherche à accroître sa participation dans certaines parties du programme. Son directeur général, Eric Trappier, a souligné que la société, en synergie avec ses partenaires Safran et Thales, dispose de toutes les compétences nécessaires pour développer un avion de manière autonome.

Le président du gouvernement espagnol a rappelé lors d’une conférence de presse commune avec le chancelier allemand Friedrich Merz, que les plans initiaux de répartition du travail devaient être respectés. De son côté, Friedrich Merz a indiqué que les discussions entre les trois pays se poursuivaient, ajoutant que « la situation actuelle est insoutenable ».

Les difficultés rencontrées aujourd’hui dans le cadre du FCAS rappellent celles survenues dans les années 1980 autour d’un programme de chasse européen commun, où la France avait choisi de se retirer du projet en raison de désaccords portant sur l’autorité de conception et les exigences opérationnelles. Cette division avait conduit Dassault Aviation à développer le Rafale tandis que l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne participaient à la création de l’Eurofighter Typhoon.

Après avoir achevé la première étape avec la signature des contrats liés au développement des technologies clés, l’équipe du FCAS est « mobilisée pour prendre une décision à la fin de l’année 2025 », selon le ministère français des Armées.

Le ministère allemand de la Défense a discuté début juin du FCAS avec Airbus et a indiqué à l’industriel qu’il explorait des options pour une coopération plus étroite avec la Suède ou le Royaume-Uni, voire une collaboration limitée à l’Espagne, selon le journal Politico, s’appuyant sur deux sources proches des discussions.

Le Royaume-Uni coopère actuellement avec l’Italie et le Japon dans le cadre du Programme Global de Combat Aérien pour développer un chasseur de nouvelle génération, tandis que la Suède étudie son propre système futur de combat aérien.

Les différentes approches, y compris celles des États-Unis, s’articulent généralement autour d’un système centré sur un chasseur de 6e génération piloté, accompagné de drones d’escadron non pilotés et de plateformes portées à distance. Ces systèmes exploitent l’intelligence artificielle pour réduire la charge de travail du pilote et accélérer les prises de décision, le tout relié via un réseau de cloud de combat.