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Lors d’une récente escalade entre l’Inde et le Pakistan, l’Armée de l’air indienne (IAF) a démontré sa supériorité opérationnelle en ciblant et détruisant avec succès un système de défense aérienne chinois HQ-9B exploité par l’Armée de l’air pakistanaise (PAF). Cet exploit majeur, confirmé par le commodore de l’air pakistanais à la retraite Khalid Chishti dans deux podcasts, dont un avec AliTM le 30 juin 2025, a mis en lumière les limites du HQ-9B face aux tactiques avancées indiennes et au redoutable système russe S-400. L’incident, survenu dans la nuit du 7 au 8 juillet 2025, a suscité un débat sur l’efficacité relative de ces systèmes de défense aérienne dans les conflits aériens modernes.

Selon des rapports de l’agence de presse indienne ANI, corroborés par le commodore Chishti, l’IAF a mené une opération soigneusement planifiée baptisée « Operation Sindoor », visant des infrastructures militaires clés pakistanaises. L’un des coups critiques a touché un système HQ-9B récemment déplacé de Rawalpindi à Rahwali la veille. La « capacité sensorielle » de ce système, composante essentielle du HQ-9B, a été touchée vers 3h45 heure locale. Bien qu’un missile ou drone entrant ait été intercepté, l’attaque de l’IAF a endommagé le HQ-9B, le rendant inopérant.

Cette frappe s’inscrivait dans une opération globale visant à neutraliser précisément des cibles terroristes et les infrastructures militaires pakistanaises. ANI rapportait que l’IAF avait « gravement endommagé » le HQ-9B, une affirmation reprise par Chishti qui a reconnu que le système avait subi un impact direct. La destruction du HQ-9B souligne la capacité de l’IAF à exploiter les failles du réseau de défense aérienne pakistanais, malgré les spécificités avancées de ce système.

Les limites du HQ-9B mises à jour
Le HQ-9B chinois est un système de missiles sol-air longue portée conçu pour contrer diverses menaces aériennes, notamment les avions, les missiles de croisière et balistiques. Présenté comme un rival des systèmes avancés tels que le S-400 russe ou le Patriot américain, il offre une portée d’environ 200 à 250 km ainsi que des radars sophistiqués pour le suivi et l’engagement de cibles. Toutefois, son échec dans ce contexte soulève des questions sur son efficacité réelle lors de conflits à haute intensité.
Plusieurs facteurs expliquent probablement cette vulnérabilité :

  1. Mobilité et détection : Malgré son déplacement de Rawalpindi à Rahwali, sans doute pour échapper à la détection, les capacités de renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR) de l’IAF ont localisé précisément le nouveau site du système. Certains tweets suggèrent que le Pakistan utilisait des images satellite chinoises pour surveiller les mouvements indiens, mais la réactivité et la supériorité tactique indiennes ont surpassé ces efforts.
  2. Suppression électronique (EW) : L’IAF a probablement utilisé des tactiques avancées de guerre électronique pour brouiller ou tromper les radars et capteurs du HQ-9B, réduisant sa capacité à détecter et intercepter les menaces entrantes. Les récentes améliorations de la suite EW indienne, incluant la neutralisation de signatures de missiles sophistiqués comme le PL-15 chinois, témoignent de cette expertise.
  3. Exécution tactique : L’emploi de munitions guidées de précision, probablement des drones ou missiles à distance sécurisée, a permis à l’IAF d’attaquer le HQ-9B au-delà de sa zone d’engagement efficace. L’interception d’un seul projectile entrant indique une opération partiellement fonctionnelle, mais le succès du tir démontre que l’IAF a surpassé les défenses par furtivité, rapidité et frappes coordonnées.

Le S-400, un facteur déterminant pour l’Inde
En revanche, le système russe S-400 déployé par l’IAF s’est révélé décisif lors du conflit. Le chef d’état-major de l’Air, le maréchal AP Singh, a qualifié le S-400 de « changeur de jeu » dans une déclaration du 19 septembre 2025, soulignant ses radars et missiles longue portée capables de menacer les aéronefs ennemis profondément dans leur territoire. Sa grande mobilité a permis d’échapper aux tentatives pakistanaises de ciblage, même après localisation via des images satellite probablement fournies par la Chine.

Les principaux atouts du S-400 :

  1. Radars et suivi avancés : Les radars 91N6E « Big Bird » et 92N6E « Grave Stone » du S-400 offrent une portée exceptionnelle (jusqu’à 600 km) et une capacité à suivre simultanément plusieurs cibles, garantissant la supériorité aérienne et la neutralisation des contre-attaques pakistanaises.
  2. Mobilité élevée : Comme souligné par le maréchal Singh, les batteries mobiles du S-400 ont été déplacées rapidement suite à leur détection, contrecarrant les tentatives de frappes pakistanaises. Cette mobilité a assuré la permanence opérationnelle du système durant toute l’opération.
  3. Défense à couches multiples : Le S-400 peut engager divers types de menaces, des avions aux missiles balistiques, sur des portées multiples (40 à 400 km), offrant un bouclier robuste qui a probablement dissuadé les incursions aériennes pakistanaises, permettant à l’IAF de privilégier l’offensive.

Analyse comparative : HQ-9B vs S-400
Le face-à-face a révélé des différences marquées dans leur efficacité :

  • Maturité technologique : Le S-400 bénéficie de plusieurs décennies de développement et d’un historique d’utilisation en conditions réelles, fruit de l’expertise russe. Le HQ-9B, quoique avancé, est un système plus récent qui pourrait souffrir d’un moindre niveau de raffinement et d’intégration.
  • Résistance à la guerre électronique : La capacité de l’IAF à neutraliser le HQ-9B indique des lacunes dans sa protection contre les contre-mesures électroniques. À l’inverse, la protection électronique avancée du S-400 pourrait l’avoir rendu plus résistant face aux tentatives pakistanaises.
  • Doctrine opérationnelle : L’approche intégrée de l’IAF, combinant ISR, guerre électronique et frappes de précision, a exploité les failles stratégiques pakistanaises. Le déploiement du S-400 au sein d’un réseau de défense échelonnée a permis à l’Inde de maintenir une supériorité tant offensive que défensive.

La destruction du HQ-9B représente un revers notable pour la capacité de défense aérienne pakistanaise et soulève des interrogations quant à la fiabilité du matériel militaire chinois dans des conflits à enjeux élevés. Pour l’Inde, le succès de l’Operation Sindoor et la performance du S-400 renforcent la position stratégique de New Delhi dans la région. L’aptitude de l’IAF à frapper profondément en territoire pakistanais tout en évitant les représailles souligne l’efficacité de sa formation, de sa technologie et de sa planification opérationnelle.