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L’Association des armuriers et commerçants d’armes allemands (VDB) réclame officiellement la reconnaissance d’un besoin légal au port d’armes pour les réservistes mobilisables. Cette demande, présentée dans un document intitulé « Renforcer la réserve », s’appuie sur le coût élevé de la formation aux armes à feu, en particulier dans les compagnies de protection territoriale, formation qui serait nettement facilitée lorsque les soldats sont déjà détenteurs d’une autorisation légale d’arme via leur activité de chasseur ou de tireur sportif.

Ce document a été élaboré sous la direction de Frank Satzinger, vice-président du VDB et lieutenant-colonel de réserve, également officier opérationnel de compagnie au sein du régiment de protection territoriale 1. Il rappelle la situation sécuritaire en Europe et les efforts du gouvernement allemand pour renforcer la Bundeswehr, notamment en augmentant le nombre de réservistes mobilisables. Le texte cite plusieurs exemples européens : les réservistes suisses conservent leurs armes de service à domicile dans le cadre de leur système de milice, la République tchèque a assoupli sa législation sur les armes en 2021 afin de renforcer la capacité défensive de sa population.

Reconnaissance d’un besoin légal pour un équipement minimal

En Lituanie, les soldats et réservistes sont même autorisés à acquérir des armes automatiques. En Estonie voisine, le ministre de la Défense soutient également un accès facilité aux armes pour la population. La Finlande prévoit de porter à 1 000 le nombre de stands de tir à l’horizon 2030, avec plus de 300 nouvelles installations développées dans un cadre simplifié. La guerre en Ukraine souligne l’importance d’un tireur bien formé et souligne la complexité croissante des savoir-faire requis. Par ailleurs, la défense contre les drones constitue un défi majeur pour la Bundeswehr dans un avenir proche.

La formation aux armes comprend notamment un entraînement à sec, c’est-à-dire la manipulation des armes sans tir réel. La pratique du tir en dehors du service permet d’améliorer les compétences sans empiéter sur le temps précieux de formation militaire officielle. Cette approche décharge la Bundeswehr car elle ne nécessite pas l’usage des stands de tir militaires, où se déroule habituellement la formation de protection territoriale. Ainsi, aux réservistes mobilisables devrait être reconnue la nécessité légale de posséder un équipement de base comprenant trois armes longues semi-automatiques et deux armes de poing, sur le modèle des tireurs sportifs.

Limitations du tir en groupe de réserve

Cette possibilité devrait être accordée sans exiger l’adhésion à un club de tir sportif. Le tir organisé au sein d’un groupe de tir de réservistes (RAG) de l’association réserviste ne constitue pas une alternative satisfaisante, car ces activités se déroulent généralement dans des stands militaires, et non dans des installations civiles ou commerciales. Or, l’accès aux stands militaires pour le tir en RAG est fortement restreint, voire parfois impossible depuis plusieurs années dans toute l’Allemagne.

Le document conclut que la reconnaissance d’un droit de base à la détention d’armes renforcerait la confiance que l’État place dans ses réservistes. Elle améliorerait la disponibilité opérationnelle et permettrait de gagner du temps de formation sur d’autres compétences cruciales, comme l’infanterie de base et la lutte contre les drones, sans générer de coûts supplémentaires pour l’État. Enfin, cette mesure constituerait un encouragement supplémentaire à s’engager dans la protection territoriale et la réserve, contribuant ainsi au renforcement de la préparation nationale.

Stefan Axel Boes