- Une brève histoire : le clan historique et la nouvelle génération
- Leur mission : une dualité aux objectifs distincts
- Mission des Green Berets : la guerre non conventionnelle
- Mission de MARSOC : un spectre plus large
- La rude épreuve : franchir la sélection
- SFAS de l’Armée : le test classique
- Selection MARSOC : à la manière des Marines
- Forger une arme : les cours de qualification
- Le cours de qualification des Special Forces
- Le ITC de MARSOC
- MARSOC Raiders et Army Green Berets : différences clés en un coup d’œil
- Qui est le meilleur ? Une question mal posée
- Conclusion
Les noms suscitent souvent admiration et respect. Green Berets et MARSOC Raiders figurent parmi les forces spéciales américaines les plus performantes. Mais qu’est-ce qui les différencie vraiment ? Le débat entre MARSOC Raiders et Army Green Berets est courant, mais leur distinction mérite d’être clarifiée.
Tous deux appartiennent au niveau Tier 2 des Forces Spéciales et opèrent sous le Commandement des Opérations Spéciales des États-Unis (SOCOM). Ils suivent un entraînement particulièrement exigeant, mais ne sont pas interchangeables. Comparer les MARSOC Raiders aux Green Berets nécessite d’examiner leur histoire, leurs missions et leur formation, qui reflètent les cultures distinctes de leurs branches respectives, l’Armée de Terre et le Corps des Marines. Comprendre ces différences met en lumière le rôle essentiel de chacune de ces unités.
Une brève histoire : le clan historique et la nouvelle génération
Les Green Berets de l’Armée de Terre bénéficient d’un héritage riche. Leur fondation officielle remonte à 1952, répondant à la nécessité d’experts en guerre non conventionnelle. Leur lignée remonte cependant à l’Office of Strategic Services (OSS), les opérateurs s’étant infiltrés derrière les lignes ennemies durant la Seconde Guerre mondiale.
Ils ont acquis leur célèbre couvre-chef lors de la guerre du Vietnam, où ils sont devenus des légendes en collaborant avec des forces locales en territoire hostile. Depuis des décennies, ils sont un pilier des opérations spéciales américaines, avec pour mission principale d’être un multiplicateur de force, maîtrisant l’art d’entraîner et diriger des troupes indigènes.
Le Corps des Marines, en revanche, a intégré la communauté des opérations spéciales beaucoup plus récemment. Pendant longtemps, les Marines estimaient que leurs unités Force Reconnaissance répondaient à leurs besoins en opérations spéciales. Ces pelotons Force Recon, très efficaces, œuvraient souvent en coordination avec les équipes Navy SEAL, démontrant un haut niveau de compétence.
Après les attentats du 11 septembre, la demande pour des forces spéciales dédiées s’est accrue. En 2006, le Marine Corps Special Operations Command, ou MARSOC, est officiellement créé. Nombre des premiers opérateurs MARSOC viennent des unités Force Recon, apportant une vaste expérience.
Cette évolution, jugée nécessaire par de nombreux vétérans décorés, s’inscrit dans l’identité forte des Marines axée sur la guerre expéditionnaire. La création du Marine Raider Regiment a donc offert une capacité nouvelle et stratégique au portefeuille des forces d’élite nationales.
Leur mission : une dualité aux objectifs distincts
Pour comparer MARSOC Raiders et Army Green Berets, il faut d’abord comprendre leurs missions respectives. Malgré des compétences en commun, leurs objectifs principaux diffèrent, influençant entraînement et organisation des équipes.
Mission des Green Berets : la guerre non conventionnelle
La devise officielle des Special Forces de l’Armée est “De Opresso Liber”, soit « Libérer les opprimés ». Elle illustre parfaitement leur fonction principale. Les Green Berets sont les experts du Département de la Défense en guerre non conventionnelle (UW) et défense interne étrangère (FID).
