Dans le cadre des négociations commerciales en cours entre l’Inde et les États-Unis, le groupe français Safran a soumis une proposition importante pour soutenir les programmes de chasseurs indigènes indiens. Safran propose en effet de produire les moteurs du Tejas Mk-2, la version améliorée de l’avion de combat léger indien, et d’établir un écosystème complet de fabrication de moteurs en Inde. Cette démarche s’inscrit dans l’initiative Atmanirbhar Bharat, qui vise à renforcer l’autonomie stratégique et industrielle du pays dans le secteur de la défense.
Selon des sources citées par la presse, l’offre de Safran ne se limite pas à la fourniture des moteurs pour le Tejas Mk-2, mais comprend également la production d’un second moteur destiné à l’Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA), le programme indien ambitieux de chasseur furtif de 5e génération. Ce double projet traduit la volonté indienne d’accroître la part de fabrication locale dans ses matériels militaires, pour réduire la dépendance aux fournisseurs étrangers tout en développant les compétences technologiques nationales.
La Defence Research and Development Organisation (DRDO) évalue actuellement les différents aspects techniques de la proposition de Safran. Toutefois, aucune décision définitive n’a encore été prise, le dossier étant toujours en cours d’examen approfondi.
Il est important de noter que la candidature de Safran ne remet pas en cause le choix initial du moteur General Electric (GE) F-414 pour le Tejas Mk-2. Ce moteur, qui développe une poussée d’environ 98 kN, est reconnu pour sa fiabilité et ses performances, et le Tejas Mk-2 a été conçu en fonction de ses spécifications. Un changement pour un moteur Safran impliquerait des modifications structurelles majeures de l’appareil, liées à des différences d’angles d’arrivée d’air, de poussée et de dynamiques, ce qui pourrait retarder le programme dont le premier vol est prévu début 2026.
En juillet 2023, l’Inde et les États-Unis ont conclu un accord pour la fabrication du moteur GE F-414 en Inde, incluant un transfert de technologie important. Les discussions entre General Electric et Hindustan Aeronautics Limited (HAL) se poursuivent afin de finaliser cet accord, qui doit recevoir l’approbation des autorités américaines. Cette coopération demeure une pierre angulaire des relations de défense entre les deux pays, et la proposition de Safran semble plutôt constituer une option supplémentaire plutôt qu’un remplacement.
Le timing de la proposition de Safran coïncide avec les pourparlers commerciaux entre l’Inde et les États-Unis, où la coopération en matière de défense est un axe majeur. L’entrée de Safran dans ce dossier introduit un élément de concurrence qui pourrait renforcer la position de l’Inde dans les négociations avec GE comme avec Safran. Cependant, toute décision devra prendre en compte des critères techniques, stratégiques et diplomatiques.