Le 16 septembre 2025, la Force aérienne pakistanaise (Pakistan Air Force, PAF) a fait une rare admission : elle a confirmé que l’Armée de l’air indienne (Indian Air Force, IAF) avait mené une frappe de précision contre la base aérienne Nur Khan à Rawalpindi, lors de l’opération Sindoor, durant la nuit du 9 au 10 mai 2025. Selon des responsables pakistanais, l’attaque aurait mobilisé des Mirage 2000 indiens lançant des munitions guidées israéliennes Spice-2000. Cette affirmation a déclenché un vif débat en raison d’incohérences liées à la portée des armes et aux indices visuels, qui suggéreraient plutôt l’utilisation de missiles de croisière SCALP-EG. Cette opération de représailles indienne, en réponse à l’attentat terroriste du 22 avril 2025 à Pahalgam, met en lumière les capacités croissantes de frappe de précision de l’IAF tout en exposant des lacunes dans le réseau de défense aérienne pakistanais.
La version pakistanaise : La PAF a affirmé que des Mirage 2000 indiens avaient frappé la base Nur Khan, site clé abritant entre autres des avions de surveillance Saab Erieye AWACS, ainsi que des ravitailleurs et avions de transport, en utilisant des bombes guidées Spice-2000. Cependant, cette version soulève plusieurs questions techniques et géographiques. En effet, la base Nur Khan se situe à environ 83 km de la Ligne de contrôle (LoC), alors que le Spice-2000, bombe aéroportée à guidage de précision à ailettes, dispose d’une portée maximale de 60 à 80 km lorsqu’elle est larguée depuis une haute altitude (environ 20 km). Pour atteindre la base en utilisant ce type d’armement, les avions indiens auraient dû pénétrer au moins de 10 à 20 km dans l’espace aérien pakistanais.
Les indices en faveur du SCALP-EG : Contrairement aux déclarations pakistanaises, les éléments sonores et visuels recueillis lors de la frappe laissent penser que l’IAF a plutôt utilisé des missiles de croisière SCALP-EG (connu aussi sous le nom de Storm Shadow), probablement lancés par des Rafale et non des Mirage 2000. Des enregistrements vidéo et audio, analysés par plusieurs sources ouvertes, ont capté le son caractéristique d’un missile subsonique à longue portée, cohérent avec celui du SCALP-EG, dont la portée peut atteindre jusqu’à 250 km, voire 560 km selon certaines configurations. Cette capacité permet aux Rafale de frapper des cibles profondément implantées tout en restant en territoire indien, réduisant ainsi leur exposition aux défenses antiaériennes pakistanaises lors de l’opération Sindoor.
Le SCALP-EG, intégré à la flotte de Rafale de l’IAF, avait déjà été employé avec efficacité lors de l’opération Sindoor, comme le rapportaient diverses sources spécialisées. Ce missile furtif, équipé d’une ogive BROACH de 450 kg, est particulièrement adapté pour détruire des cibles fortifiées telles que des hangars ou des centres de commandement, ce que confirment aussi les images satellites fournies par KawaSpace, montrant d’importants dégâts structurels à la base Nur Khan. Bien que Dassault Aviation ait dernièrement proposé d’armer les Mirage 2000 avec des SCALP-EG, cette intégration n’était pas opérationnelle en mai 2025, ce qui désigne les Rafale comme plateforme la plus vraisemblable pour la frappe.
Une reconnaissance pakistanaise stratégique : Le fait que le Pakistan ait finalement reconnu la frappe de Nur Khan, après plusieurs semaines de démentis malgré les preuves satellites des dégâts, marque un réel ajustement dans sa communication. Cette évolution pourrait viser à gérer l’opinion publique intérieure et à préparer le terrain pour d’éventuelles négociations visant à un cessez-le-feu. Qu’elle ait été réalisée avec des Spice-2000 ou des SCALP-EG, la capacité de l’IAF à atteindre une cible majeure située à 83 km de la LoC témoigne de sa précision et de ses capacités de pénétration, et souligne également les failles du dispositif de défense aérienne pakistanais, qui inclut notamment des systèmes HQ-9 fournis par la Chine. La réussite de la frappe, combinée à l’incapacité pakistanaise à intercepter les avions ou les missiles indiens, met en exergue l’efficacité des systèmes de défense aérienne indiens ainsi que de leurs moyens de guerre électronique, comme l’a souligné l’Air Marshal AK Bharti lors d’une conférence de presse en mai 2025.
Une doctrine de frappe à distance maîtrisée : L’utilisation des Rafale équipés de SCALP-EG, soutenus par des Su-30 MKI et des Mirage 2000 jouant des rôles d’escorte et de diversion, s’inscrit dans une stratégie indienne privilégiant les frappes à distance afin d’éviter une escalade tout en étant capables d’envoyer un message fort. Le succès de cette opération, sans pertes confirmées du côté de l’IAF sur la base Nur Khan, contraste nettement avec les affirmations pakistanaises faisant état de la destruction de plusieurs avions indiens, dont un Mirage 2000, affirmations qui n’ont pas été vérifiées en dehors d’un seul cas documenté lors d’un autre engagement.