Ils agissent comme des guerriers-diplomates. Une unité opérationnelle alpha (ODA) déploie une petite équipe souvent sur de longues périodes. Ils apprennent les langues locales, s’imprègnent des cultures complexes et établissent des relations pour former et diriger des forces partenaires contre des ennemis communs.
Bien qu’ils soient aussi capables d’opérations cinétiques, comme des raids ou des actions antiterroristes, leur spécialité reste d’opérer par, avec et à travers les forces locales afin d’atteindre les objectifs américains tout en limitant leur présence directe.
Mission de MARSOC : un spectre plus large
MARSOC a été conçu comme un outil polyvalent pour SOCOM, reflétant l’esprit expéditionnaire des Marines. Si la défense interne étrangère fait aussi partie de leurs compétences, leur rôle officiel est plus étendu. Ils privilégient notamment l’action directe (DA) et la reconnaissance spéciale (SR).
Une Marine Special Operations Team (MSOT) peut être engagée pour un raid à haut risque contre un complexe terroriste. Leur prochaine mission pourrait consister en une surveillance longue portée ou des opérations contre-insurrectionnelles. Leur formation vise à les préparer à une grande variété d’environnements opérationnels.
Chaque Marine est d’abord un fantassin, ce principe de base confère aux opérateurs MARSOC une compréhension instinctive des tactiques d’infanterie conventionnelle, ce qui les rend redoutables opérant seuls ou en coordination avec des unités blindées Marines.
La rude épreuve : franchir la sélection
Intégrer ces unités n’est pas une simple inscription. Les candidats doivent passer par l’un des processus de sélection les plus exigeants au monde. Ces phases testent les limites physiques et mentales de chaque postulant.
SFAS de l’Armée : le test classique
Pour tenter de devenir Green Beret, un soldat doit suivre le Special Forces Assessment and Selection (SFAS), un parcours de 24 jours dans les forêts de Caroline du Nord. Ce cursus impitoyable élimine ceux qui manquent de résilience physique ou mentale.
Les candidats affrontent des parcours de navigation, des marches avec charges lourdes, ainsi que des exercices de résolution de problèmes en équipe. Les cadres chargés du suivi n’encouragent pas, évaluent simplement la résistance de chacun jusqu’à leur point de rupture.
Le SFAS est une véritable épreuve de volonté, où beaucoup abandonnent face à la souffrance mentale et corporelle.
Selection MARSOC : à la manière des Marines
La sélection MARSOC (Assessment & Selection) se déroule en plusieurs phases étalées sur plusieurs semaines. Les candidats sont poussés à leur limite physique par des courses incessantes, des nage avec palmes et le transport de charges lourdes sur de longues distances.
Le stress psychologique est intense. MARSOC recherche un type de Marine mature, intelligent, capable de garder la clarté d’esprit sous pression extrême. L’esprit d’équipe est constamment évalué, car les Raiders opèrent en petits groupes soudés où chacun doit être fiable.
Les phases incluent des épreuves aquatiques, en hommage à l’héritage amphibie des Marines. Réussir la sélection est la première étape majeure d’une carrière militaire exigeante.
Forger une arme : les cours de qualification
Passer la sélection n’est que la première étape. La formation certifiante transforme un soldat ou un Marine en opérateur spécial.
Le cours de qualification des Special Forces
Après le SFAS, les candidats retenus entament le Special Forces Qualification Course (Q Course), qui dure entre six mois et plus d’un an selon la spécialité militaire (armes, ingénierie, médical, communications).
Ce cursus est réputé pour son intensité en langues et cultures, car chaque ODA est régionalement affectée. Il s’achève par un exercice majeur de guerre non conventionnelle, Robin Sage, où les candidats doivent appliquer leurs acquis dans un scénario réaliste et complexe.
Le ITC de MARSOC
La formation des Raiders s’appelle Individual Training Course (ITC). Ce programme de plusieurs mois vient renforcer les compétences fondamentales des Marines, les préparant à devenir des commandos d’élite.
