Une vidéo démonstrative montre le lancement de la munition aérienne à effet retardé Hero 120 de UVision depuis un avion de transport C-130 Hercules, suscitant de nombreuses réflexions sur l’adaptation possible par l’Armée de l’air indienne (IAF) de ce concept pour le déploiement de ses propres munitions loitering développées localement. Ce visuel en images de synthèse illustre l’intégration réussie de cette munition israélienne sur la plateforme polyvalente du C-130, mettant en avant le potentiel d’attaques de précision à longue portée sans mettre en danger des aéronefs habités.
Pour l’Inde, qui dispose d’une flotte solide de C-130J Super Hercules et développe rapidement un écosystème national de drones piloté par l’Organisme indien de recherche et de développement en défense (DRDO), ce concept pourrait transformer les opérations en haute altitude et le long des frontières, renforçant les capacités de l’IAF dans la guerre asymétrique dans un contexte de tensions régionales persistantes.
Le Hero 120, conçu par la société israélienne UVision Air Ltd., est une munition loitering de moyenne portée destinée à des frappes de haute précision contre des véhicules blindés, des formations ennemies et des cibles à haute valeur stratégique. Pesant environ 12 kg dont une ogive polyvalente de 4,5 kg, il est équipé d’une configuration d’ailes en cruciforme assurant une grande maniabilité ainsi que d’une caméra stabilisée électro-optique/infrarouge (EO/IR) pour le guidage en temps réel. Sa portée peut atteindre 40 km avec une endurance d’une heure. Fonctionnant en mode « man-in-the-loop », il permet à l’opérateur de maintenir le contrôle, d’attendre, de rediriger ou d’abandonner la mission, ce qui limite les risques de dommages collatéraux.
La vidéo, fruit d’études réalisées par l’armée américaine, présente le Hero 120 lancé depuis un C-130, ce qui étend considérablement son champ d’action par rapport aux lancements depuis le sol. Les États-Unis étudient cette configuration pour bénéficier d’avantages stratégiques, comme le lancement de munitions à distance de sécurité, couvrant notamment de vastes zones telles que la frontière indo-chinoise. La capacité du C-130 à opérer depuis des terrains sommaires et à transporter de lourdes charges en fait une plateforme idéale pour larguer ces munitions, qui peuvent ensuite être guidées via une liaison de données pour frapper des cibles jusqu’à 50 km.
Ce concept s’appuie sur les démonstrations réussies de UVision, notamment les lancements à partir d’hélicoptères comme le Bell 412 en 2023, ainsi que sur des collaborations avec des intégrateurs américains pour assurer la compatibilité avec des aéronefs à voilure tournante et fixe. La modularité du Hero 120, qui permet des lancements au sol, depuis la mer ou les airs, en fait un élément clé des arsenaux modernes, déjà intégré dans le programme Organic Precision Fire Mounted des Marines américains ou les forces de l’OTAN. Cette vidéo illustre comment le lancement aérien renforce le rôle des munitions loitering comme multiplicateurs de force, notamment dans des scénarios exigeant une réponse rapide sans exposer les moyens à la défense ennemie.
L’expérience récente de l’Inde lors de l’Opération Sindoor, en mai 2025, pendant le conflit avec le Pakistan, a clairement démontré la puissance disruptive des munitions loitering. En quatre jours d’escalade déclenchés par l’attentat terroriste de Pahalgam, l’IAF et l’Armée indienne ont déployé en masse des drones, incluant le modèle israélien IAI Harop ainsi que des systèmes indigènes comme le Nagastra-1 et Warmate, pour cibler les défenses aériennes pakistanaises, les infrastructures terroristes et des sites militaires à Lahore, Karachi et Rawalpindi. Ces drones kamikazes ont représenté plus de 40 % des engagements, submergeant les défenses adverses et permettant des frappes précises avec un faible risque humain. L’analyse post-opération a mis en lumière à la fois les succès et les faiblesses.
Si les munitions Harop ont perturbé les radars HQ-9 pakistanais, des brouillages électroniques (EPS) ont conduit à la perte de systèmes comme le Nagastra-1 dans les secteurs de Sialkot et Narowal. Ce conflit, qualifié de « première guerre de drones » en Asie du Sud, a souligné l’urgence de développer des variantes à lancement aérien et à longue portée pour contrer les essaims économiques d’ennemis équipés de drones chinois et turcs pour le Pakistan, ou d’UAV avancés sur la ligne de contrôle réelle (LAC) pour la Chine. La flotte de 12 C-130J de l’IAF, acquise depuis 2011, s’est avérée cruciale pour des déploiements rapides d’hommes et de matériel, mais l’intégration de munitions loitering pourrait en élargir considérablement le rôle dans les frappes à distance.
Le lancement du Hero 120 depuis un C-130 propose un modèle opérationnel pertinent pour l’IAF afin d’améliorer ses propres munitions indigènes. Les C-130J indiens, exploités par la 77e Escadre basée à Hindon, sont déjà équipés pour des opérations spéciales telles que les parachutages et les infiltrations à basse altitude. L’adaptation à l’emport de munitions comme le Nagastra-1 ou l’ALS 50 nécessiterait des modifications minimales, comme l’ajout de lanceurs sur rails ou de systèmes palettisés, à l’image des essais menés aux États-Unis.