Les élèves apprennent le tir avancé, la démolition, les communications et la médecine tactique. ITC couvre des domaines variés comme la reconnaissance spéciale, le combat rapproché et les opérations de visite, fouille et saisie (VBSS) en milieu maritime.
Le cours s’achève par un exercice final, « Derna Bridge », évaluant l’ensemble des missions des Raiders avant leur intégration dans une Marine Special Operations Team.
MARSOC Raiders et Army Green Berets : différences clés en un coup d’œil
Voici un tableau comparatif simple qui met en évidence les distinctions essentielles :
| Caractéristique | Army Green Berets | MARSOC Raiders |
|---|---|---|
| Année de création | 1952 | 2006 |
| Mission principale | Guerre non conventionnelle, défense interne étrangère | Action directe, reconnaissance spéciale, défense interne étrangère |
| Taille d’unité | Environ 12 opérateurs par ODA | Environ 14 opérateurs par MSOT |
| Effectifs totaux | Plus grande force avec 5 groupes actifs | Force plus restreinte au sein du Marine Raider Regiment |
| Identité culturelle | Guerriers-diplomates, centrés sur les forces indigènes | Éthique « tout Marine est fantassin », esprit expéditionnaire |
Ce tableau souligne que ces unités ne sont pas une compétition, mais deux types de spécialistes adaptés à des besoins stratégiques différents. L’Armée a besoin d’experts pour former des forces proxies et gérer des opérations de stabilité à long terme.
Le Corps des Marines souhaitait une unité SOCOM à son image : expéditionnaire, puissante et agile. La taille plus réduite de MARSOC facilite leur flexibilité et spécialisation, tandis que la structure plus large des Green Berets leur permet de maintenir une présence durable sur plusieurs régions simultanément.
Cette capacité à construire des relations durables est cruciale pour la réussite en guerre non conventionnelle. Un groupe des Special Forces peut affecter des équipes à une zone spécifique pendant des années, bâtissant ainsi des liens de confiance.
Qui est le meilleur ? Une question mal posée
Dans un combat hypothétique entre MARSOC Raiders et Army Green Berets, demander qui est « meilleur » revient à comparer un scalpel à un marteau-piqueur. Ce sont tous deux des instruments très efficaces, mais conçus pour des tâches différentes.
Ces unités opèrent sous SOCOM et conviennent souvent ensemble lors des entraînements et missions, témoignant d’un profond respect mutuel. Elles sont des partenaires dans la lutte globale.
Une ODA de Green Berets peut être déployée des mois pour construire une force locale et recueillir du renseignement. Elle peut ensuite orienter une mission d’action directe que les Raiders exécuteront.
Ces hommes partagent une même fibre : détermination, intelligence et capacité de résilience. Rejoindre l’une ou l’autre de ces unités exige un sacrifice personnel et un travail acharné.
Le monde étant complexe, l’armée des États-Unis doit disposer de divers outils face aux menaces variées. Green Berets et Marine Raiders offrent des capacités distinctes et complémentaires. La création de MARSOC n’a pas remplacé une force, mais ajouté une arme supplémentaire à l’arsenal américain.
Conclusion
Le débat entre MARSOC Raiders et Army Green Berets ne porte pas sur la supériorité, mais sur la spécialisation et la finalité. Les Green Berets représentent la force américaine d’élite pour la guerre non conventionnelle, formant et menant d’autres forces à conquérir leur liberté.
Les MARSOC Raiders incarnent une force adaptable et percutante, à l’aise dans l’action directe ou toute autre mission spéciale, reflet de leur identité expéditionnaire. Tous deux réunissent certains des combattants les plus dévoués et compétents au monde.
Ils combattent ensemble sous le même drapeau et SOCOM, apportant chacun un savoir-faire unique qui fait des forces spéciales américaines les plus redoutables sur la scène internationale.